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Le PPA-CI doit cesser de soutenir Ouattara

Damana Adia alias Pickass, secrétaire général du PPA-CI, était devant la justice, le vendredi 24 février 2023. Que lui reprochait-on ? Probablement ses dernières déclarations à Abobo et à Port-Bouët. Cette convocation est abusive parce qu’elle viole deux droits fondamentaux inscrits dans notre Constitution : la liberté d’opinion et la liberté d’expression. En 2002, ceux que la France a installés au pouvoir avaient divisé la carte de la Côte d’Ivoire en deux, menacé de mélanger le pays si leur champion était exclu de la présidentielle mais n’avaient pas été inquiétés parce que Laurent Gbagbo et ses camarades étaient conscients que la mission de l’opposition est de s’opposer quand les décisions et actes du parti au pouvoir sont injustes ou sont susceptibles de nuire à l’intérêt général. Cette convocation est dangereuse parce qu’elle veut nous ramener à l’ère du parti unique où tout le monde devait penser comme le PDCI et avaler sans broncher les paroles d’Houphouët. Je soutiens donc Damana Adia. Je félicite les militants du PPA-CI qui l’ont accompagné au palais de justice car c’est ce qui doit être fait en pareille circonstance et c’est ce qui aurait dû se faire depuis longtemps : ne pas laisser ceux qui sont injustement arrêtés aller seuls en prison.

Avant  cette convocation abusive, Stéphane Kipré fut empêché de s’adresser aux militants du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) à Kani et à Tiesso. En 2021, Laurent Gbagbo demanda la libération de Bruno Dogbo Blé, Anselme Seka Yapo dit Seka Seka et des autres prisonniers politiques, demande à laquelle le président reconnu par la communauté internationale continue d’opposer une fin de non-recevoir malgré les efforts et concessions faits par le président du PPA-CI. À ce propos, on peut citer, entre autres, le soutien apporté par le PPA-CI, le 7 juin 2022, à la candidature d’Adama Bictogo à la présidence de l’Assemblée nationale. Même si Laurent Gbagbo lui donne son dernier pantalon, Ouattara continuera de faire les seules choses qu’il sait faire : museler, emprisonner et terroriser les Ivoiriens. « Vous vous affaiblissez afin qu’il [le tyran] soit plus fort, et qu’il vous tienne plus rudement la bride plus courte. Et de tant d’indignités que les bêtes elles-mêmes ne supporteraient pas si elles les sentaient, vous pourriez vous délivrer si vous essayiez, même pas de vous délivrer, seulement de le vouloir.  Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres. Je ne vous demande pas de le pousser, de l’ébranler, mais seulement de ne plus le soutenir, et vous le verrez, tel un grand colosse dont on a brisé la base, fondre sous son poids et se rompre. » Ne plus le soutenir sont, à mon avis, les 4 mots clés de la citation d’Étienne de La Boétie (1530-1563).

Pour que notre pays redevienne libre, il suffit que le PPA-CI cesse de soutenir Ouattara et il suffit que les Ivoiriens arrêtent de se soumettre.

Il n’est pas mauvais de pardonner à son bourreau mais quels résultats positifs le pardon de Laurent Gbagbo à Dramane Ouattara a-t-il produits jusqu’ici ? N’oublions pas cet adage de chez nous selon lequel « trop bon, trop couillon »!

Jean-Claude DJEREKE

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