Industrialisation de l’agriculture: le Cameroun aux avants-postes

A Douala, le 29 Juillet 2019, près de 300 opérateurs économiques privés sont venus discuter avec Alamine Ousmane Mey. Face au ministre de l’Economie, du Plan et de l’Aménagement du territoire (Minepat), ces patrons d’entreprises ont proposé l’agriculture de seconde génération comme la voie royale à adopter, pour faire du Cameroun pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure.

Pour étayer leur proposition, les interlocuteurs du Minepat ont montré comment le secteur agricole a été lésé par les pouvoirs publics. Au cours de leur argumentaire, les uns et les autres sont revenus sur la tenue de la table-ronde de l’agriculture de seconde génération. Annoncé depuis 2010 par le président de la République, l’événement n’a jamais eu lieu. «C’est l’un des points de départ de l’échec de la phase I du DSCE», a bruyamment souligné l’agro-industriel Augustin Kamga. «Le gouvernement avait prévu de moderniser l’outil de production afin de faciliter l’accès aux moyens de production (terres, eau et intrants agricoles), de promouvoir l’accès aux innovations technologiques en renforçant les liens entre recherche et formation; et d’améliorer la compétitivité des chaînes de production ; mettre l’accent sur le développement de grandes exploitations agricoles dans différentes régions afin de tirer parti des économies d’échelle et de permettre une croissance substantielle de la production ; s’employer également à améliorer l’accès aux zones de production afin que les grandes plantations comme les petites exploitations puissent exprimer pleinement leur potentiel», a rappelé Augustin Kamga. A l’évaluation, le constat est amer. Rien n’a été fait.

Christophe Eken, Président de la chambre de l’industrie et de l’artisanat corrobore les propos du Minepat Alamine Ousmane Mey et estime que : « la plupart des paramètres de la première phase n’ont pas été atteints. Nous avons fait nos propositions au ministre dans plusieurs secteurs qui sont au nombre de 09. Mais nous remarquons qu’aucun pays au monde ne s’est développé, et qui a connu une révolution industrielle sans révolution agricole. Par exemple aux Etats Unis avec le plan Marshal qui a été un plan pour la révolution agricole de base, la monoculture en Chine. Il faut qu’on développe notre agriculture. On est gêné qu’en allant sur les étalages au marché qu’on trouve que 90% des marchandises sont importées ».

Comme proposition concrète au DSCE II, les patrons d’entreprises ont réitéré que l’examen à mi-parcours du programme d’options stratégiques pour le pays exige de mettre l’accent sur le renforcement des capacités des organisations paysannes, la modernisation de l’agriculture familiale. Pour en tirer profit, les travaux de planification actuels devraient positionner au centre des priorités un programme d’aménagement des zones économiques prioritaires en cohérence avec la planification industrielle.

 

Alain Biyong

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