Lettre ouverte sur la (l’in) sensibilité des Députés aux préoccupations des populations en général et des jeunes en particulier.

Honorables membres de la Représentation Nationale,

 

Dupleix Kuenzob Secrétaire Exécutif DMJLa convocation de la session inaugurale de la 10e législature de l’Assemblée Nationale Camerounaise nous donne l’opportunité de vous féliciter collectivement mais surtout individuellement pour votre élection en qualité de représentant de l’ensemble de la nation et par conséquent dépositaire de la souveraineté nationale dont le peuple camerounais reste le seul titulaire, et que chacun (e) de vous est appelé(e) à exercer, avec le Président de la République au nom de ce peuple.

Tenant ainsi votre pouvoir du peuple pour exercer  légitimement la fonction législative et celle de contrôle de l’action du gouvernement (Article 14(2) de la Constitution de 1996), nous avons la faiblesse de croire que l’institution parlementaire à travers l’Assemblée Nationale peut et devrait créer des cadres et conditions irréversibles pour  répondre aux nombreux problèmes qui s’opposent à l’appropriation citoyenne des dynamiques politiques  au niveau local.

Ainsi conviendrez-vous avec nous et avec ceux et celles qui soutiennent que la participation politique au niveau local ‘‘souffre d’une faible mobilisation politique, d’une faible et insuffisante capacité à articuler les problématiques économiques et sociales en termes de politiques et de gouvernance locale’’ et que   
‘’La réactivité politique ou la satisfaction des demandes, des besoins et des attentes des citoyens par les élus est le maillon faible de la vie politique’’.

En considérant que l’Assemblée Nationale constitue l’une des institutions par le truchement desquelles le peuple exerce la souveraineté, la proximité des Députés avec les populations devrait leur permettre de faire valoir leurs aspirations profondes, leurs choix et leur sentiment de participer dans les instances de décision étatique.

Réussir à créer et consolider une telle passerelle consacrerait l’appropriation par les citoyens des dynamiques politiques et de développement  en cours au plan local (décentralisation) et national. S’impose alors la nécessité  de la vision de systématiser et structurer la réalité législative (du pouvoir législatif) au sein des Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD), permettant ainsi d’institutionnaliser la relation entre le citoyen et le législateur par ailleurs élu de la nation.

C’est dans cet ordre de pensée que nous plaidons pour l’institutionnalisation des Permanences Parlementaires et la conversion des fonds de micro projets parlementaires en fond d’appui institutionnel des Députés, afin qu’il y ait plus d’espaces et de cadres formels où toucher la sensibilité des Députés aux préoccupations des populations en général et des jeunes en particulier. Car en effet, chaque permanence parlementaire en employant un minimum de cinq (05) jeunes, constituerait un vivier d’emplois et une source de création des compétences et des richesses pour cette jeunesse pour qui le chômage est devenu une maladie virale.

Instituer et institutionnaliser les permanences parlementaires équivaut dans le contexte camerounais actuel à créer des emplois aux jeunes et rapprocher les élus de la nation des populations. Deux dimensions qui, dans la gouvernance locale actuelle préoccupent réellement les citoyens. Nos institutions y compris l’Assemblée Nationale ne pourront être promotrices de la démocratie et sensibles aux préoccupations du peuple, selon le souhait de la Constitution de 1996 et de la vision 2035 du Cameroun, que si les acteurs politiques locaux et nationaux (les Députés en premier), sont prêts à opérationnaliser la généreuse vision de décloisonnement social et politique qu’inspire la participation citoyenne.

Honorables membres de la Représentation Nationale,

Dans la mesure où le vote reste la modalité la plus importante de participation politique au plan local, il importe pour les élus de montrer aux électeurs la proximité qui leur permet de connaitre et de comprendre leurs préoccupations afin d’organiser de façon inclusive avec les populations les réponses appropriées et structurées aux maux dont elles souffrent.

A ce titre, l’Assemblée Nationale peut servir de tremplin pour donner au local la possibilité et le pouvoir de disposer d’une influence déterminante sur le fonctionnement des institutions politiques nationales. C’est pourquoi, au-delà d’institutionnaliser les permanences parlementaires, nous observons que malgré le Grand Dialogue National (GDN), les Députés de la Nation doivent avoir le courage, le scrupule et l’audace de discuter une fois de plus au sein de l’Assemblée Nationale de la crise anglophone et se constituer conformément à leur statut d’élus de la nation indépendamment de la chapelle politique, en un bloc uni pour organiser l’écoute des populations du Nord Ouest et du Sud Ouest prise dans les mailles d’une pluralité de milices incontrôlées et incontrôlables dont les actes endeuillent davantage tous les jours le peuple économiquement meurtri. 

Les élus de la Nation doivent prendre le lead pour appeler à un cesser le feu, en s’adressant avec leur cœur à ces jeunes qui ont pris les armes contre la Nation, tout en leur promettant comme aux autres restés fidèles à la devise et aux emblèmes du pays, de contrôler à fond et sans fioriture toutes les actions menées par le gouvernement ou évidemment son inaction (inertie), au lieu de se continuer dans la coexécution du budget de l’Etat au moyen des fonds dits de micro projets qui en définitive ne peuvent être perçues que comme du saupoudrage. 

Honorables membres de la Représentation Nationale,

En formulant cette correspondance, Dynamique Mondiale des Jeunes (DMJ) qui a l’avantage de travailler au quotidien aux côtés de la jeunesse espère trouver en vous une attention particulière aux suggestions y contenues.

Dupleix Kuenzob Pedeme

Secrétaire Exécutif

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