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Match Guinée Équatoriale-Nigéria : le match des supporters à Yaoundé

Les fans infatigables du Nzalang Nacional et ceux des Supers Eagles ont vécu le match opposant leurs deux sélections d’une manière particulière.

Les supporters de la Guinée équatoriale

Loin du stade du Stade olympique Alassane Ouattara d’Ébimpé ce 14 janvier, se tient un match pas comme les autres. La scène se déroule entre deux bars voisins situés au quartier Ayéné (Yaoundé IV). D’un côté, les supporters de la Guinée Équatoriale qui occupent un débit de boisson devenu leur quartier général de circonstance. De l’autre, les fans du Nigéria eux aussi campés dans une buvette. Comme les Équatoguinéens, ils scrutent le déroulement du match Nigéria-Guinée Équatoriale comptant pour la phase éliminatoire de la Can TotalEnergies 2023. C’est juste une cour de 4 mètres de large qui constitue la ligne de démarcation de ces lieux de villégiatures.

Démonstration de forces
La bataille entre les deux équipes basées à Yaoundé commence vers la fin de la première mi-temps. À la 37e minute, Ivan Edu du Nzalang Nacional inscrit le premier but dans les filets nigérians. «But !», s’écrient les 60 Équatoguinéens qui jubilent sans retenu. «Vous devez savoir que la Guinée n’est plus un bébé. Vous les nigérians, vous avez vu ?», lancent-ils aux malheureux voisins d’en face en attente d’un miracle d’égalisation. Celui-ci ne se fait pas attendre. À la 38eminute Victor Ossimen ralenti l’élan des Équatoguinéens, avec un but en guise de riposte.
Les supporters Nigérians quittent leur fanzone pour entrer et jubiler dans la celle des Équatoguinéens. «Interdit de pleurer ; on ne pleure pas. On ne pleure pas», réagit énergiquement le dénommé Kiriku, de nationalité nigériane et vendeur de soya du coin. Son frère Ali, restaurateur ajoute, «la course des enfants c’est le matin. Vous allez voir…».

Mi-temps
Sans faiblir, les supporters du Nzalang Nacional profitent des quinze minutes de la mi-temps pour démontrer leur supériorité dans l’animation. Dans la même mouvance, ils se délectent de 100 litres du précieux «Matango», vin de palme. «Kiriku appelle tes frères pour prendre un verre», crie Raymaond Edu, président des étudiants Équatoguinéens du Cameroun. «Si je bois tu vas me gagner. Mais je bois quand même», lance Yakubu, supporter Nigérian qui a réagi positivement à l’appel du supporter de la sélection de football de la Guinée Équatoriale. En retour, Kiriku décide d’offrir une bière à Raymaond…

Reprise
La deuxième mi-temps est aussi exaltante. On la vit au rythme des actions des uns et des autres. Mais les supporters du pays de Theodoro Obiang Nguéma sont les plus expressifs. À la moindre occasion offensive des leurs, ils crient en prononçant des expressions en Fang et en espagnol. En reprenant en chœur les refrains des musiques célèbres de chez eux. Les 10 dernières minutes et le temps additionnel sont encore plus palpitants. Les supporters Nigérians ne se laissent plus submerger par leurs adversaires. Ils se mettent eux-aussi à crier. «Ossimen tu ne mérites pas le ballon d’or», largue Kiriku. Le supporter s’offusque du niveau de jeu du joueur, ce d’autant plus qu’il a parié sur la victoire du Nigéria.

Le coup de sifflet final est une victoire pour les Équatoguinéens. Le clash sans grosse joute verbale, s’est achevé par un concert improvisé par Maria, une Équatoguinéene. Laquelle appelle les Nigérians à intégrer leur fan zone pour voir festoyer en bons amis.

André Gromyko Balla

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