Lever 7,3 milliards d’euros pour les projets intégrateurs: la Cemac prête pour Paris

Prendre d’assaut Paris et empocher 7,3 milliards d’euros des bailleurs de fonds intéressés par le financement des projets intégrateurs de deuxième génération. La Cemac se dit parée avec deux mois d’avance. Et elle entend le démontrer avec succès les 28 et 29 novembre prochain dans le cadre de la deuxième table-ronde consacrée à cette cause. Sous l’impulsion de la Conférence des chefs d’État et du président congolais Denis Sassou Nguesso, président dédié du Programme des réformes économiques et financières de la Cemac (Pref-Cemac).

L’optimisme est aujourd’hui permis grâce aux nombreuses consultations entreprises et aux conclusions de la 7ème réunion du Comité technique de suivi de la mobilisation des financements et de la mise en œuvre desdits projets. Les travaux se sont tenus à Brazzaville du 25 au 29 septembre dernier sous la présidence de Jean-Baptiste Ondaye, président du Comité de pilotage (Copil du Pref-Cemac). «Il convient de saluer le fait que nos quatre jours d’assises nous aient permis de préparer notamment les fiches techniques des treize projets, le cahier du participant, les documents essentiels destinés à informer les bailleurs sur les atouts de la sous-région Cemac et surtout sur la maturité et la bancabilité de nos projets, et enfin, d’affiner les montages financiers de certains projets en vue de leur financement en mode PPP», fait savoir sa représentante, la ministre congolaise du Plan, de la Statistique et de l’Intégration régionale.

Aux dires d’Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas, «le coût total de ces treize projets intégrateurs prioritaires du deuxième programme s’élève à 8,8 milliards d’euros (soit environ 5 764 milliards FCFA)». Bon à savoir également, «1,5 milliard d’euros est d’ores et déjà mobilisé, soit 17,13% du coût total. Le gap de financement à combler est donc évalué à 7,3 milliards d’euros (environ 4 781,5 milliards FCFA), soit 82,86% du coût global», précise-t-elle.

Consistance
Ces fonds sont précisément destinés «à l’aménagement du corridor Pointe-Noire-Brazzaville-Ouesso-Bangui-Ndjamena (Congo-RCA-Tchad), phase 2; l’aménagement et le bitumage de la route Kélo-Pala-Léré-frontière Cameroun (Tchad-Cameroun);l’aménagement et bitumage de la route Kougouleu-Medouneu-Akurenam, tronçon Kougouleu-Medouneu sur un linéaire de 168 km (Gabon-Guinée-Équatoriale); l’aménagement et bitumage de la route Garoua-Boulaï-Baboua sur le corridor 2 (Cameroun-RCA); la construction du prolongement du chemin de fer entre Ngaoundéré et Ndjamena (Cameroun-Tchad); la construction de la route Ndende-Dolisie du corridor Libreville-Brazzaville (dernière phase) (Gabon-Congo); et la construction des voies d’accès routier au pont route-rail (Congo-RDC)». Le Pref-Cemac évoque en outre «les aménagements fluviaux et portuaires sur le fleuve Congo et ses affluents (Congo-RCA); la connexion électrique Grand Poubara et Imboulou (580 km) (Gabon-Congo); l’interconnexion électrique entre le Cameroun (Bertoua) et la RCA (Boali); la construction d’un port sec à Ebebiyin dans la zone des trois frontières (Cameroun-Guinée Équatoriale-Gabon); la construction du port sec de Ngueli (Tchad-Cameroun) et l’appui au développement de la filière bois dans le Bassin du Congo».
Il ne reste donc attendu qu’une participation massive «au niveau le plus élevé à la table – ronde, à l’effet d’y confirmer les annonces de contribution», indique à l’endroit des investisseurs, la ministre congolaise. La Communauté est déjà assurée «du soutien multiforme de plusieurs parties prenantes, notamment la Commission de la Cemac, la Bdeac, la Beac, le Fodec, la Bad, la Banque mondiale et la France». Il y va, dira la ministre congolaise, «du renforcement de l’intégration et du développement des pays de la Cemac».

Paris acte I
La tâche s’annonce à la fois exaltante et ardue. À titre de comparaison, «la première table – ronde de Paris de novembre 2020 avait permis de mobiliser 3,8 milliards d’euros sur les 3,3 milliards attendus», est-il rappelé. Cela représente un peu moins de la moitié des nouvelles prétentions de la Cemac. Un indicateur encourageant cependant: «les deux derniers projets en cours de restructuration pour leur réalisation en mode PPP devraient démarrer au courant de l’année 2024», se satisfait Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas. Le Pr Michel-Cyr Djiena Wembou, secrétaire permanent du Pref-Cemac, confirme en effet que «sur les onze projets prioritaires de ce premier programme, huit ont déjà démarré soit moins de trois années après la tenue de ladite table – ronde».

Import-substitution
Comme autre élément de nature à délier le cordon des bourses des investisseurs, il y a les propositions relatives à l’exécution du Plan d’opérationnalisation de la stratégie communautaire d’import-substitution des produits du cru de la Cemac. Elles ont été finalisées au cours de travaux de Brazzaville, en présence de Charles Assamba Ongodo, vice-président de la Commission de la Cemac.

Théodore Ayissi Ayissi

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