Le Manifeste du Médiateur, 19 Mai 2020

« Que nul ne se prenne pour le propriétaire de vos investissements et le régulateur de vos souffrances.

Que personne, en dehors de celui nanti du pouvoir légal et réglementaire, ne vous impose un congé que l’on baptisera vite, à tort et à travers, VILLE MORTE. Le temps est à la très grande et trop dure débrouillardise, et non à celui de la complaisance productrice de misères et de pauvreté décrétées par quelques individus en col blanc et irresponsables, qui ne connaissent ni la peine de la bayam-sellam avec un mari sans emploi, ni les blessures du benskineur diplômé avec trois enfants et des cousins et grands parents à charge, ni les inquiétudes de la coiffeuse endettée à la tontine, ni la couleur de la sueur de la veuve qui vend la nourriture sous le soleil et sous la pluie, ni l’isolement de l’orphelin condamné à parcourir plusieurs kilomètres par jour pour chercher un bout de pain, ni les attentes et les bagarres des chargeurs des stationnements.

Non et non, ce n’est pas le moment. Les villes mortes, nous les avions décrétées durant les années de braise, et j’étais un des idéologues majeurs et acteurs planificateurs. Mais, les pertes, les dégâts et les dommages, c’étaient pour les autres, pas pour nous longs crayons et hauts fonctionnaires frustrés, avides de pouvoirs et d’ambitions personnelles. En définitive, notre cause, la vraie cause du peuple et du changement, ne fut pas si entendue ou si avancée.

Demandez aux promoteurs de cette stratégie, de montrer où se trouvent leurs boutiques, leurs motos, leurs taudis sans eau ni électricité, leurs enfants affamés et fragilisés. La stratégie des villes mortes n’a en réalité jamais ébranlé un pouvoir, elle a plutôt ébranlé les débrouillards et enfoncé les pauvres, ruiné le peuple réel et non les classes aisées et les leaders politiques donneurs d’ordre dont les progénitures sont à l’abris hors du pays.

Alors que ce salaud et traître de Coronavirus a déjà tout compromis, ruiné les espoirs, tué des millions de projets, cassé le travail, foutu tout en l’air, imposé une ville morte au monde entier, et alors que partout on cherche à relancer l’économie au plus vite et au besoin en travaillant plus dur, quelques voyous insensés et drogués, agitent les villes mortes comme moyen de prendre le pouvoir. Le peuple est devenu majeur et n’acceptera plus des stratégies de gangsters, de fainéants et d’opportunistes. Qu’un leader s’y hasarde encore, et il sera durement jugé par l’histoire. Tel est le sens de la vérité »

Shanda Tonme

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