«Le Brenuac entend resserrer son partenariat avec la CEEAC»

Les efforts conjoints entrepris par le Brenuac, l’Unowas et d’autres entités des Nations unies dans la région, y compris les activités d’analyse, de plaidoyer et de programmation conjointes, restent essentiels… Toutes les parties prenantes doivent mettre en œuvre la Stratégie régionale en faveur de la stabilisation, du redressement et de la résilience des zones du Bassin du Lac Tchad.

Après son appel à un cessez-le-feu mondial répercuté par son représentant spécial en Afrique centrale, François Louncény Fall, le secrétaire général des Nations unies revient à la charge à la faveur de l’évolution inquiétante de la situation humanitaire et des droits de l’Homme dans la sous-région, et plaide à nouveau pour une prise de conscience et une synergie d’actions.

Antonio Guterres

Des élections ont été organisées par plusieurs pays d’Afrique centrale. Dans certains cas toutefois, d’importantes restrictions à l’exercice des droits civils et politiques ont été observées et des griefs de plus en plus répandus se sont fait entendre au sujet de la gestion des élections. Cette situation a frustré les aspirations démocratiques et a conduit plusieurs acteurs et partis politiques à ne pas prendre part aux processus électoraux ou à se retirer de la course. Les États de la sous-région sont encouragés à promouvoir activement les droits et libertés civils et politiques de leur population, organiser des élections conformément aux délais constitutionnels et mettre en œuvre, dans le cadre d’un dialogue ouvert à toutes et à tous, des réformes électorales consensuelles favorisant des élections pacifiques, inclusives et crédibles qui préservent la paix et contribuent à la réalisation des objectifs de développement durable.

L’Onu encourage la mise en avant de plateformes régionales qui permettent de partager les meilleures pratiques dans le domaine des élections démocratiques ainsi que de règles qui régissent et instaurent des élections crédibles, transparentes, inclusives et pacifiques, conformément aux normes pertinentes en vigueur sur le continent et à l’échelle internationale. Mon représentant spécial continuera de mobiliser toutes les entités des Nations unies compétentes pour appuyer les efforts déployés dans ce domaine, notamment par la mise en œuvre de la Déclaration de Malabo sur les élections démocratiques et pacifiques comme moyen de renforcer la stabilité et d’atteindre les objectifs de développement durable en Afrique centrale, et de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. Dans ce contexte, l’action constante de l’Union africaine, de la CEEAC et de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, ainsi que le soutien des partenaires internationaux, sont essentiels, et une coordination renforcée entre tous les partenaires est nécessaire.

En dépit des efforts importants déployés à ce jour, la pandémie de Covid-19 continue de compromettre la stabilité politique et le progrès économique des États d’Afrique centrale. Essentielles pour juguler les répercussions sanitaires du virus, les mesures adoptées par les gouvernements afin de contenir la propagation de la Covid-19 ont néanmoins remis en cause les libertés fondamentales et accentué la pauvreté et les inégalités, en particulier chez les femmes et les jeunes. Les États membres de la CEEAC sont encouragés à faire en sorte que les stratégies adoptées pour lutter contre la pandémie soient conformes aux obligations qu’ils ont contractées en matière de droits humains et à promouvoir des stratégies de relèvement post pandémie qui donnent la priorité aux populations vulnérables, notamment les femmes et les jeunes.

La persistance des violences armées, y compris des mouvements internes et transfrontières de groupes armés, dans diverses parties de l’Afrique centrale, constitue une menace sérieuse pour la stabilité de l’ensemble de la sous-région, qui peut être lourde de conséquences dans une situation humanitaire déjà précaire, détériorée par les répercussions de la Covid-19. Les attaques terroristes de Boko Haram au Cameroun et au Tchad continuent de prélever un lourd tribut parmi les civils. La coordination entre les pays et les partenaires de la région du Bassin du Lac Tchad est essentielle si l’on veut parer à la menace que représente Boko Haram, s’attaquer à ses causes profondes et remédier à ses incidences sur les populations et les pays touchés.

Les efforts conjoints entrepris par le Brenuac, l’Unowas et d’autres entités des Nations unies dans la région, y compris les activités d’analyse, de plaidoyer et de programmation conjointes, restent essentiels pour faire face à l’impact de Boko Haram. Toutes les parties prenantes doivent mettre en œuvre la Stratégie régionale en faveur de la stabilisation, du redressement et de la résilience des zones du Bassin du Lac Tchad touchées par Boko Haram, notamment en achevant l’élaboration des plans d’action territoriaux et en les mettant en œuvre.

Je condamne les violences incessantes dirigées contre les civils, les écoles et le personnel et les biens des Nations unies et des organisations humanitaires dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest du Cameroun. Il n’y a pas de solution militaire à la crise qui sévit dans les deux régions. Les autorités camerounaises sont encouragées à donner la priorité au dialogue inclusif et à la réconciliation et à les promouvoir, ainsi qu’à poursuivre la mise en œuvre des recommandations issues du grand dialogue national. Conformément à ces recommandations, les autorités camerounaises sont également encouragées à tendre la main aux membres de la diaspora camerounaise, qui n’ont pas participé audit dialogue et continuent d’en rejeter l’issue, afin d’aborder les questions en suspens qui sous-tendent la crise.

J’exprime à nouveau mes plus sincères condoléances au peuple et au gouvernement tchadiens pour le décès du président Déby. Toutes les parties prenantes au Tchad doivent poursuivre la mise en œuvre d’un processus pacifique, inclusif et consensuel en vue d’un prompt retour à l’ordre constitutionnel et au régime civil. J’espère que les acteurs tchadiens feront preuve de la hauteur de vues, du dévouement à l’intérêt national, du courage et de la détermination nécessaires pour faire de ce moment charnière pour le Tchad une chance, pour tous les Tchadiens et Tchadiennes, d’avancer sur la voie d’une paix durable et d’un développement partagé.

Je demande à tous les acteurs de respecter l’intégrité territoriale du Tchad et de s’abstenir de recourir à la violence à des fins politiques. Le Tchad demeure lié par les obligations qui lui incombent, en droit international, de mettre en œuvre, de protéger et de respecter les droits humains, y compris le droit à la vie et le droit à la liberté d’expression et de réunion pacifique. L’Onu se tient aux côtés du peuple tchadien et continuera de collaborer étroitement avec l’Union africaine et la CEEAC pour aider le pays à construire un avenir pacifique et prospère.

L’Onu se félicite des initiatives prises à l’échelle régionale pour soutenir le processus de paix en République centrafricaine. La coordination des acteurs régionaux, agissant en étroite coopération avec l’Onu et les autres parties prenantes, reste essentielle pour une mise en œuvre intégrale du processus de paix. L’amélioration continue de la coopération bilatérale et régionale entre la République Centrafricaine et les pays de la région, y compris ses voisins, est encouragée.

La mobilisation internationale dans la lutte contre l’Armée de résistance du Seigneur demeure cruciale puisque le groupe armé continue de représenter une menace pour la paix et la sécurité en Afrique centrale et au-delà. Les partenaires régionaux, y compris l’Union africaine et la CEEAC, avec le soutien des partenaires internationaux, devraient renforcer les efforts et les synergies requis pour faire face à cette menace.

Les contributions notables de la CEEAC à la paix et à la stabilité en Afrique centrale ainsi que l’adoption de son plan stratégique conjoint avec le Brenuac pour 2021-2025 sont dignes d’éloges. L’Onu reste déterminée à aider la sous-région dans ses efforts vers une plus grande stabilité. J’appelle les États membres de la CEEAC à continuer de promouvoir et de consolider l’intégration régionale, qui est un facteur de paix et de prospérité durables.

Pour appuyer ces efforts, le Brenuac entend resserrer son partenariat avec la CEEAC aux fins de la prévention des conflits et du maintien de la paix en Afrique centrale, du renforcement de la gouvernance nationale et régionale, du relèvement des défis en matière de sécurité transfrontalière et de la promotion de la participation des femmes, des jeunes et de la société civile aux mécanismes d’alerte rapide ainsi qu’à la consolidation et au maintien de la paix.

En dépit de progrès notables et d’avancées institutionnelles observés en la matière au cours de ces dernières années, la fragilité persistante de la paix et de la sécurité en Afrique centrale motive l’Onu à poursuivre le soutien qu’elle y apporte, en particulier dans les domaines de la diplomatie préventive et de la consolidation de la paix. Par conséquent, je recommande que le mandat du Brenuac soit encore prorogé de trois ans, pour une période allant du 1er septembre 2021 au 31 août 2024.

Je voudrais remercier les gouvernements des pays de la sous-région, l’Union africaine, la Communauté économique des États de l’Afrique centrale, la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, la Commission du Bassin du Lac Tchad, la Commission du Golfe de Guinée et les autres institutions régionales et sous-régionales de leur collaboration constante avec le Bureau régional des Nations unies pour l’Afrique centrale. Je tiens également à exprimer ma gratitude à la Force multinationale mixte et aux pays fournisseurs de contingents pour leur dévouement et leur engagement au service de la paix et de la stabilité.

Je remercie en outre le gouvernement et le peuple gabonais de leur généreuse hospitalité et de leur soutien au Bureau régional. Je salue les diverses entités du système des Nations unies présentes en Afrique centrale, notamment les chefs des opérations de paix des Nations unies, des bureaux régionaux, des équipes de pays et d’autres entités, pour leur appui au Brenuac et leur collaboration avec ce dernier.

Enfin, je tiens à remercier mon représentant spécial, François Louncény Fall, et le personnel du Bureau régional, pour l’action qu’ils continuent de mener au service de la paix et de la sécurité en Afrique centrale.

 

Source : Brenuac/Unoca

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