PANORAMAPORTRAIT DÉCOUVERTE

Les matches sont de très bon niveau hormis la piètre prestation du Syli national et des Lions indomptables

On ne découvre
pas un football qui progresse. Cela fait tout de même une décennie et même deux décennies qu’il y a un nivellement
de valeurs au niveau de la Coupe d’Afrique des Nations. Des équipes supposées
être «petites» tiennent la dragée haute aux supposées grandes équipes.

Actuellement à Abidjan pour suivre le déroulement de la phase finale de la coupe d’Afrique des nations TotalEnergies 2023, le journaliste et directeur de publication du journal Actu Sports pose son regard sur la compétition.

Emmanuel Gustave Samnick

Les Lions indomptables du Cameroun jouent contre le Sénégal ce vendredi soir. Comment vous voyez ce match en couperet ?
Le match Sénégal-Cameroun de ce vendredi est effectivement un match couperet. On peut présager qu’il sera un match ouvert aussi, parce que nous avons deux équipes qui ont des challenges, peut-être différents, mais qui les amènent à vouloir remporter la victoire. D’un côté nous avons le Sénégal qui est dans une belle dynamique et qui a fait une belle entame de compétition avec une victoire nette, 3 buts à zéro au premier match. C’est par ailleurs le pays qui est détenteur du trophée de la précédente Can et qui aimerait le conserver. Les Lions de la Téranga ont cherché ce trophée pendant longtemps pour le laisser filer aussi aisément. Ce sera un match engagé, je le présume, parce que de l’autre côté, les Lions indomptables sont dos au mur après leur piteux nul à l’entame contre la Guinée lundi dernier. J les Lions indomptables se doivent de prendre leur revanche pour eux-mêmes et pour leurs nombreux supporters qui ont été vraiment déçus de l’issue de cette première rencontre.

Quelle est votre appréciation sur cette Can (organisation, mobilisation popoulaire, transport et hébergement…)?
Oui, nous assistons à une très belle édition de la Coupe d’Afrique des Nations, la 34eme qui se joue en ce moment en terre ivoirienne. Sur tous les plans, je pense que c’est une très belle compétition. Et sur le plan sportif, vous avez dû remarquer que les matches sont de très bon niveau hormis la piètre prestation du Syli national et des Lions indomptables lundi dernier, les matches sont très disputés. J’ai regardé un très beau match à la télévision entre le Mali et l’Afrique du Sud. C’est une rencontre dont le résultat final ne reflète pas d’ailleurs la physionomie du match à savoir deux buts à zéro, en faveur du Mali.

On découvre un football africain qui progresse avec le nivellement des valeurs. Comment expliquer ce phénomène?
Je ne saurais être d’accord avec vous. On ne découvre pas un football qui progresse. Cela fait tout de même une décennie et même deux décennies qu’il y a un nivellement de valeurs au niveau de la Coupe d’Afrique des Nations. Des équipes supposées être « petites » tiennent la dragée haute aux supposées grandes équipes. Par conséquent, l’histoire ne parle plus en ce moment dans le football africain. C’est la réalité du terrain qui est le juge de paix, comme je l’ai dit. Nous avons vu en 2019 l’équipe de Madagascar passer le premier tour alors qu’elle n’était qu’à sa première participation à une Can. On a également vu les Comores… la Guinée Équatoriale éliminer le champion d’Afrique en titre, l’Algérie, champion d’Afrique en titre durant la Can 2021 qui s’est déroulée en janvier-février 2022 au Cameroun. Donc n’est pas quelque chose de nouveau. L’époque où il y avait des grandes équipes est révolue. Il est vrai qu’il y a toujours des favoris, et on ne peut pas le changer ni même le nier. Puisqu’à la fin, ce sont des grands joueurs talentueux et très compétitifs et habitués au haut niveau qui font la différence. Mais le nivellement des valeurs est là. Moi je dis, c’est une bonne chose. Ça rehausse la qualité du spectacle et je dois d’ailleurs dire que depuis longtemps que le football existe, il y a toujours eu des surprises. Souvenez-vous, lorsque le Cameroun gagne la première Can en 1984, on jouait à huit équipes, pourtant. Et parmi les huit pays qualifiés il y avait le Togo, et je pense le Malawi ou le Kenya. Il y a toujours un petit poucet qui essaie d’émerger et qui embête les grands. Donc, c’est une bonne chose que que cela se passe ainsi.

 

On peut expliquer cela par le fait que les gens sont décomplexés. La télévision a permis de briser les barrières. Ainsi tout le monde voit tout le monde jouer et on se rend bien compte qu’il n’y a pas de magie dans le football. C’est beaucoup d’entrainement, un peu de talent, beaucoup de chance, être en bonne santé et surtout être préparé mentalement à aller affronter l’adversaire sans complexe. Je crois que c’est ce qui peut expliquer ce phénomène de nivellement de valeurs au niveau du football africain.

Hors des stands, il y a des opérations de marketing international de la part de certains pays. Quid du Cameroun et des pays de la sous-région ?
Comme d’habitude, la Can est une occasion pour faire mille et une choses. Et donc, il y a l’animation tout autour de la compétition. Il y a également des opérations de marketing . Maintenant vous évoquez le marketing international de la part de certains pays et le Cameroun n’est pas en reste. Je me trouve actuellement à Abidjan et je suis venu couvrir la journée économique organisée par l’Agence de Promotion des Investissements (API) du Cameroun qui a réuni du beau monde ici et c’était très animé, chaque pays s’organise pour se faire vendre. Le Cameroun aussi entre dans cette dynamique. Il est vrai qu’en termes de consistance, c’est moins concret, c’est plus festif que concret mais c’est déjà une opération à laquelle il faut prendre part. La Can est un évènement om plusieurs nations se rencontrent, sur le plan du sport, mais également sur le plan des relations humaines, sur le plan économique, des échanges culturels et il faudrait être présent et ne pas rester spectateur. Le Cameroun a voulu être présent par l’API mais aussi par d’autres initiatives du secteur privé et des ONG.

Quelle est justement la part du Cercoca dans cette fête sportive?
Le Cercle de de l’amitié Cote d’ivoire Cameroun a profité de cette 34e édition de la Can, de la vitrine que cela nous offre pour organiser la première édition des Journées de l’amitié Côte d’Ivoire-Cameroun. La première journée qui se tiendra lundi prochain et un autre jour pour le volet sportif, parce que l’une des activités au programme c’est un match amical de football entre les journalistes ivoiriens et les journalistes camerounais venus couvrir la Can. La cérémonie officielle aura lieu lundi à la salle des conférences de la librairie du carrefour Siloé, c’est dans la commune de Cocody à Abidajn pour la première édition des journées de l’Amitié Côte d’ivoire-Cameroun. Au programme, l’installation du bureau Cercoca d’Abidjan et la dédicace de deux livres. L’un sur le président de Côte-d’Ivoire intitulé Modèle Alassane Ouattara et un autre qui a pour titre Le disque dur Paul Biya. Vous voyez que c’est une opportunité de faire la dédicace de ces deux livres écrits par un membre du Cercoca qui s’appelle Joseph-Marie Eloundou. Et il y aura enfin une conférence pour exposer la vision du Cercoca sur les benefsur les benefénéfices du vivre-ensemble entre les nations, entre les peuples ; il est question de ne pas ériger des barrières entre nos deux peuples, parce que nous voyons les déchirements et injures dans les réseaux sociaux et nous pensons que ce n’est pas la meilleure manière de cohabiter.bEt comme tout le monde le dit, la Côte d’Ivoire et le Cameroun sont deux pays, deux peuples frères qui s’apparentent à des frères jumeaux quoique n’étant pas des pays frontaliers. Le Cercoca a été créé au Cameroun et légalisé en 2016. Il veut étendre ses activités dans l’autre pays, puisqu’il s’agit de l’amitié entre deux pays, la Côte d’Ivoire et le Cameroun.

Propos recueillis par
Thierry Ndong Owona

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