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Lendemains d’élection présidentielle au Cameroun : Les citoyens de la Cemac se rassurent

Après s’être fait peur, les ressortissants de l’espace communautaire résidant à Yaoundé disent reprendre confiance pour leurs activités dans leur pays d’accueil. 

Morand Nkomade (à gauche) en compagnie d’un compatriote.

Morand Nkomade est de retour à Yaoundé. Ce 25 octobre 2018 à son domicile, sis au quartier Ahala (dans le 4e arrondissement de la capitale), la mine du Gabonais est exubérante. «J’avais peur !», raconte-t-il, se remémorant les fulgurances langagières issues de deux adversaires politiques engagés à une élection présidentielle de son pays. Datant de septembre 2016, ces tristes souvenirs ont repris vie, par la grâce des controverses autour des résultats de la présidentielle du 7 octobre dernier au Cameroun. À l’aune de son expérience à Libreville, le défi de Morand Nkomande était d’avoir un pas vers le Gabon… «au cas où». Selon ses dires, il est parti pour Ambam (Sud-Cameroun), deux jours avant la proclamation officielle des résultats par le Conseil constitutionnel.

Sérénité
À l’instar du Gabonais, d’autres citoyens de l’espace Cemac confessent avoir vécu des instants de bifurcation existentielle avant cette échéance. «On ne savait pas ce qui pourrait arriver et c’est la raison pour laquelle nous prenions nos dispositions, sans trop savoir s’il fallait rester ou partir de Yaoundé», trahit Malba Garvouta, 72 ans. L’homme d’affaires tchadien, arrivé au Cameroun il y a près de deux décennies, est encore habité par les scènes de changement de régime politique à Ndjamena en 1990. Il n’a pas de mots suffisants pour les raconter. Sur le coup, il se gargarise de ce que son président ait félicité son homologue camerounais le 24 octobre 2018. «C’est ça qui nous rassure», avance-t-il joyeusement en prenant Asta, son épouse, à témoin. Selon cette dernière, «tel que c’est parti, le calme va régner partout au Cameroun ; le gagnant a gagné l’élection». Traduction : ici au quartier Bastos, lieu d’habitation de la famille, aucune réserve ne fissure plus la forteresse de sérénité bâtie par ses six enfants et elle-même.

Enjeu
En lisière de cette confiance affichée, d’autres phrases en constituent la teneur et le fond. Au quartier Omnisports (Yaoundé V), la béance de la situation n’est plus au menu des discussions des 200 membres de la communauté tchadienne résidant ici. Alfaki, le chef, affirme que «la peur est finie !» La suite débitée par ce dignitaire prouve que, ni les décentrements d’une certaine classe politique locale, ni le sentiment d’être étranger, rien ne suscite plus le moindre vertige dans l’esprit de ses compatriotes. «Ils sont rassurés que le calme continue», lâche-t-il.

En ce sens, il est rejoint par quelques Centrafricains. À Emombo (Yaoundé IV) où il réside, Martin Naguezangba condense, dans un phrasé de personne tranquille, tout le bien qu’il pense de la gestion des instants postélectoraux au Cameroun. À l’en croire, les autorités locales ont actionné les bons leviers pour mettre un coup de barre au désordre après le vote. «Cela est bénéfique pour nous qui menons des activités entre ce pays et le nôtre», indique ce transitaire en douane. Nicaise Sillo, son assistant, ajoute que «pour les affaires entre Douala et Bangui, on peut déjà envisager et se féliciter d’une stabilité dans le long terme». D’ailleurs, un enjeu aiguillonne ses projections : «Le Cameroun, la première économie du bloc Cemac, mérite la paix pour aider à remettre le bloc sous régional sur les rails».

Jean-René Meva’a Amougou

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