Maroua: dans l’urgence absolue contre la chaleur

En prélude à la forte canicule annoncée, des experts suggèrent la conduite à tenir aux populations locales.

 

Tout le monde en conviendra : dans la région de l’Extrême-nord, les vagues de chaleur sont très pénibles à vivre, en particulier pour toutes les personnes ayant un travail en extérieur ou qui travaillent à proximité de sources de chaleur (les boulangers, par exemple). Pénibles, mais aussi dangereuses. En témoigne l’épisode de canicule de 1982. « Il y a 40 ans, la chaleur avait provoqué de nombreux décès ici », témoigne Awalou Mohammadou. Si le souhait de cet enseignant retraité basé à Maroua est de ne pas voir l’histoire se répéter,  il reste que la région de l’Extrême-nord est dans la zone rouge, selon le bulletin d’alerte de l’observatoire national des changements climatiques pour la décade du 1er au 10 novembre 2022.

 

Dur, dur…

Déjà, le 9 novembre dernier, la station météo de Maroua a enregistré des températures supérieures à 38°C tout au long de l’après-midi.  Sur cette base,  plusieurs personnes considèrent que « les conditions de vie deviendront extrêmement pénibles dans toute la région et même au-delà ». Et pour cause, entre chaleurs extrêmes et restrictions d’activités, « tout semble prédisposé à ce que le pays tourne au ralenti dans les jours qui viennent » pointe Maimouna Laajo. Pour se prémunir contre la chaleur, cet agent de l’État prévoit l’utilisation des  méthodes traditionnelles en fermant les volets le jour, ouvrir la nuit et faire courant d’air dans sa maison situé à Gaklé à l’entrée sud de la ville.

« Canicule intense, pluie de dépenses », c’est la formule qu’utilise Boukary Nohou. Selon ce médecin de santé publique, « la chaleur à plus de 40° C  est potentiellement dangereuse pour la santé de tous, en particulier pour celle de personnes particulièrement fragiles telles que les plus de 65 ans, les femmes enceintes et les personnes qui souffrent de maladies chroniques ; elle rend moins fonctionnel le système de régulation de la température chez les personnes âgées  et les insuffisants cardiaques; il leur faut préparer des médicaments ». Boukary Nohou rappelle qu’il est crucial de ne pas attendre l’apparition de premiers signes d’alerte, tels que l’absence d’urine pendant 5 heures, des bouffées de sueur en buvant un verre d’eau, l’apparition de crampes ou d’un état de fatigue général, l’apparition de maux de tête

Dans un communiqué publié le 10 novembre 2022, la délégation régionale d’Agriculture et du Développement rural de l’Extrême-Nord a appelé les habitants de la région  à prendre des mesures pour protéger les cultures et à utiliser chaque goutte d’eau avec «parcimonie». « La sécheresse risque de causer la perte de 80% des récoltes », estime Abdul Kadiri, professeur associé de sciences géographiques à l’université de Maroua. De leur côté, éleveurs et bergers redoublent d’effort pour garantir des stocks d’eau pour leurs animaux. Entre temps, les vétérinaires et leurs assistants  prodiguent des conseils: « Il faut construire des installations  pour faire face à la canicule et à tout type de climat. Les animaux n’ont pas à subir la météo, quelle qu’elle soit », suggère Ali, cadre à la délégation régionale de l »Élevage, Pêches et Industries animales de l’Extrême-Nord.

 

Ongoung Zong Bella 

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