Kinshasa a accueilli le 15 novembre dernier le 9ᵉ Sommet de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), un rendez-vous stratégique pour la paix, la sécurité et le développement économique dans l’ensemble de la région.

Le 9ᵉ Sommet a marqué une étape importante dans le processus de revitalisation de l’organisation, après plusieurs années de difficultés structurelles et fonctionnelles. Les discussions ont porté sur la consolidation des infrastructures existantes, la sécurisation des corridors commerciaux, et la promotion d’une intégration économique inclusive. Les Chefs d’État ont réaffirmé leur engagement à résoudre les différends bilatéraux par le dialogue et les mécanismes régionaux, tout en respectant la souveraineté, l’intégrité territoriale et le principe de non-ingérence.L’un des moments forts du sommet a été la prise de fonction de la République démocratique du Congo à la présidence en exercice de la CIRGL. Cette responsabilité confère à la RDC un rôle central dans la conduite des activités de l’organisation et dans la mise en œuvre des décisions prises par les États membres. Le Président Félix Tshisekedi, en tant que président en exercice, a souligné la nécessité de renforcer l’efficacité de l’institution et de consolider son mandat multiforme, alliant sécurité, stabilité et développement.
Il a également annoncé la succession à la tête du Secrétariat exécutif par un diplomate zambien, illustrant la volonté de l’organisation de renouveler ses structures et de dynamiser sa gouvernance. Dans son discours de clôture, le Président Tshisekedi a remercié ses pairs pour leur participation active et leur engagement envers la paix et la coopération régionale. Il a proposé que le prochain sommet, traditionnellement bisannuel, se tienne dans un an, en décembre 2026, afin de célébrer le vingtième anniversaire de la signature du « Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la Région des Grands Lacs ». Cette proposition souligne l’ambition de la RDC de faire de sa présidence en exercice un levier pour impulser des initiatives concrètes en matière de développement et d’intégration régionale.Le mandat de la RDC à la présidence en exercice intervient à un moment crucial pour la CIRGL, alors que l’organisation cherche à renforcer sa visibilité et son rôle dans la construction d’une paix durable et d’une prospérité partagée. Sous la présidence congolaise, les priorités seront de consolider la coopération entre États membres, de promouvoir l’intégration économique à travers les corridors régionaux, et d’assurer le suivi des résolutions adoptées lors des sommets précédents
.En insistant sur la nécessité d’un dialogue constructif et d’une gouvernance efficace, la RDC entend faire de sa présidence en exercice un moteur de transformation pour la CIRGL. Le 9ᵉ Sommet a ainsi non seulement permis de redéfinir les priorités de l’organisation, mais il a également placé la République démocratique du Congo au cœur de la dynamique régionale, avec la responsabilité de guider les États membres vers un avenir marqué par la sécurité, la stabilité et le développement durable.La CIRGL, qui regroupe notamment la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, le Congo-Brazzaville, l’Angola, le Rwanda et le Burundi, s’étend également à des pays clés d’Afrique de l’Est comme le Kenya, la Tanzanie, la Zambie et l’Ouganda. Cette configuration fait de l’organisation un acteur central pour la coopération régionale et l’intégration économique.Dotée d’une position géographique stratégique, la CIRGL offre à ses États membres la possibilité de relier l’Océan Atlantique à l’Océan Indien, tout en désenclavant des zones historiquement isolées. Elle joue ainsi un rôle crucial dans le développement de corridors économiques et d’infrastructures régionales, renforçant la circulation des biens, des services et des personnes dans la région. Même si elle n’a pas encore le statut de Communauté économique régionale reconnu par l’Union africaine, son importance pour la stabilité, la sécurité et le développement dans la région des Grands Lacs est indéniable.
Jean -René Meva’a Amougou





