Louis Paul Motaze : « le Cameroun a souffert de la crise à la Bdeac »

Louis Paul Motaze, ministre des Finances du Cameroun, président du Conseil d’administration et de l’Assemblée générale de la Bdeac.

 

Le ministre des Finances du Cameroun, président du Conseil d’administration et de l’Assemblée générale de la Bdeac revient sur la situation de la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (Bdeac), à l’issue d’une réunion de l’institution qui s’est tenue le 20 avril en Guinée équatoriale.

Qu’est-ce qui a changé à la Bdeac ?

La Bdeac sort d’une période d’une période extrêmement difficile, où les crédits n’étaient plus décaissés. Le Cameroun a été l’une des victimes de cette situation parce qu’un certain nombre de financements qui devaient être assurés par la Bdeac avaient été gelés, parce que la Bdeac était en déficit de ressources.

C’est donc dire que le travail qui a été fait depuis un certain temps sur les très hautes instructions des chefs d’État, c’est-à-dire de revigorer la santé de cette banque, ces efforts-là commencent à porter leurs fruits.

Comment intéresser la communauté de la Cemac  au travail que fait cette banque ?

L’usine de pied de Lom Pangar est cofinancée par la Bdeac. La construction de la route qui va par Yoko à Lema est cofinancée par la Bdeac. Par ailleurs, il y a une orientation qui a été prise au niveau de la Bdeac de s’intéresser davantage à des secteurs comme l’élevage, comme l’agriculture et même le commerce. La Bdeac veut d’ailleurs coorganiser un forum agricole au niveau de la Cemac.

C’est une idée que nous avons encouragée pour deux raisons essentielles : la première c’est qu’il s’agit de l’agriculture. Or nous avons des Etats comptent beaucoup sur le pétrole et il est demandé à ces états de développer des ressources non pétrolières. Nous pensons essentiellement à l’agriculture. Favoriser l’essor de l’agriculture c’est aller vraiment dans le sens des prescriptions des chefs d’État. La deuxième raison c’est que le commerce intra-africain est extrêmement faible. Si la zone de libre-échange continental a été créée, c’est justement pour favoriser les échanges entre les Etats africains.

Le bilan de l’année 2018 présenté par le président de la Bdeac vous semble-t-il satisfaisant dans un contexte de crise économique ?

Lorsqu’à la fin de l’année on présente un résultat positif de plus de 10 milliards francs CFA, personne ne peut dire que c’est mauvais. Lorsque vous voyez le nombre de projets financés par la Bdeac avec des décaissements effectifs, cela veut dire que nous avons fait un pas. Mais notre rôle est également de faire comprendre au management de la Banque que des efforts restent encore à fournir notamment dans la gouvernance.

C’est pour cela qu’un certain nombre d’idées ont été mises en application : la création d’un comité de crédit, la création d’un comité d’audit, la création d’un comité de rémunération, etc.

Vous êtes président à la fois du conseil d’administration et de l’Assemblée générale de  Bdeac, et au même moment – ceci n’expliquant pas forcement cela -, le président Paul Biya est président en exercice de la Cemac, le Cameroun rayonne…

Si vous voulez, le Cameroun rayonne. J’étais à Ndjamena au sommet des chefs d’État de la Cemac lorsque le président Biya a été porté de la Cemac pour l’année en cours. Je peux vous dire que c’est toute l’Afrique centrale qui compte sur la sagesse du chef de l’État pour donner un coup de fouet à la Cemac

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