Les corsaires du plastique

Les corsaires du plastique luttent contre les déchets en Allemagne. Peuvent-ils inspirer la mode durable sur les rives de l’Océan indien et des côtes africaines ?

Une première opération anglo-allemande « Plastikpiraten » (« Corsaires du plastique ») organisée par Citizen Science a remporté un grand succès dans le cadre de l’Année de la science 2016/2017 – Mers et océans. Les « Plastikpiraten » étaient des équipes volontaires chargées de collecter des données sur la présence de plastiques dans les eaux fluviales allemandes. Des écoles britanniques ont également participé à ce projet. Les données ainsi recueillies ont permis de prendre des mesures de protection en faveur des fleuves, des mers et par conséquent des hommes.

Exerçant la présidence du G20 à cette époque, l’Allemagne a agi notamment avec le sommet du G20 en faveur des mers du monde propres. Au cours de la présidence allemande du G7 en 2015, un plan d’action pour lutter contre la pollution du milieu marin avait déjà été adopté. Il prévoyait notamment d’intensifier les échanges avec les pays en voie de développement et de soutenir des pratiques exemplaires dans le secteur de l’industrie des matières plastiques.

La prochaine Journée mondiale de l’océan peut être l’occasion de mettre en avant l’aptitude et l’expérience de nouveaux innovateurs à répondre aux grands défis du monde (développement durable, biotechs, eau, stockage de l’énergie… ) et le rapport singulier avec l’identité fluviale (Rhin en Europe, Sanaga en Afrique centrale).

Des millions de tonnes de plastiques polluent l’environnement chaque année. En Europe, des écoliers s’engagent à nettoyer les rivières et à faire avancer la recherche.
Désormais projet européen de science éco-citoyenne, le projet Corsaires du plastique permet aux jeunes volontaires d’agir pour la propreté des cours d’eau et des océans. Des paquets s’entassaient dans le bureau du biologiste marin Dennis Brennecke. Son Atelier de recherche à Kiel, le Kieler Forschungswerkstatt, en expédiait plusieurs douzaines par semaine dans toute l’Europe. A l’intérieur : un mode d’emploi et un filet blanc que les jeunes pirates devaient plonger dans les ruisseaux, rivières et lacs pour y pêcher, non pas un trésor, mais des déchets plastiques.

En mai 2022 débubait une nouvelle édition du projet européen de science éco-citoyenne « Plastic Pirates – Go Europe ! ». Les jeunes Européens étaient invités à participer à cette vaste campagne qui s’inscrit dans l’Année européenne de la jeunesse 2022. Avec près de 20 000 bénévoles, les missions précédentes des Pirates du plastique ont remporté un vif succès. Les Pirates ont ainsi collecté, documenté et classé les déchets glanés dans les cours d’eau et sur les rives, ce qui a permis de récolter un volume important et une grande variété de données que des équipes de recherche classiques n’auraient jamais pu en si peu de temps et en autant d’endroits différents.

Le Kieler Forschungswerkstatt, une structure conjointe de l’Université Christian-Albrechts de Kiel et de l’Institut Leibniz de pédagogie des sciences de la nature, a envoyé les Pirates du plastique à l’abordage pour la première fois en 2016. Au fil du temps, le projet à grandi et pris une dimension internationale. « L’océan commence ici » : telle est la conception des chercheurs en herbe.

Chaque année, des millions de tonnes de vêtements sont produits, portés et jetés. Chaque seconde, l’équivalent d’un camion à ordures chargé de vêtements est brûlé ou enfoui dans une décharge.

L’industrie de la mode est l’un des principaux contributeurs de microfibres plastiques entrant dans nos océans.

Pour résoudre le problème, il faut réinventer la mode elle-même. Les jeunes générations devront créer une nouvelle vision pour l’industrie de la mode afin de repenser la façon dont les vêtements sont fabriqués et utilisés. Cette vision exige que l’industrie et les pouvoirs publics travaillent ensemble. Cela nécessitera des investissements importants, une innovation à grande échelle, de la transparence et de la traçabilité. Mais si nous prenons ces mesures ensemble et commençons dès aujourd’hui, ce nouveau système peut évaluer rapidement.

Une économie circulaire pour la création de meilleurs produits et services pour les clients, contribue à une industrie de la mode résiliente et florissante et régénère l’environnement. Elle donne la priorité aux droits et à l’équité de toutes les personnes impliquées dans l’industrie de la mode et crée de nouvelles opportunités de croissance distribuées, diversifiées et inclusives.

Kévin LOGNONE

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