Jeux Olympiques : L’Afrique infantilisée…

Le 09 octobre prochain, la commission exécutive du Comité international olympique (CIO) désignera, sauf coup de théâtre, le Sénégal pour abriter les 4èmes Jeux olympiques de la jeunesse d’été (JOJ).

Vendredi 07 septembre, ladite commission a recommandé la candidature du pays de la Teranga à l’organisation de cette compétition. La décision définitive est attendue pour le 08 octobre. Prévue en 2022, cette version minime des Jeux olympiques concerne les jeunes athlètes âgés de 14 à 18 ans. Pour l’édition 2018, Buenos Aires se prépare à accueillir 3 834 compétiteurs et 206 délégations.

Pour Ibrahima Wade, vice-président du Comité national olympique et sportif sénégalais (CNOSS), c’est «tous les sportifs africains, tous les dirigeants sportifs africains, qui voient leurs efforts et leur persévérance, après tant d’années au sein des instances internationales du sport et de l’olympisme mondial ainsi récompensés».

Attribution

«C’est au tour de l’Afrique», a lancé Thomas Bach, le président du Comité international olympique (CIO), dans un communiqué du 07 septembre. «L’Afrique est la terre natale de tant et tant de grands athlètes olympiques. L’Afrique est un continent peuplé de jeunes. C’est pourquoi nous voulons amener les Jeux olympiques de la jeunesse de 2022 en Afrique et au Sénégal», a-t-il argumenté.

La décision d’organiser les JOJ 2022 en Afrique a été prise en février dernier. Etaient en lice pour l’organisation : le Nigeria, le Botswana et la Tunisie. Le pays hôte sera élu les 08 et 09 octobre par la session du CIO à Buenos Aires. La candidature sénégalaise, selon le communiqué du CIO, est centrée sur trois lieux : la capitale, Dakar, la nouvelle ville de Diamniadio et la station balnéaire de Saly. «Le projet du Sénégal s’inscrit dans la stratégie de développement globale du pays, notamment le “Plan Sénégal Émergent” mis en place par le gouvernement en vue d’entreprendre de grands changements sur le plan économique et d’améliorer les infrastructures», argumente le document. A Dakar, on se vante bien de cette robustesse du dossier!

Infantilisation

Attribution en trompe l’œil ou arbre qui cache la forêt ? On n’en n’est pas bien loin. «Le CIO a besoin de conquérir de nouveaux territoires. Actuellement, deux espaces échappent à l’olympisation du monde, la capacité du Comité à être présent sur tous les territoires de la planète: l’Inde et l’Afrique. Le CIO a besoin d’organiser les JO sur le continent africain le plus tôt possible», explique Patrick Clastres, historien du Sport et directeur du Centre d’études olympiques & de la globalisation du sport (ISSUL).
Depuis 1896, cet évènement planétaire a fait le tour du monde, de Los Angeles à Tokyo, en passant par Paris. Mais jusqu’ici la flamme olympique n’a illuminé aucune ville africaine. Une tendance qui n’évoluera pas pour les deux prochains Jeux.

«Le CIO est beaucoup moins progressiste que la FIFA. Son image est encore trop élitiste et elle a toujours un coup de retard sur l’instance du football», poursuit le professionnel. Penser, comme l’expriment sous anonymat certains membres du CIO, qu’il s’agit d’un «test grandeur nature pour le continent africain», relève d’une homogénéisation par le bas d’un continent varié, diversifié et pluriel en matière de valeurs, de développement et de structuration de l’économie du sport. Au-delà des Jeux olympiques, il y a les jeux politiques et donc la géopolitique. De quoi protège-t-on l’«Afrique» ?

Zacharie Roger Mbarga

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!