Mondial 2018: Une victoire arrivée un peu en retard

Des avis glanés à chancellerie française, le trophée de Russie 2018, gagné 4 buts contre 2 par les Bleus face à la Croatie, aurait donné plus de couleur à la fête du 14 juillet à Yaoundé.

Le 14 juillet 2018 à l’ambassade de France

«Le 14 juillet serait plus festif si une autre étoile venait s’accrocher au maillot français». La phrase de Laurent Veysssière esquisse l’orientation que de nombreux Français, venus célébrer, aux côtés de l’ambassadeur Gilles Thibaut, la 229ème commémoration de la prise de la Bastille. L’événement, par la manière dont il se trouve aujourd’hui mis en scène à la chancellerie, semble même artificiel, voire strictement à vocation historique.

D’aucuns (l’ambassadeur en premier) auraient préféré surfer sur une nostalgie fort conviviale. «Le trophée aurait transformé la fête en culte vintage du maillot bleu, mais le calendrier, on ne va pas le défaire», avance le diplomate. Pour Nicolas Martov, «si la finale se jouait ce 14 juillet, en l’espace d’une soirée, la France et ses amis, auraient rajeuni de 20 ans, en brandissant de nouveau la Coupe du monde au ciel».

Ici à l’ambassade de France, le regret résonne comme airain rappelant France 98. Repris en allegro, les derniers mots de la Marseillaise affichent des visages aux yeux rivés sur Moscou. «Et puis c’est loin, la capitale russe», constate Gilles Festor. Le jeune lycéen s’imagine une garden party bousculant le calendrier Fifa. «Ainsi, l’exceptionnalité de l’exploit sportif aurait provoqué une communion rarement observée. Et le 14 juillet serait une date qui pèse dans l’histoire de la France avec un H majuscule», déballe Georges Frézet.

Mbappé et Um Titti

Deux noms qui, de l’avis des uns et des autres, ont fait plier des équipes «particulièrement appliquées et sérieuses». «Des Camerounais pur-sang», martèle Lucien Ebongoh, invité du fait de sa parenté avec les Mbappé. Féru des données anthropologiques, cet économiste a son opinion. «Si la finale avait eu lieu le 14 juillet, et qu’on la vive ici, personne ne songerait à en faire en élément explicatif de la sélection des uns et des autres mais tout le monde s’accorderait à en faire un symbole de la réussite du modèle d’intégration français», dit-il.

Sous son raisonnement, il y a à lire les difficultés (fondées ou non) d’obtention des visas et même de racisme. «Le 14 juillet aurait été le moment qui rassemble parce qu’il est le rappel périodique de l’instant zéro des sociétés africaine et française. C’est-à-dire qu’il répète la fondation, la fusion d’une multitude en une unité sous la figure du sens et l’ivresse footballistique», théorise l’homme, en «sawa éclairé».

Jean-René Meva’a Amougou

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