Jérusalem, une fracture pour l’Afrique !

A la veille de la Nakba (exode de 700.000 Palestiniens suite à la création de l’État d’Israël en 1948) et de la commémoration de l’indépendance d’Israël, l’Amérique de Donald Trump a symboliquement inauguré son ambassade transférée à Jérusalem.

 

Une inauguration aux allures de reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, en violation du droit international et des résolutions successives des Nations unies (résolutions 242 et 478 du Conseil de sécurité). Le 21 décembre 2017, l’Assemblée générale de l’Onu avait condamné par vote (128 voix contre 9 et 35 abstentions) la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

Dans cette lutte de droit et d’intérêts, l’Afrique apparait très divisée. Si la Tunisie a interpelé la responsabilité américaine dans les violences à la frontière avec la bande de Gaza, l’Afrique du Sud, quant à elle, a rappelé son ambassadeur avec effet immédiat après la mort de 55 Palestiniens à la frontière. Cette décision s’expliquant par la proximité historique entre l’ANC et l’autorité palestinienne.

Bravant tout questionnement sur le continent, douze pays africains ont assisté à l’inauguration de la mission diplomatique des Etats-Unis d’Amérique. Il s’agit de l’Angola, du Cameroun, de la République du Congo, de la Côte d’Ivoire, de l‘Ethiopie, du Kenya, du Nigeria, du Rwanda, du Soudan du Sud, de la Tanzanie, de la Zambie et de la République du Soudan. Plusieurs de ces pays sont d’ailleurs membres de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), proche idéologiquement et religieusement de la Palestine.

Parmi ces pays, d’aucuns font face à des mouvements de sécession et d’indépendance. D’autres en ont souffert. Certains connaissent la légitimité de l’histoire et du droit international dans la violation des espaces terrestres. Au niveau social, des manifestations ont été menées sur le continent. C’est le cas en Mauritanie et au Sénégal. La société civile est montée au créneau pour dénoncer la décision américaine.

L’Union Africaine (UA), organisation continentale de 54 pays, a fait entendre sa position. Pour elle, «la relocalisation de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem ne peut qu’aggraver les tensions dans la région et compliquer encore davantage la recherche d’une solution durable au conflit israélo-palestinien». Le président de la Commission de l’UA rappelle d’ailleurs «la solidarité de l’Union africaine avec le peuple palestinien dans sa quête légitime d’un État indépendant et souverain avec Jérusalem-Est pour capitale»

Valeurs idéologiques ?

L’histoire renseigne que les peuples noir et juif ont le plus subi la persécution et l’humiliation. On pourrait sans doute se mettre à rêver que ceux-ci soient des chantres invétérés de la cohabitation pacifique, du dialogue, de la justice et de la paix. Le capitalisme étant passé par là, on est aujourd’hui plus enclin à préserver ses intérêts et à faire attendre les idéaux qui valorisent l’humanité et le bien être humain. Sinon comment comprendre que la plupart de ces pays, qui s’étaient abstenus à l’Onu en décembre 2017, ont répondu présents à l’exception du Togo, qui avait lui voté favorablement.

Le durcissement de ton de Washington a donc eu l’effet escompté. En décembre dernier, l’administration américaine n’avait pas digéré l’issue du vote. Nikki Haley, ambassadrice des USA à l’Onu avait alors déclaré : «les Etats-Unis se souviendront de ce jour où ils ont été pris pour cible à l’assemblée générale pour le simple fait d’avoir exercé leur droit de nation souveraine.

Nous nous en souviendrons lorsque l’on nous demandera à nouveau d’être les principaux contributeurs des Nations unies». Donald Trump avait, pour sa part, menacé de frapper au portefeuille en ces termes: «nous prenons note de ces votes. Tous ces pays qui prennent notre argent et ensuite votent contre nous au Conseil de sécurité».

Depuis l’annexion par Israël de Jérusalem-Est en 1967, la ville est intégralement sous administration civile israélienne (siège du pouvoir des institutions de pouvoir: Knesset, gouvernement). Tel Aviv et d’autres villes accueillant les chancelleries.

Zacharie Roger Mbarga

 

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