Mana’asa : La CAN des émotions sénégalo-camerounaises

Enfouie dans la Mefou-et-Afamba, la fan zone dénommée «Nsseng Mintag» sert bien de point d’observation fécond de l’intégration africaine.

Démonstration de force des Sénégalais de Man Assa

Des hommes qui chantent. Des femmes qui les accompagnent. Des enfants qui jouent au djembé. «Pendant les matchs du Cameroun ou ceux du Sénégal, on n’est pas seul à éprouver quelque chose. Et ce sentiment est encore renforcé par le fait que l’on en parle après avec nos amis Camerounais. L’émotion se vit dans l’instant, pendant le match, et se revit dans les discussions qui suivent autour d’un pot», lâche Franklin Alega Embolo. Selon le chef de village de Mana’asa, «c’est beaucoup d’émotion et beaucoup de joie, beaucoup de plaisir. C’est difficile de mettre des mots là-dessus, l’émotion est tellement forte. C’est tellement étonnant ce qui se passe que c’est magique, c’est un moment magique».

Scène
Maquillés et déguisés pour encourager leurs équipes, Camerounais et Sénégalais font le show avant et pendant le match avec leurs chants; font disparaître leurs spécificités et différences plus ou moins marquées. Alioune Sarr, chef de la communauté sénégalaise de Mana’asa dit d’ailleurs que ces différences sont relatives et mouvantes, poreuses. Et puis, elles s’effacent au gré de la CAN. «Regardez, on ne sait plus qui est Sénégalais ou Camerounais». Et il y a plus: «c’est un moment rare dont il ne faut pas se priver, tant les chœurs et les cœurs prennent une dimension incroyable dans ce lieu unique». Dit encore autrement, par le truchement de l’événement CAN, ce qui, ordinairement n’est pas très remarqué ici à Mana’asa, devient tout à coup visible, palpable, incarné. «Notre fan zone, c’est la définition même de l’intégration africaine et la CAN est devenue le module de la production de cette intégration», brandit Franklin Alega Embolo.

Dans des images captées dans cette fan zone ce 12 janvier 2022, l’on retient l’instant de la remise de cadeaux. Chaque spectateur reçoit un verre fabriqué en bambou de Chine et décoré aux couleurs du Cameroun et du Sénégal. Cheikou Cissé, son concepteur, dit que le gadget au joli design a son rôle ici: «immortaliser la CAN telle que nous la vivons». Au vrai, ce propos se mesure par les fortes audiences enregistrées sur le site depuis le début de la compétition. «1500 spectateurs lors de chaque match», évalue le promoteur camerounais, soucieux d’être noyé dans l’anonymat.

Selon ses dires, les manières de suivre les matchs sont conjointement encadrées. C’est que, se qualifiant «de supporters disciplinés», Camerounais et Sénégalais érigent le soutien à leurs équipes respectives en cause sérieuse. «Nous valorisons notre fan zone à notre manière», atteste Cheikou Cissé, évoquant des: règles communes, division des tâches, cotisations, etc. L’ambition est là: «assurer un spectacle total en associant la CAN à la défense de l’honneur de notre petite localité», confie Franklin Alega Embolo.

Jean-René Meva’a Amougou à Ebolowa

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