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Hamala Canapés: Assis sur la corne du Tapay

Écrit par  Jean-René Meva’a Amougou, envoyé spécial

L’entreprise lance un défi de taille en déclinant le thème du mobilier aux parties d’une espèce bovine spéciale.

Des canapés et des fauteuils qui tiennent sur des cornes de bœufs au Cameroun. On aurait pu croire qu’il n’y en avait pas. Ici, à Maroua,  Hamala Canapés  prouve que l’on se trompe. Certes, ce n’est pas l’entrée de gamme à 1 000 000 de francs CFA qui est assemblée ici, plutôt des produits pour une clientèle ordinaire. «Quand le client a avancé dans la vie et même s’il n’a pas progressé en pouvoir d’achat, il peut parfois s’offrir un tel canapé. Et choisir qu’il soit fabriqué par nos mains», dit Simon Hamala, directeur délégué de l’entreprise basée à Domayo. 

 

Gestes

Mais est-ce bien une usine que l’on visite là ? Sur une grande table, deux dames déploient une immense peau de «Tapay». On ignorait qu’une vache dépliée à plat pût occuper une si vaste superficie. D’un coup de crayon, l’une des ouvrières marque une cicatrice, un micro défaut invisible au profane, mais qui va disqualifier ce morceau du cuir.  Simon Hamala  explique que sur les quatre peaux de 20 mètres carrés indispensables pour faire un canapé, il y a 40 % de déchets. Après quoi, dans les peaux, ces dames vont découper une à une les 25 à 80 pièces qui composent un canapé, le tout direct au cutter. «Rien ne remplace l’œil humain», dit le patron, en commentant ces gestes si peu industriels.

 

Chaîne

Hamala Canapés emploie huit personnes, «contre 21 il y a trois ans». En couture, les employés sont recrutés sur la base de leur background. Pour les autres métiers, «nous faisons beaucoup de compagnonnage en interne. Il faut absolument que nous puissions transmettre nos savoir-faire». Cette formation maison peut aller de quelques mois à quelques années. Plus généralement, les salariés sont embauchés «sur l’envie de travailler». Il y a un an et demi,  Aïssatou, 32 ans, était vendeuse dans une boutique. Aujourd’hui, elle housse, elle cire, elle coupe les mousses, elle colle, elle fait un peu de couture. Il y a vingt-cinq ans, Garba était magasinier dans un entrepôt de coton à Guider (région du Nord). Aujourd’hui, il assure le contrôle qualité, à toutes les étapes. «Les coutures, droites, pas droites, les qualités du cuir, bien tapissé, mal tapissé : rien ne sort d’ici sans que j’aie donné mon accord…» Il y a six mois, Habiba est entrée comme couturière. Elle y est encore. «On n’est pas mal là, quand même…» résume-t-elle.

 

Production

Quand on regarde les chiffres de la production, avec 50 à 100 pièces par an, on n’est quand même pas chez le tapissier du bout de la rue. Mais on voit sur les établis le marteau, la pince, la grande aiguille, le même outillage que celui de l’artisan. «On en a seulement plus», résume le directeur. Tout respire le goût du travail à l’ancienne. Dans la façon de doubler les coutures avec des surpiqûres, de tendre les cuirs sur les formes, d’assembler ces structures, et même de cirer un fauteuil avec un grand pinceau. 

Depuis deux ans, Hamala Canapés  n’a plus de concurrent. La crise sécuritaire a été dévastatrice dès 2013. Avant cette date, la PME avait deux ateliers et faisait 06 millions de francs CFA de chiffre d’affaires par an. «Il a fallu fermer un site pour préserver l’autre. Avec un million de francs CFA de chiffre d’affaires, nous sommes revenus vingt ans en arrière», soupire le dirigeant.

 

Goûts

Née en 2003, la petite entreprise rayonne sur le bassin de clientèle éparpillé entre le Tchad, le Nigéria et des pays maghrébins. Ces temps-ci, il faut surtout combler les pénuries d’après-guerre. Parce que les goûts évoluent vers une demande un peu plus contemporaine. Des nouveaux designs éclosent, tandis que les vieux modèles ne   s’écroulent pas. «Nous suivons la mondialisation et nous pouvons faire mieux avec un peu d’appui», résume le boss. 

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