Initiation au secourisme : La Croix-Rouge camerounaise parie sur les enfants

Lancé il y a cinq semaines et modéré par l’institution humanitaire au bénéfice des 7-13 ans, le programme «Vacances-loisirs, vacances –secours» s’est achevé le 17 août 2018 à Yaoundé.

Les pupilles de la Croix-Rouge camerounaise ont reçu leurs parchemins

Des bambins qui simulent un accident sur la voie publique. Les uns et les autres s’appliquent dans cette «situation d’urgence». En attendant les spécialistes, ils font les premiers gestes : appel des médecins, prise en charge des blessés… C’est peu connu, mais les gestes qui sauvent, on peut les apprendre dès le plus jeune âge. Cette année, à travers l’opération «Vacances-loisirs, vacances –secours» sur lequel le rideau tombe ce jour au siège de la Croix-Rouge camerounaise (CRC), un programme destiné aux 7-13 ans issus des établissements scolaires de Yaoundé a été conçu. «Il s’agit d’un concept que défend notre institution. Il s’inscrit d’ailleurs en droite ligne avec l’un de nos objectifs consistant à avoir au moins un secouriste par famille partout au Cameroun. Il permet de former, en cinq semaines seulement, les enfants de cette tranche d’âge à identifier un arrêt cardiaque, par exemple», émet Nicolas Mbako. Car, ajoute le secrétaire général de la CRC, «les enfants ont beaucoup de potentiel et voient les choses différemment, ce qui peut aider dans des situations difficiles. Les parents doivent savoir qu’en cas d’urgence, ils peuvent compter sur eux».

Une formation adaptée

Mais avec les petits, comment s’y prend-on ? Pour leur âge, la CRC a conçu des modules spécifiques enrobés dans des jeux, des associations d’images, des petits conseils pratiques sur le comment sauver la vie d’autrui. L’ensemble, animé par des moniteurs assermentés, a été bâti autour de divers thèmes: Comment intervenir en cas d’urgence ; le système des services médicaux d’urgence ; vérifier, appeler, secourir ; urgences des voies respiratoires ; premiers soins en cas d’arrêt respiratoire et cardiaque ; blessures à la tête et à la colonne vertébrale.

L’objectif est d’ailleurs plus civique que réellement technique. L’on comprend dès lors que «Vacances loisirs, vacances secours» n’attend pas de l’enfant qu’il soit capable de faire un geste techniquement irréprochable. L’essentiel est qu’il soit en mesure, à son niveau, de se rendre utile en cas d’accident ou tout au moins qu’il soit sensibilisé à l’importance d’une démarche d’assistance à une personne en danger. «Nous avons voulu adapter la pédagogie, lui donner un côté ludique pour attiser la curiosité de l’enfant et lui inculquer des réflexes de citoyenneté et de mesure du risque», souligne Nicolas Mbako.

Ce dernier détaille que durant leur séjour au sein de l’institution humanitaire, ces enfants ont appris des règles simples, comme ne pas jouer avec les prises électriques ou ne pas mettre des pièces dans la bouche, demander pardon. «Extension faite sur la mémorisation des numéros d’urgence, l’appel aux voisins en cas de danger ou encore la peur du gendarme. De quoi donner du contenu aux diplômes reçus par la trentaine de participants de cette année», conclut Nicolas Mbako. Les concernés en sont d’ailleurs fiers. Brandissant leurs parchemins, tous assurent qu’ils sauront les mettre en valeur… au cas où.

Jean-René Meva’a Amougou

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