Lions indomptables, encore une enquête…

Suite à la débâcle de l’équipe de football fanion du Cameroun à la dernière Coupe d’Afrique des nations (Can), Paul Biya remet une ancienne formule pour en savoir davantage.

Les Lions indomptables à la Can 2019

C’est officiel depuis le 15 juillet 2019. À la tête des Lions indomptables depuis août 2018, Clarence Seedorf et Patrick Kluivert n’ont pas pu mener leur sélection vers un deuxième sacre consécutif lors de la dernière édition de la Can. En plus de satisfaire de nombreux supporters camerounais, la publication de cette information semble avoir pris un autre tournant à Etoudi. Du «Supplément confidentiel Afrique Media», l’on apprend que Paul Biya, le chef de l’État camerounais, a instruit des enquêtes sur le contrat des deux Néerlandais.

Ces investigations, initiées depuis la présidence de la République, viennent davantage donner un sens aux déclarations de Narcisse MouelleKombi sur l’antenne TV de la CRTV. Présent sur ce média à capitaux publics, le ministre des Sports et de l’Éducation physique (Minsep) s’était alors montré très amer à l’égard des deux techniciens. «Son taux de victoire avec les champions d’Afrique 2017 est seulement de 33 %. Seedorf et son adjoint n’ont remporté que quatre de leurs douze matches à la tête du Cameroun», évaluait le Minsep.

Il n’aura pas fallu attendre bien longtemps pour voir la Fédération camerounaise de football réagir. Par le biais d’un communiqué, la Fecafoot a officialisé le départ du duo Clarence Seedorf-Patrick Kluivert, qui était arrivé à la tête des Lions indomptables le 4 août 2018. «La Fédération camerounaise de football a, conformément aux stipulations des clauses résolutoires de leurs contrats de travail respectifs, décidé de mettre fin aux fonctions de l’entraîneur-sélectionneur Clarence Clyde Seedorf, et de l’entraîneur adjoint Patrick Stephan Kluivert, à compter de ce jour». Les deux hommes quittent le Cameroun sur un bilan de 4 nuls, 3 défaites et 3 victoires en 10 matches.

Flou
Selon une certaine opinion, ce bilan est suffisant pour susciter une vive colère à Etoudi. Dans ce haut-lieu, révèle le «Supplément confidentiel Afrique Media», l’on s’intéresse aux coulisses du recrutement du duo néerlandais. Derrière une galaxie de profils internationaux, des histoires de transferts toutes plus rocambolesques les unes que les autres : commissions farfelues, manœuvres fiscales, banquier occulte, pots-de-vin…

Pour l’instant, rien ne filtre sur le visage des personnes chargées de ladite enquête ; même s’il se murmure que celle-ci sera coordonnée à partir du premier ministère. Comme en juin 2014. À cette époque-là, Paul Biya, avait confié à Philémon Yang (alors Premier ministre) le soin de mener des «investigations» sur les mauvais résultats (3 défaites, 9 buts encaissés et 1 seul inscrit) qui ont abouti à l’élimination précoce des Lions indomptables au Mondial brésilien. Dans un communiqué, la présidence de la République indiquait que la commission mise sur pied disposait d’un mois pour lui remettre les conclusions de son enquête, ainsi que des «propositions en vue d’une restructuration profonde et urgente du football camerounais».

L’on se souvient que cette expédition foireuse avait également délié les langues dans les rangs des joueurs et de certains encadreurs. Pour la Can 2019, le scénario semble le même. Les révélations «audios» de l’international camerounais Boumal ces derniers jours en disent long. Ce dernier ne manque pas d’accuser l’influence d’Eto’o sur les choix de Clarence Seedorf. À côté de cela, c’est un éditorialiste camerounais qui fait de fracassantes révélations sur la non-titularisation de Zambo Anguissa, pour le compte du match Cameroun-Nigéria. Selon ce dernier, cela était dû aux caprices d’un « individu » -Eto’o- qui a estimé que «Zambo Anguissa ne l’a pas salué avec beaucoup de déférence et d’élégance».

Jean-René Meva’a Amougou

Clap pour les sélectionneurs locaux

Djamel Belmadi, le coach algérien, a conduit les Fennecs vers leur deuxième sacre. D’aucuns y voient un beau signal pour le foot du continent.

 

La finale 2019 de la Can a eu une saveur toute particulière, puisqu’elle mettait aux prises deux effectifs ayant à leur tête deux entraîneurs locaux: Djamel Belmadi et Aliou Cissé. Les deux hommes ont réussi le pari de mener leur équipe respective jusqu’en finale de la compétition, confirmant ainsi la tendance portée sur les entraîneurs locaux. Il faut remonter à 1998 au Burkina Faso et à la rencontre opposant l’Afrique du Sud à l’Égypte pour retrouver la trace de deux entraîneurs nationaux sur les bancs d’une finale (le Sud-Africain Jomo Sono et l’Égyptien El-Gohary).

L’extinction des «sorciers blancs»
Depuis la création de la Can en 1957, les coachs non africains ont longtemps été privilégiés par les fédérations. Sur les 24 équipes qui ont disputé le tournoi en Égypte, près des deux tiers comptaient à leur tête un sélectionneur étranger (14 sur 24). Une tradition du «sorcier blanc» qui perdurait malgré l’émergence des sélectionneurs locaux. Pourtant, si l’on jette un coup d’œil aux statistiques, les marabouts africains comptent quasiment autant de victoires que leurs homologues sorciers blancs: 15 contre 16 lors des 31 précédentes éditions de la Can. Et cette année, ceux qui avaient préféré miser sur des compétences extérieures ont complètement manqué leur pari.

De quatre entraîneurs locaux à la Can au Gabon en 2017, le nombre de techniciens du cru est passé à 10 lors de la présente édition en Égypte, soit plus d’un tiers des coachs de la compétition. De plus en plus, les fédérations africaines font confiance aux entraîneurs africains, de mieux en mieux formés et de plus en plus performants. Cameroun, Maroc, Égypte, Tunisie, Nigéria, voilà autant de grandes nations du football africain qui avaient décidé d’opter pour des entraîneurs «non africains» cette année. Et aux vues de leurs résultats s’en mordent les doigts aujourd’hui. On est encore plus confus à l’idée qu’ils touchaient, selon nos confrères de Jeune Afrique, plusieurs millions par mois. De la part des autorités égyptiennes, le choix est d’autant plus incompréhensible que cinq des sept trophées africains remportés par les Pharaons l’ont été avec des techniciens locaux.

D’ailleurs, en incluant cette édition 2019, il faut préciser que les entraîneurs locaux et ceux de l’étranger sont à égalité parfaite en ce qui concerne la Can. Chaque groupe aura eu 16 victoires. C’est à se demander sur quels critères les responsables des fédérations africaines reposent leur penchant trop prononcé pour les sorciers blancs.

Ongoung Zong Bella

Emportés par la Can 2019

Pour « résultats décevants et autres scandales, quelques sélectionneurs ont perdu leurs places sur les bancs de touche. Liste exhaustive.

 

Paul Put (Guinée)
Éliminés en 8e de finale de la Can par les Fennecs (3-0), le Syli national (Guinée) s’est séparé de son sélectionneur depuis 16 mois, le Belge de 63 ans Paul Put, également impliqué dans une affaire de corruptions au sein de la sélection nationale.

Emmanuel Amunike (Tanzanie)
D’origine nigériane, l’ex-footballeur Emmanuel Amunike a été nommé sélectionneur de la Tanzanie le 6 août 2018. Ses performances n’ont pas séduit, il a été renvoyé peu après la sortie prématurée des Taifas Stars en phase de poule.

Javier Aguirre (Égypte)
D’août 2018 à juillet 2019, Javier Aguirre Onandia a tenté de se montrer digne des attentes placées en lui, mais ça n’a pas véritablement payé. L’élimination de l’Égypte en 8e de finale de la Can 2019 face à l’Afrique du Sud, l’a poussé à la sortie.

Sébastien Desarbres (Ouganda)
Le Français de 42 ans a servi l’équipe ougandaise de 2017 à 2019. S’il a réussi l’exploit de mener l’Ouganda au deuxième tour de la présente Can, un fait rare depuis 1978, il a été remercié suite à l’élimination en huitième de finale de l’équipe face au Sénégal.

Source : Afrik Foot

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