Libre-échange : le Cameroun manœuvre toujours pour un APE régional

Yaoundé a posé à nouveau la question sur la table la semaine dernière à l’occasion de la visite d’une délégation du Conseil de  l’Union européenne sur l’Afrique.

Yaoundé a posé à nouveau la question sur la table la semaine dernière à l’occasion de la visite d’une délégation du Conseil de l’Union européenne sur l’Afrique.
Le Minepat, Louis Paul Motaze.

L’accord de partenariat de Cotonou, signé en 2000 entre les pays Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP) et l’Union européenne (EU),  expirera en février 2020. En attendant, de grandes manœuvres sont déjà en cours pour « un renouvellement de l’accord qui représente un socle pour une alliance adaptée aux défis d’un monde plus interdépendant ».  C’est dans ce cadre que, la semaine dernière, une délégation du groupe de travail du Conseil de  l’Union européenne sur l’Afrique (Coafr, entité responsable de la gestion de la politique extérieure de l’UE vis-à-vis de l’Afrique subsaharienne et de ses 46 pays, ainsi que de l’Union africaine et d’autres organisations sous-régionales) a séjourné à Yaoundé.

Le ministre camerounais de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire a «évoqué la nécessité de relancer les négociations au niveau régional de l’Accord de partenariat économique (APE), afin de ne pas mettre en difficulté l’intégration régionale et de juguler la crise économique»

Conduite par Marie Lapierre, présidente Afrique dudit groupe, la délégation est venue présenter au Cameroun quelques contours du nouveau dispositif. « Comme toute autre chose dans ce monde qui est en train d’évoluer, les relations entre les ACP et l’UE sont appelées à se développer », a appuyé Marie Lapierre lors d’une rencontre avec la presse, le 08 janvier 2018, au ministère camerounais de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire.

C’est à partir d’août 2018 que des pourparlers entre l’EU et les ACP seront entamés. La négociation du prochain cadre de coopération entre les  deux parties prévoit dans un premier temps, l’aval des directives de négociations par les membres de l’EU à partir de l’été européen de cette année, afin de prendre fin vers la fin de la saison.

APE

Au cours de l’audience avec le groupe de travail du Coafr, le ministre camerounais de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire a «évoqué la nécessité de relancer les négociations au niveau régional de l’Accord de partenariat économique (APE), afin de ne pas mettre en difficulté l’intégration régionale et de juguler la crise économique».  Selon nos sources, les Européens ont fait la sourde oreille face à cette doléance camerounaise. «Ils n’avaient ni la compétence, ni le mandat pour en parler», justifie-t-on.  Des causeries informelles entre des journalistes et quelques proches collaborateurs de Louis-Paul Motaze, on apprend que c’est la réticence de certains pays d’Afrique centrale à ratifier l’APE qui sous-tend la démarche camerounaise.

Au calendrier des activités pour cette année, l’UE et le Cameroun organiseront plusieurs activités, afin de souligner la richesse et la diversité de leurs partenariats. Plusieurs domaines clés témoigneront de la vigueur de cette collaboration : les élections, la lutte contre la pauvreté, le développement durable ; le changement climatique et la transition écologique ; les droits humains et les investissements.

 

Jean-René Meva’a Amougou

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