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Le cri de Job est le cri de l’humanité : ce qu’il faut comprendre du 5e dimanche du temps ordinaire/Année B

La souffrance, la maladie et la mort de ceux que nous aimons peuvent nous faire crier, hurler. Elles peuvent même nous amener à incriminer ou à accuser Dieu de nous avoir abandonnés. C’est le cas de Job quand il déclare: “Vraiment, la vie de l’homme sur la terre est une corvée, il fait des journées de manœuvre. Comme l’esclave qui désire un peu d’ombre, comme le manœuvre qui attend sa paye, depuis des mois je n’ai en partage que le néant, je ne compte que des nuits de souffrance. À peine couché, je me dis: “Quand pourrai-je me lever?” Le soir n’en finit pas: je suis envahi de cauchemars jusqu’à l’aube. Mes jours sont plus rapides que la navette du tisserand, ils s’achèvent faute de fil.”
Le cri de Job est le cri de l’humanité souffrante, le cri des hommes et femmes qui autour de nous souffrent dans leur corps ou âme, le cri de ceux qui n’en peuvent plus, qui ne savent plus où donner de la tête, qui, à cause de la souffrance qui leur pourrit la vie ou les tue à petit feu, maudissent le jour où ils sont nés.
Que faire quand nous sommes en face des Jobs d’aujourd’hui? Dans l’évangile de ce dimanche, Jésus ne fait pas de discours sur le mal ou la maladie mais se rend auprès des personnes qui souffrent. En étant présent au chevet du malade, en tenant simplement sa main, il lui redonne de l’espoir, le remet debout. C’est cela prendre sur soi la fragilité de l’autre, partager sa peine, porter son fardeau, se charger de sa douleur.
Si Jésus guérit la belle-mère de Simon et d’autres malades de Capharnaüm, il ne guérit cependant pas tous les malades. Selon l’évangéliste Marc, il ne retourna pas auprès de ceux qui étaient venus chercher la guérison mais partit ailleurs le lendemain. Pourquoi? Parce qu’il est venu d’abord pour proclamer l’Évangile. “Cest pour cela que je suis sorti”, dit-il.
Pasteurs et prêtres ont pour mission première de proclamer l’Évangile, d’appeler à la conversion et ils doivent le faire comme l’apôtre Paul, c’est-à-dire “sans rechercher aucun avantage matériel et sans faire valoir leurs droits de prédicateur de l’Évangile”. Il n’est pas interdit à un serviteur de Dieu de recevoir des dons ou des offrandes mais exiger d’être payé en argent avant de faire une prière ou une imposition des mains, c’est pratiquer la simonie (vente des biens spirituels, sacrements, etc.) comme Simon le Magicien ou certains seigneurs féodaux, souverains et ecclésiastiques au Moyen-Âge et sous la Renaissance. L’Église a certes besoin d’argent pour son fonctionnement et pour l’entretien des agents pastoraux mais cela n’autorise pas ces derniers à faire croire aux fidèles laïcs que plus on donne, plus on obtient de grâces de la part de Jésus qui a pourtant dit aux apôtres: “Vous avez recu gratuitement, donnez gratuitement.” (Matthieu 10, 8 )
Les quêtes multiples organisées dans certaines paroisses peuvent être perçues comme un racket qui ne dit pas son nom par des fidèles quotidiennement dépouillés et clochardisés par un État inhumain et boulimique. Jésus affirme aujourd’hui qu’il était sorti pour proclamer l’Évangile, pas pour plumer les gens qui venaient à lui. Il est bon de s’en souvenir.
Jean-Claude Djéréké

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