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Mondoblog: Et de 4 !

Écrit par  Didier Ndengue, à Dakar
Pendant la formation à Dakar Pendant la formation à Dakar

La dernière cuvée de blogueurs de Radio France Internationale a été formée aux bonnes pratiques de la rédaction sur le web du 28 novembre au 06 décembre 2015 à Dakar.

Ils sont 70 au total à avoir été sélectionnés par les responsables de Mondoblog (monde de blog) cette année. Durant dix jours, la 4e saison de Mondoblogueurs a été formée sur la maîtrise des techniques de rédaction sur le web, des réseaux sociaux, du référencement (SEO), de la photographie, de la vidéo, des questions de sécurité informatique et de la déontologie du blogueur. Dakar, la capitale sénégalaise, a été choisie cadre de formation des blogueurs de Radio France Internationale (Rfi). C’est précisément au siège de l’Agence universitaire de la francophonie (Auf) que tous les modules ont été dispensés. Les apprenants venus d’une vingtaine de pays des quatre coins du monde ont reçu des enseignements sur les tutoriels, la gestion d’un blog, les  insertions d’un lien, d’un son, d’une vidéo, une image libre de droit sur internet  et la charte de Mondoblog.

 

Méthode

Comme des journalistes, chaque texte d’un blogueur doit répondre aux 5W (qui, quand, comment, pourquoi, où). A cette question, une bonne partie de blogueurs n’a pas pu apporter une réponse satisfaisante. Mais ils ont immédiatement été corrigés par Ziad Maalouf, journaliste en service à Radio France internationale (Rfi) qui était assisté de ses trois autres collègues: Simon Decreuze, Mélissa Barra et Manon Mella. A Dakar, il était donc question d’interroger les blogueurs sur ces textes qui régissent la plateforme francophone. C’est en révisant la charte de Mondoblog qu’on constate qu’un blogueur a les mêmes responsabilités pénales qu’un journaliste. Comme ce dernier, il doit éviter plusieurs comportements de nature à le traduire devant les tribunaux. La diffamation, les injures, le racisme, la xénophobie, le chantage, sont entre autres comportements interdits par Mondoblog. Cette plateforme prescrit également l’honnêteté intellectuelle à tous ses membres. Il leur recommande par exemple de toujours citer la source quand ils utilisent le contenu d’un tiers (image, vidéo, son). Nombre de blogueurs ont appris qu’ils sont les seuls responsables des commentaires publiés sur leurs blogs. Ainsi, ils sont appelés à plus de professionnalisme dans leurs nombreuses productions au quotidien. Le blogging est un nouveau média qui tente plusieurs jeunes des pays en développement. A travers leurs pages, ils peuvent commenter l’actualité de leur pays ou d’ailleurs comme en leur manière. Dans ce domaine, chacun est libre de prendre position sur un sujet donné. 


 

Françoise Ramel, blogueuse française: «Un blogueur est une force de changement»

Comment avez-vous appris à bloguer ?

Ça s’est passé en plusieurs étapes. Le premier déclic, c’est une manifestation nationale qui s’appelle, je crois, le blog D. C’est une initiative américaine. J’avais envie d’apprendre des nouvelles technologies. Je suis professeur de communication en France. J’avais besoin de me nourrir de nouvelles façons de travailler l’information. J’ai toujours aimé écrire, et puis voilà je me suis inscrite à ce blog D. J’ai fait un billet et ça s’est arrêté là. Après, avec les nouveaux logiciels qui arrivaient, j’ai toujours cherché un outil qui me permettrait de m’exprimer sur internet. Donc, j’ai crée mon premier blog entre 2002 et 2004 où je retraçais les différents moments d’une association qui travaillait dans le patrimoine et aidait des jeunes à penser des projets en milieu rural. Pour moi, la vraie première fois où j’ai vraiment pris au sérieux la chose, et accorder un masse de temps et à l’outil, c’est grâce à Mondoblog.

 

Qu’est ce que vous proposez généralement à vos lecteurs sur votre page Mondoblog ?

Comme c’est Mondoblog qui m’a amené à créer un blog, j’étais embêtée sur quoi écrire. Le hasard m’a beaucoup aidé, puisque en 2013, j’ai rencontré chez moi, un groupe de jeunes musiciens avec qui j’ai travaillé pendant trois mois sur une tournée. Et du coup, le lien d’amitié s’était déjà crée avec le Mali, avec le Sahara, et j’ai décidé de créer un blog qui s’appellerait «Plan B», en hommage aux Touaregs qui vivent des moments très difficiles. Plan B se veut un blog où j’essai, à travers des rencontres, de rendre perceptible ces difficultés supportables. Parce qu’elles apportent aussi beaucoup d’espoir et beaucoup de notion de vie dont nous avons tous besoin.

 

Avez-vous appris de nouvelles techniques de rédaction durant cette formation de Mondoblog ?

J’ai appris beaucoup de choses. D’abord j’avais un peu perdu le lien avec l’Afrique. Ça faisait longtemps que je n’étais plus venue en Afrique noire. La dernière fois que je suis venue en Afrique noire, c’était au Burkina Faso. En 2015, j’ai fait beaucoup d’aller-retour dans le Sud du Maroc parce que c’est le seul endroit où je peux aller écrire dans le Sahara. Rencontrer les blogueurs d’Afrique, pour moi, c’est une première expérience. Avoir des notions techniques, comment utiliser un blog, les logiciels, c’est toujours importants. En rentrant, je vais beaucoup travailler sur la forme de ce que j’ai produit cette année. La rencontre de Dakar m’a permis de rencontrer une nouvelle génération de blogueurs, qui sont à la fois des journalistes, des poètes, des philosophes et aussi des médecins. Des gens qui s’interrogent sur leur vie, sur l’environnement et sur ceux qui les dirigent. Pour une femme de 51 ans, parce que j’ai fait de la politique, je suis maman, je suis prof, c’est important de se nourrir de l’énergie de cette nouvelle génération.


 

Issa Balla Moussa Sangare: «L’adoption du Swahili a moins d’enjeux que la monnaie unique et l’armée fédérale»

Nous l’avons rencontré il y a quelques jours à Dakar, au Sénégal. Le jeune panafricaniste malien vivant à Washington DC, aux Etats Unis d’Amérique, même loin de sa terre natale, défend avec fermeté, les valeurs africaines, non sans prôner l’union, la monnaie et la langue unique. Dans cette interview, celui qui prépare un bouquin sur la vie de Modibo Keïta, le président malien, dit ses motivations par rapport à cette bataille engagée depuis belle lurette. 

 

Vous êtes à Dakar depuis quelques jours. Qu’est ce qui vous a amené dans la capitale sénégalaise?

C’est à cause de mon blog que je suis ici. Je suis Mondoblogueur. On est là pour une formation de dix jours. Les frères sont venus des quatre coins du monde. Il y a plusieurs nationalités. Comme je suis un panafricaniste, c’est comme si c’est un rêve pour moi.

 

On sait que vous êtes un panafricaniste engagée. Et pourtant, les responsables de Mondoblog de Rfi qui est une plateforme pilotée par des français vous ont sélectionné pour cette formation. Comment comprendre ça quand on sait que vous ne les jetez pas souvent les fleurs dans vos nombreux textes ?

Jusqu’à présent, je n’ai eu aucune difficulté avec Mondoblog, ou avec Rfi. Je garde ma position et ils la connaissent, je suppose. Lorsqu’il y a des positions à prendre contre la France, je ne vais pas avec le dos de la cuillère, je le dis comme je le pense. Comme tu le sais, je suis un panafricaniste convaincu d’obédience Modibo Keïta, Kwameh N’Krumah et Julius Nyerere, je ne l’ai jamais caché. Et comme j’ai souvent l’habitude de le dire également, le salut de l’Afrique ne viendra que par le panafricanisme, par la fédération. Il faut que nos Etats s’unissent pour faire un Etat fédéral. C’est le seul salut pour l’Afrique, de sortir de ce joug de la soumission de l’impérialisme, du néocolonialisme,…

 

Qu’est ce qui vous a poussé à mener un tel combat ?

Le panafricanisme déjà, c’est un état d’esprit. C’est un combat. Je suis malien, mais je ne me réclame pas malien. Je me réclame panafricaniste d’origine malienne. Comme je l’ai dit plus haut, le salut de l’Afrique ne viendra que par le panafricanisme. Je me suis lancé dans le combat. Mais je ne crois pas que je vais le terminer. Les premiers panafricanistes ont posé les premières pierres. Ils n’ont pas terminés le combat. C’est à nous de reprendre le flambeau et de continuer dans cette lancée. Beaucoup de choses vont changer d’ici nos cinquante prochaines années. Au centenaire des indépendances des pays africains, beaucoup de choses seront déjà en place. Ce combat porte déjà ses premiers fruits. A titre d’exemple, pendant mes trois premiers jours ici à Dakar, j’ai eu à rencontrer un Haïtien. Il m’a dit qu’il ne se sent pas comme un étranger ici au Sénégal, qu’il se sent comme chez lui. C’est autant de choses qui me poussent à poursuivre le combat. Ça me redonne plus de force.

 

Comment est ce que vous vous déployez à Washington DC, pour faire entendre votre position ? 

De l’autre côté, je ne me suis pas associé à d’autres associations aux idées panafricaines. Je mène mon combat solitairement. Mais j’ai déjà eu à rencontrer beaucoup de panafricanistes convaincus comme Jean Paul Pougala, que j’ai rencontré au Canada. Malheureusement certains sont souvent financés par des institutions étrangères. Donc je suis là, j’essai de mettre en place une plateforme avec d’autres frères qui ont les mêmes visions. Je suis aux Etats Unis, mais le panafricanisme est né aux Etats Unis par plusieurs mouvements. Je suis donc quelque part où le panafricanisme est né.

 

Vous avez récemment saisi les responsables de l’Union africaine (UA) par une correspondance. C’était pour leur demander quoi  exactement ?

Concernant le panafricanisme, chacun a ses positions. Certains se focalisent sur une armée fédérale, d’autres sur une monnaie unique africaine. Moi, je dis que la monnaie unique et l’armée fédérale ont trop d’enjeux. Ma politique, c’est de partir de plus bas, pour aller vers le haut. J’ai fait une lettre que j’ai adressée à l’Union africaine. J’ai remis trois copies de cette lettre à la représentante de l’Union africaine aux Etats Unis. Une copie pour le président Mugabé, une autre copie pour la présidente de la Commission de l’Union africaine. Ça concerne le Swahili.Je pense qu’on peut passer par la langue pour s’unir. Un projet de ce genre s’évalue dans le temps et dans l’espace. Avec le Swahili, je suis sur que dans vingt ans, les africains vont parler une même langue. Au Canada, ce n’était pas l’anglais, même en France, ce n’était pas le français qu’on parlait. Du moment où le Swahili est la langue la plus parlée en Afrique et en dehors de l’Afrique, je crois qu’on devrait l’adopter comme langue africaine. Après ma lettre, j’ai eu beaucoup de critiques. Certains m’ont dit « je suis Peuhl, tu crois que je vais laisser ma langue pour parler le Swahili? » Moi, je suis Peuhl, je ne parle pas Peuhl. Je suis malien je parle Bambara. Mais je suis prêt à faire cette concession. Dans le panafricanisme, il nous faut faire des concessions. La colonisation a existé, l’esclavage a existé pendant plus de trois cent ans, mais ça ne nous a pas empêché de parler nos langues africaines. On veut une langue commune. Beaucoup de choses ont été réalisées, on a juste besoin de la volonté politique. Ça ne demande pas trop de moyens comme une monnaie ou une armée qui ont beaucoup d’enjeux.

 

En 2016, vous envisagez de publier votre premier bouquin sur le panafricanisme. Pouvez-vous nous livrer les secrets de cette œuvre littéraire ?

Le bouquin, en réalité, concerne le Mali. L’histoire du Mali est liée à celle de l’Afrique. Donc ça concerne la personnalité de notre premier président, Modibo Keïta. Sa vie, et son combat politique qui sont liés au combat de l’Afrique. Le livre parlera non seulement de Modibo Keïta, mais aussi de l’histoire du Mali en particulier et de l’Afrique en général. Je parlerai des parties panafricanistes qui ont existé dans le temps, de ceux qui ont porté ce projet et sont devenus les premiers présidents de l’Afrique francophone. C’est eux qui nous ont amené vers l’indépendance. Je m’inspire réellement de ces parties panafricaines. Et également de la monnaie unique. En 62, le Mali a eu une vision monétaire. Il y a eu le franc malien. Avant, l’Afrique n’avait pas beaucoup de cadres comme maintenant. Aujourd’hui, on a plusieurs cadres en économie, entre autres, qui peuvent nous aider à avoir une monnaie unique. Comment est venue l’indépendance du Mali, sa relation avec le Sénégal. L’union des deux pays est un rêve qui n’a pas beaucoup duré. J’en parle abondamment dans mon bouquin. C’est un peu ça les grandes lignes de ce livre.

Propos recueillis par Didier Ndengue, à Dakar

 

 

 

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