Intégration régionale : La CEEAC a son nouveau document de stratégie

Du 10 au 12 septembre 2018, se sont tenues à l’Hotel Radisson Blu de Libreville au Gabon, les consultations régionales sur le document de stratégie d’intégration régionale (DSIR) de la Banque africaine de développement (BAD) pour l’Afrique centrale (DSIR-AC) 2018-2025.

Cet atelier, organisé par la direction générale Afrique centrale (RDGC) de la BAD, a réuni des représentants des pays couverts par RDGC (Gabon, Cameroun, Congo, Tchad, RDC, RCA et Guinée Equatoriale), des communautés économiques régionales (CEMAC et CEEAC), y compris les institutions spécialisées telles que la Commission des Forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC), le Pool énergétique d’Afrique centrale (PEAC), la Commission internationale du bassin du Congo-Oubangui-Sangha (CICOS), l’Organisation africaine de la propriété Intellectuelle (OAPI) etc., des représentants du secteur privé, des associations des femmes, des Chambres de commerce, des représentants de la société civile, et des partenaires au développement (OIF, PNUD, Union Européenne, Agence française de développement, OAPI, etc.).

I. Conclusions et Recommandations
Les Participants ont confirmé la pertinence des orientations stratégiques, à savoir l’objectif général ainsi les deux piliers retenus dans le DSIR 2018-2025 de la Banque africaine de développement pour l’Afrique centrale. En l’occurrence, l’objectif général est d’« améliorer le commerce intra-régional pour soutenir une croissance économique inclusive et la transformation structurelle en Afrique centrale ».

Les deux piliers proposés sont les suivants : le renforcement et la connectivité des infrastructures régionales (électricité, transport et TIC), et les réformes pour soutenir le développement du commerce intra régional et le renforcement des capacités institutionnelles au plan régional.

Orientations stratégiques du Document de stratégie d’intégration régionale (DSIR) – Afrique centrale – 2018-2025

• L’importance de tenir compte du Plan stratégique à court terme de la CEEAC et des autres documents de stratégie régionales sectorielles (Mines, Forêts, etc) dans le cadre de la finalisation du DSIR 2018-2025 ;

• La nécessité d’accorder une importance aux défis sécuritaires de la région, sans lesquels la mise en place de projets intégrateurs pourrait s’avérer difficile ;

• La nécessité de mieux intégrer la production et l’exploitation des biens immatériels (brevets, marques, licences ; etc.) dans le DSIR-AC ;

• Le renforcement des liens entre le DSIR et les documents de stratégies pays d’une part et la nécessité d’inscrire les projets régionaux dans les priorités nationales, pour faciliter leur mise en œuvre, d’autre part ;

• La nécessité pour la Banque de se focaliser sur quelques chaines de valeur clés, en vue d’obtenir des résultats plus probants ;

• La nécessité d’associer aussi les acteurs non étatiques à l’opérationnalisation des projets qui seront mis en œuvre dans le DSIR, notamment en termes de renforcement de capacités.

• La nécessité d’adopter une approche intégrée dans la définition des projets entrant dans la mise en œuvre du DSIR ;

Développement des infrastructures régionales (Transport et énergie)

• La nécessité d’aligner les programmes prioritaires de développement des infrastructures régionales sur les potentialités de développement des chaines de valeur régionales ;

• La nécessité d’aider à faire avancer les travaux des Tables rondes déjà organisées pour une meilleure exécution de grands projets intégrateurs. Une plus grande implication de la Banque est souhaitée dans la mobilisation des financements internationaux pour la réalisation des projets régionaux pour lesquels des études de faisabilité existent.

• La nécessité de prendre davantage en compte les voies de navigation fluviales ;

• La nécessité de concilier le développement des infrastructures physiques et les entraves institutionnelles au développement des échanges ;

• La nécessite d’appuyer la préparation d’une politique énergétique au niveau régional et d’aider les Etats dans l’élaboration de politiques nationales dans ce domaine ;

• La nécessité de considérer la question du mix-énergétique et les autres sources d’énergie à développer (notamment la biomasse) pour soutenir la transition énergétique ;

• La nécessité de prendre en compte le secteur des TICs dans le programme régional d’infrastructures ;

• La nécessité pour la Banque de prendre en compte les difficultés de mobilisation des fonds de contrepartie nationale pour les projets régionaux en cours d’exécution, compte tenu des contraintes budgétaires des Etats ;

• La nécessité de poursuivre et de renforcer le financement des infrastructures à l’échelle régionale pour réduire les fragilités identifiées, notamment l’exclusion spatiale. Les domaines prioritaires seraient les routes, l’énergie, les NTIC.
Développement du secteur financier et des investissements privés en Afrique centrale

• Nécessité de Renforcer la digitalisation des opérations (développement de la monnaie électronique)

• Nécessité de soutenir la création de plateformes pour les institutions de microfinance, afin de les amener au respect des normes fixées par les Banques centrales, ce qui pourrait contribuer au développement du mobile Banking

• Universalisation des opérations dans l’espace CEMAC pour réduire les couts de transaction sur les coopérations commerciales et bancaires

• Uniformisation des couts des opérateurs mobiles

• Le rapatriement des recettes d’exportations des multinationales opérant dans l’espace régional

• Développement des instruments de financement ciblés et adaptés pour certains secteurs d’activité industrielle de transformation : Exemple de l’industrie du bois

• Appui à la mobilisation des fonds fiduciaires dédiés pour le financement des opérations de préservation de la nation ou de lutte contre les changements climatiques

• Encourager la mise en place de mécanismes monétaires (Chambre de compensation) pour faciliter le développement des échanges dans un contexte « multi monétaire » (6 monnaies dans la CEAAC)

Intégration régionale et cohésion sociale

• Identification et promotion des projets à fort impact social notamment dans les zones transfrontalières en vue de renforcer la cohésion sociale

• Développement d’un axe innovant sur la promotion de la culture d’intégration communautaire pour la construction des communautés des destins (dimension socio-culturelle, approche historique sur les liens entre communautés transfrontalières, etc.)

• Promotion des langues locales pour réduire les séparations communicationnelles et spatiales ;

• Soutien de la création des zones économiques transfrontalières.

Facilitation des échanges en Afrique centrale

• Accorder une priorité de mettre en place des corridors SMART dans la région pour mieux faciliter les échanges.

• Harmonisation des textes nationaux en vue de promouvoir un espace communautaire commun (Textes douaniers, fiscalité intérieure, charte des ports, Code des investissements, etc.) à l’image ce qui se fait en Afrique de l’Est.

• Promouvoir la digitalisation des procédures commerciales en vue de réduire les pratiques néfastes (polices et douanes)

• Formuler un cadre de facilitation du commerce devrait être mis en place entre la CEEAC et la CEMAC

• Mettre en place un observatoire des trafics transfrontaliers et des comités de gestion des corridors pour la coordination des actions en matière de facilitation des échanges

Ressources forestières et enjeux liés au climat et à l’environnement

• Mettre en place ou renforcer des cadres institutionnels pour la préservation des biens publics régionaux.

• Intégrer les institutions régionales spécialisées sur les questions de climat et de forêt dans la stratégie de lutte contre les changements climatiques de la Banque

• Accompagner les pays à respecter les engagements souscrits dans le cadre de « défis de Bonn » liés à la restauration des paysages forestiers

• Soutenir l’amélioration de la gouvernance des ressources en eau de la région ;

• Accompagner les pays dans la mise en œuvre de leurs CDN y compris dans la recherche de financements externes.

• Soutenir davantage la mise en œuvre de l’économie verte dans la région Afrique centrale

• Prendre en compte dans le DSIR la problématique de la prévention et la gestion des risques et catastrophes naturels.

Développement des chaines de valeur régionale et approfondissement de l’intégration régionale en Afrique centrale

• Promouvoir une politique d’intégration basée sur les avantages comparatifs des Etats tout en restant vigilant sur la création de valeurs ajoutées nationales.

• Soutenir le développement des capacités humaines dans les filières à forte potentialité de valeur ajoutée nationale

• Exploiter les programmes existants en matière de propriété intellectuelle dans le cadre du développement des chaines de valeurs dans la région ;

Réflexion sur la mise en œuvre d’un cadre de coopération entre les principaux bailleurs pour une mise en œuvre efficace et efficiente de l’agenda d’intégration régionale

• Un Consensus s’est dégagé sur la nécessité de la mise en place d’une plateforme de concertation des partenaires sur l’intégration régionale en Afrique centrale, de même que les thématiques couvertes par chaque partenaire avec des possibilités de renforcement de complémentarité

• La Banque assurera le secrétariat de la plateforme de concertation dont la formalisation pourrait intervenir plus tard

• Les détails du fonctionnement de la plateforme seront fixés au fur et à mesure des interactions entre les partenaires.

 

Communiqué de Presse

Élaboration d’une Politique Touristique Commune en zone CEMAC

Après l’organisation de l’atelier sous régional pour l’élaboration de la Politique Minière Commune en zone CEMAC tenu à Douala du 06 au 10 août 2018, le Commissaire en charge du Département des Infrastructures et du Développement Durable, S.E.M SHEY Jones YEMBE, a présidé la réunion sous régionale sur la Politique Touristique Commune en zone CEMAC du 03 au 07 septembre 2018 à Douala (Cameroun).

Cette réunion a, principalement, porté sur l’actualisation des TDR du projet de Développement du Tourisme durable dans les Parcs les Aires Protégées Transfrontalières en zone CEMAC et de l’activation de la Commission Permanente du Tourisme CEMAC.

Après la mise en place du nouveau bureau de la Commission Permanente du Tourisme, les participants ont pris connaissance du Réseau des Experts du Tourisme Durable d’Afrique Centrale (RETAC), à propos duquel ils ont suggéré à la Commission de la CEMAC de mettre à profit son expertise, dans un cadre à définir, pour la conduite de toutes les activités de développement du tourisme en zone CEMAC.

Les présentations des politiques nationales du tourisme qui ont suivi ont montré que la zone CEMAC regorge un potentiel touristique riche et diversifié, notamment en matière de parcs nationaux et aires protégées transfrontalières mais, qui est peu valorisé. En effet, sur 57,77 millions des touristes internationaux qui ont visité l’Afrique en 2016, selon l’Organisation Mondiale du Tourisme, la zone CEMAC (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, République Centrafricaine, Tchad) n’en a reçu que 1,4 million selon la BAD. D’où l’importance de cette étude pour améliorer l’attractivité de la destination CEMAC.

Pour y parvenir, les experts ont actualisé et adopté les Termes de Référence de l’étude portant sur le projet de Développement du Tourisme durable dans les Parcs et les aires Protégées Transfrontalières en zone CEMAC. En prévision de ce projet et pour internaliser les mécanismes et les outils de planification et de gestion des activités dans les Parcs et les Aires Protégées, les experts ont formulé les recommandations suivantes:

A la CEMAC de :
1- organiser un atelier de renforcement des capacités des membres de la Commission Permanente du Tourisme en montage des projets et mobilisation de fonds;

2- présenter un espace CEMAC au FITUR en vue de promouvoir des projets communautaires à l’INVESTOUR ;

3- organiser un salon sous régional sur l’écotourisme;
4- organiser un atelier sous régional sur les statistiques du tourisme.

A l’OMT de :
1- accompagner les Etats de la CEMAC dans la mise en place de la Politique Communautaire du Tourisme ;

2- appuyer les Etats de la zone CEMAC dans à la production des statistiques de base.

3- Aux Etats membres de la CEMAC de :
1- mettre en place d’un document de stratégie de développement du tourisme;

2- appliquer sans réserve le texte sur la libre circulation en zone CEMAC

Avant de clôturer leurs travaux, les experts ont adressé une motion de remerciement à Monsieur Zurab POLOLIKASHVILI, Secrétaire Général de l’Organisation Mondiale du Tourisme, Au Professeur Daniel ONA ONDO, Président de la Commission de la CEMAC et à Monsieur Paul BIYA, Président de la République du Cameroun, Chef de l’Etat pour leur attachement à l’intégration économique en zone CEMAC.

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