Insécurité : Douala de nouveau infesté de «microbes»

Dans la cité, les peurs font écho à une situation sociale réellement mouvante où les violences augmentent.

«Les microbes», c’est l’insécurité en actes. Ça cogne, frappe, vole, viole, se proclame, hurle, se tague et bien souvent tue à l’aide d’armes blanches. À Ndogbong, dans le 5e arrondissement de Douala, apprend-on de sources policières locales, on en finit pas de relever mises en scène des bandes de jeunes. Signalés il y a quelques années au célèbre «Carrefour Ndokoti», les «microbes» ont réactualisé le spectre de l’insécurité, principalement lors de razzias dans les quartiers rivaux, soit en réponse à la mort d’un camarade, soit en représailles d’une expédition menée par la bande opposée. Selon une échelle variable de barbarie, l’on évalue à environ 50 le nom de cruautés: démonstrations de force, souffrances, défiguration et autres formes de tortures, rackets, amputations et décès.

Peur dans la cité
Dans leur surenchère de la violence, ils ont désarçonné plus d’un citoyen. Relativement à la situation, les habitants de la capitale économique semblent avoir été pris de court par la spontanéité et l’hétérogénéité des «microbes». Le flou, indéniable, n’est pas sans rapport avec la géographie et à la sociologie de la de la ville. Selon certaines indiscrétions policières, ces jeunes âgés entre 12 et 20 ans promettent d’inscrire leurs «actions» dans la durée. Et les plus craints ne sont pas les leaders, mais bien les plus petites jeunes recrues en quête de «respect». Certains habitants disent qu’ils sont «incontrôlables» et «tyranniques». «On les voit armés de poignards, de machettes et de gourdins et s’attaquent à tout le monde», décrit un commerçant. Parmi les populations, beaucoup répugnent à en parler ouvertement par peur de représailles.

Toutefois, 18 août dernier, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua indiquait que les autorités sécuritaires repris la main dans la lutte contre l’insécurité. S’exprimant lors de la restitution des travaux de la première conférence semestrielle des régions, tenue les 8 et 9 août 2022 à Yaoundé, le gouverneur de la région du Littoral a évoqué le sujet. «Ce terme de ‘’microbe’’ est impropre à la ville de Douala. Nous avons un bilan qui se fait établir par les autorités à chaque fois. C’est un combat que nous menons. Mais nous disons également que la population doit nous aider», a-t-il dit.

Diane Kenfack

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