Dans une récente sortie médiatique, le maire Luc Messi Atangana évoque une nouvelle phase en matière de propreté urbaine.

En 2022, la Communauté urbaine de Yaoundé (CUY) a ouvert à la concurrence le secteur de la collecte et du transport des déchets. L’arrivée de Thychlof Sarl, aux côtés d’Hysacam, devait améliorer la couverture et la régularité du ramassage. Sur le papier, les taux de collecte progressent. Dans les faits, de nombreux quartiers périphériques continuent d’être oubliés, livrés à eux-mêmes ou contraints d’improviser des décharges sauvages. La propreté du centre-ville contraste avec les collines surpeuplées des arrondissements périphériques, où les camions passent rarement.
Côté traitement, la mairie mise sur un projet de valorisation des déchets en négociation avec des investisseurs étrangers. Une perspective séduisante, mais encore hypothétique. La décharge de Nkolfoulou, saturée depuis des années, continue d’accueillir des tonnes de détritus chaque jour, faute d’alternative immédiate. L’annonce d’une nouvelle décharge à Ongot, dans le 7ᵉ arrondissement, suscite à la fois espoir et inquiétude : espoir d’une meilleure organisation, inquiétude pour les riverains, souvent tenus à l’écart des décisions.
Le maire revendique aussi un progrès dans la gestion des déchets liquides. La station de traitement des boues de vidange d’Etoa, ouverte en 2021, devait mettre fin aux pratiques insalubres. Si elle a réduit les vidanges sauvages, sa capacité reste limitée face à l’ampleur des besoins. La ville ne dispose que d’une vingtaine de camions pour assurer la navette entre les ménages et le site, un nombre dérisoire pour une métropole de plusieurs millions d’habitants.
Soutenu par l’Association internationale des maires francophones (AIMF), le projet a permis la formation de quelques opérateurs privés, mais la professionnalisation du secteur demeure embryonnaire. Entre ambitions modernistes et contraintes budgétaires, Yaoundé semble avancer à pas mesurés sur un terrain glissant : celui d’un assainissement encore dépendant d’investisseurs étrangers et de décisions centralisées. Car si les annonces abondent, le citoyen, lui, attend toujours de voir la promesse d’une ville propre se matérialiser au coin de sa rue.
Ongoung Zong Bella





