Ndjamena-Yaoundé-Bangui: axe le plus intégré de la Cemac

Regard du FMI sur certaines économies de la sous-région

Dans son rapport 2017 sur l’accès à l’énergie des pays les moins avancés, la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) jette un regard sur la situation de la libre circulation des personnes dans l’espace Cemac.

Près de quatre mois avec la mise en œuvre de l’acte additionnel portant exemption de visa, la Cnuced observe que seuls trois pays à savoir le Tchad, le Cameroun et la République Centrafricaine (RCA) s’offrent réciproquement les préférences définies dans l’acte additionnel susmentionné. À sa page 97, le rapport indique que «rendu à ce jour, seuls Ndjamena, Yaoundé et Bangui garantissent une pleine mobilité réciproque à leurs ressortissants. Un flux important est observable entre ces trois pays». Le rapport va plus loin lorsqu’il affirme que «c’est le flux le plus important dans l’Afrique centrale CEEAC».

La Cemac est un marché de près de 45 millions d’habitants où les États souffrent d’une étroitesse des économies nationales. L’urgence d’une diversification économique est revenue au goût du jour depuis le sommet extraordinaire de Yaoundé (décembre 2016). L’intégration économique entre les 6 pays membres de la zone offre des solutions pérennes à cette situation. Les principaux piliers étant la concrétisation du marché unique sous régional (Zone de libre-échange), l’établissement durable de l’union douanière et l’institutionnalisation du marché commun pour la mobilité préférentielle des facteurs de productions. Toute chose constituant des bases solides pour une union économique renforçant et structurant davantage l’union monétaire déjà existante.

Dans son article 1er, l’Acte additionnel N°01/ 13/ CEMAC-070UCCE-SE du 25 Juin 2013 portant suppression des visas pour tous les ressortissants de la Cemac circulant dans l’espace communautaire postule que: «la circulation des ressortissants des États membres de la Cemac est libre sur l’ensemble de l’espace communautaire […] sous réserve de la présentation d’une carte nationale d’identité ou d’un passeport délivré par un État membre et en cours de validité». L’exigence du passeport biométrique ordinaire ou du passeport biométrique Cemac par certains États membres de la Cemac d’une part, l’inexistence d’une mobilité flagrante réciproque entre certains pays d’autre part et même l’absence d’infrastructures rendant onéreux les déplacements sont quelques facteurs qui achoppent la pleine opérationnalisation de l’exemption des visas en Afrique centrale.

 

Zacharie Roger Mbarga

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