Lutte contre le terrorisme : Une unité spéciale continentale en création!

Elle sera soumise aux chefs d’État du continent lors du sommet ordinaire de février 2021.

En finir avec le terrorisme de Boko Haram

La création de l’unité spéciale antiterroriste africaine vient de connaitre un coup d’accélérateur. Réuni en sa 960e réunion, le 28 octobre 2020, le Conseil de paix et sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) a acté sa création. Cette réunion portait d’ailleurs exclusivement sur ce sujet. L’Unité spéciale antiterroriste continentale est intégrée à la Force africaine en attente (FAA). Ainsi, ses supports de création sont les brigades régionales de la FAA.

Un groupe de travail est immédiatement mis en place. Il comprendra toutes les parties prenantes à savoir: le Comité d’état-major (CEM) du Conseil de paix et de sécurité; les Communautés économiques régionales et leurs mécanismes régionaux de défense; le Comité des services de renseignement et de sécurité d’Afrique (Cissa); le Centre africain d’études et de recherche sur le terrorisme (CAERT); le mécanisme de l’Union africaine pour la coopération policière (Afripol). Le groupe de travail est chargé de fournir des orientations techniques et de soumettre des propositions concrètes sur ces aspects au CPS et à la Commission de l’UA.

Financement
Au moment où l’unité spéciale fait son apparition dans l’écosystème de la défense continentale africaine, son infrastructure, support de la FAA, demeure en lente opérationnalisation. Les brigades régionales du mécanisme peinent elles aussi à démarrer. Dans les CER, les pays, limités par les moyens des opérations militaires, font généralement appel à l’ONU pour faire prendre en charge les crises militaires par des opérations de maintien de la paix.

Les maux du financement de l’intégration sont également ceux du financement des mécanismes de défense collective en Afrique. Le fonds de paix de l’UA est essentiellement fourni par l’Union européenne et particulièrement la France. Le mécanisme de financement de l’UA, basé sur un prélèvement de 0,2% sur les importations non africaines, n’est toujours pas optimalement exécuté. Le fonds de paix de l’UA a droit à 25% du fruit de cette taxe.

Quelles ressources financières alimenteront le fonctionnement de l’unité spéciale? Il faudra sans doute en créer. L’Égypte, très intéressée par le projet, organisera un Sommet extraordinaire consacré à la «création de l’unité spéciale de lutte contre le terrorisme au sein de la structure de la Force africaine en attente».

Coopération de tous les instants
Dans la riposte à cet ennemi particulièrement sanguinaire et aveugle, le président de la Commission estime que «le déficit de solidarité africaine est déconcertant». Les pays africains n’ont pas de choix que de conjuguer leurs efforts et intensifier la coopération pour s’attaquer aux origines du financement des groupes terroristes et détruire leur capacité à agir.
«En Afrique, la persistance des foyers du terrorisme dans de nombreuses régions et leur inquiétant développement a rappelé, à la conscience africaine et internationale, que ce cancer est loin d’avoir été éradiqué. L’hydre est toujours là, en éveil actif, menaçant d’effondrement certains États.

Il a pris pied dans les profondeurs du continent, bien au-delà de ses foyers traditionnels, comme l’attestent les crimes odieux commis par des groupes terroristes sur les populations au Mozambique, en Tanzanie et à l’Est de la RDC, où les principales victimes de la barbarie sont les femmes et les enfants», déplore le président de la Commission. Et d’ajouter: «la corne de l’Afrique, le Sahel et le Bassin du lac Tchad sont aujourd’hui en guerre, une vraie guerre où des militaires et civils meurent par dizaines, presque toutes les semaines. Des milliers d’enfants ont vu leurs écoles fermées, soit parce qu’elles sont détruites, soient parce que maîtres et écoliers se sont trouvés obligés de fuir».

Bobo Ousmanou

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