J’ai le Corona

Depuis quatre jours, je traine un rhume. Est-ce du fait du changement de saison ou de la contamination au Corona virus? A la maison, je me fais appeler malicieusement «Corona» par mon épouse. Dans la rue, rien à signaler. Je suis comme un poisson dans l’eau. Même si, dans de très rares occasions, je dois me moucher, pour libérer mes narines. Mais cela ne suffit pas pour attirer l’attention.

En début de week – end dernier, je me suis retrouvé à tout hasard devant ma banque. Trois jours après mon premier écoulement de nez. On m’a désinfecté les mains et imposé la traversée d’un portillon spécialement dédié aux clients accédant à la banque. En ressortant de l’édifice, après mes opérations bancaires, je pose la question au vigile de service: «Si j’avais été malade, ce portillon aurait-il alerté?» Réponse par l’affirmative.
En suis-je pour autant rassuré? A l’observation, avec le coronavirus, chacun de nous est un malade qui s’ignore.

Par conséquent, mes pensées s’orientent prioritairement vers tous les malades réels ou présumés de ce redoutable virus. Une pensée particulière pour le Cameroun et l’Afrique centrale, où la riposte s’organise dans une ambiance d’insouciance populaire, de stigmatisation et surtout de moyens limités.

De fait, la grande majorité de la population camerounaise affiche une inconscience déconcertante au train de mesures du Gouvernement contre le Coronavirus. Dans les villes, les lieux de plaisirs continuent à faire salle comble. Dans les villages, «le Coronavirus, c’est pour les citadins». Dans la foulée, un doigt accusateur est pointé vers ces «voyageurs venus d’ailleurs», qui propagent la maladie en Afrique et au Cameroun.

La population camerounaise a choisi l’excuse facile pour se faire bonne conscience et démissionner face aux responsabilités inhérentes à la lutte contre Coronavirus. Une fuite en avant sans issue, qui pourrait aboutir à une contamination à grande échelle de la population. L’Europe l’expérimente aujourd’hui à ses dépens. Et le Cameroun tarde à en tirer les leçons.

Pourtant, l’heure est grave. La «guerre contre le coronavirus» ne saurait être la seule affaire du Gouvernement et des malades. Les ordres religieux prêchent déjà par le bon exemple. Aux autres acteurs du champ social d’en faire autant. Nous en appelons à l’union sacrée de tous, pour une montée en puissance de la lutte contre le virus au Cameroun et dans la sous-région.

Notre survie et notre avenir à tous en dépendent. Prévenir vaut mieux que guérir. Cassons la chaine de la contamination à travers des gestes simples: lavement régulier au savon et à l’eau des mains; l’évitement des places de fortes concentrations humaines; le silence autant que faire se peut; la limitation des civilités habituelles; la consultation des services sanitaires en cas de besoin… Prompt rétablissement!

Thierry Ndong Owona

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