Investissements en Afrique : Le zis et le zes des opérateurs économiques

Selon les chefs d’entreprises africains interrogés par le cabinet d’audit Deloitte et l’Africa CEO Forum, les perspectives d’affaires en Afrique sont plongées dans une grande incertitude par la Covid, mais la Zlecaf offre des perspectives heureuses.

Le quartier général de la Zlecaf affiche fière allure à Accra

150 chefs d’entreprises africains exerçant dans 30 pays du continent plébiscitent la Côte d’Ivoire comme pays le plus attractif aux investissements. Ces chefs d’entreprise répondaient à la question «quels pays africains vous semblent les plus attractifs pour investir à l’heure actuelle?». Ils ont été interrogés au début de l’année puis entre avril et juin. Sur les 10 premiers pays attractifs pour les chefs d’entreprise, l’Afrique de l’Ouest classe 4 à savoir la Côte d’Ivoire (1er), le Ghana (3e), le Sénégal (4e) et le Nigeria (7e).

La seconde édition du baromètre Index de l’attractivité des investissements en Afrique (IAIA) a été publiée mardi 22 septembre dernier par l’Africa CEO Forum et le cabinet Deloitte. Le classement des dix meilleures destinations est complété par le Kenya (2e), le Rwanda (5e), l’Éthiopie (6e), le Maroc (8e), la RDC (9e) et l’Afrique du Sud (10e).

L’enquête auprès des chefs d’entreprises du continent n’a pas vocation à analyser les conditions d’investissement ou la facilité de faire des affaires dans les pays en question. Elle vise à donner un aperçu de la volonté d’investissement des dirigeants du secteur privé. Dénommée Africa CEOs Survey, elle livre d’autres informations sur les dispositions d’investissements des patrons africains en 2020.

Covid-19

La crise sanitaire liée à la pandémie mondiale de coronavirus a eu des répercussions sans précédent sur l’univers des affaires en Afrique. Et cela se ressent sur les opérateurs économiques interrogés. 95% des CEOs africains interrogés ont observé un impact négatif sur leurs activités. Leur optimisme dans les affaires en Afrique pour l’année en cours est très affecté. Il est notamment de 80% à 25%. Mais le niveau de confiance reste élevé pour un retour à la normale d’ici courant 2021. Comme une espérance pour sauver les bizness.

La Covid aura toutefois servi de catalyseur pour la digitalisation dans la pratique des affaires. Les opérateurs économiques estiment que la Covid-19 entraine la rationalisation des couts avec l’introduction de la digitalisation. Toute chose qui commande la revue des chaines de valeurs et va même entrainer la renégociation de certains contrats à long terme. À titre d’illustration, le télétravail impose des ajustements nouveaux et même la prise en compte de nouvelles priorités pour la performance du capital humain. Dans ce contexte, la simplification des procédures administratives devient incontournable.

Zlecaf

Un des rares enthousiasmes de cette étude, c’est l’ouverture du marché unique du continent africain. Les chefs d’entreprise appellent de tous leurs vœux la zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Cette opportunité représente un potentiel de croissance inestimable pour les entreprises, avec l’élimination des droits de douane et l’harmonisation des procédures frontalières pour le commerce transfrontalier. Pour un projet qui porte sur la libéralisation du commerce, les opérateurs économiques demandent sans surprise à être davantage impliqués dans le processus de négociation et de construction de la Zlecaf ou de ce qui reste (seconde phase). Ils estiment que le processus ne peut plus être uniquement porté par les pouvoirs publics. C’est une exigence!

Bobo Ousmanou

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