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Femme Africaine: combats en chœur et cœur au combat; A bâtons rompus sur le passé et le présent

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Peints sans papiers ni pinceaux, quelques faits confinés dans les murs de deux époques sont mis en accusation.

«La société est beaucoupplus sévère avec l’inconduite de la femme qu’avec celle de l’homme». Si Beaumarchais l’a prouvé dans « Le mariage de Figaro », en Afrique l’on accuse les hommes d’avoir créé un système politique et social qui ne fonctionne qu’en leur faveur et qui leur permet d’opprimer les femmes. « En Afrique, les vices, les abus, voilà ce qui ne change point depuis l’esclavage, la colonisation, mais se déguise en mille formes sous le masque des moeurs dominantes.

Partout, la dignité de la femme se dissout dans l’acide des conflits armés ou des inégalités structurelles persistantes. A travers tout le continent, la vie politique et sociale reflète une ambiguïté due à la coexistence d’habitudes ayant relativement peu évolué depuis longtemps mais dont le poids sociologique reste considérable », trahit Roseline Tchemgoué. Ce que décrit et décrie cette activiste de la société civile camerounaise est plus que jamais d’actualité « à l’heure où les docteurs africains de la démocratie délivrent des brevets de bonne conduite sur la seule foi d’éléments formels (la Constitution, les élections) en oubliant d’ouvrir les yeux sur le sort actuel de la Femme africaine».

Des vies à l’épreuve des violences basées sur le genre

Comme pour se lamenter sur la situation, Clémentine- Audrey Ntyam se montre plus crue. « Actuellement, postule la secrétaire exécutive de l’association Femmes leaders, en Afrique, les femmes ne sont en paix nulle part ou presque. Pour des raisons différentes selon les pays : prostitution, crime pour l’honneur, féminicides sont leur lot quotidien. Moins mortelles mais tout aussi grave : accès à l’éducation et à l’emploi restreint ou empêché. Bref, posséder un vagin semble être une grave faute qui mérite d’être punie ». Et Clémentine Audrey Ntyam de piocher dans le passé et le présent.

« La mise en place par l’armée française, lors la guerre de libération nationale en Algérie (1954-1962), d’un véritable système de torture dans lequel le viol des femmes algériennes a été utilisé comme une arme de guerre. Ces images présentent la vie des femmes africaines de manière bien plus animale qu’humaine surtout quand il s’agit d’activités exclusivement féminines. À preuve, on dit que les Africaines accouchent en public, entourées de beaucoup de gens, au lieu de se cacher modestement dans
une chambre privée, avec la seule compagnie de la femme.

On dit aussi que les Africaines accouchent sans douleur, ce qui permet à la mère de retourner travailler presque immédiatement Encore plus curieux est la description des seins des Africaines, qui sont suffisamment longs pour qu’elles puissent les passer par-dessus l’épaule pour nourrir l’enfant accroché derrière (la pratique de porter un enfant sur son dos est aussi considéré comme un manque de civilisation) ».

Ce n’est pas tout, enchaîne Roseline Tchemgoué : « Bien qu’aucune femme esclave ne puisse se dérober aux exigences sexuelles des maîtres,
ces relations sont souvent mises sur le compte de la voracité sexuelle des Africaines qui contraste singulièrement avec l’image de la respectable femme européenne. Nous oublions souvent qu’au 19e siècle, la violence sexuelle coloniale s’est exprimée par des viols. Si aujourd’hui, le phénomène est véritablement en déclin (il a connu son apogée avec l’esclavage et la colonisation), certains trouvent encore des raisons pour justifier le comportement des militaires censés protéger les populations en zone de guerre où les femmes sont-elles mutilées, enfermées, déplacées, négociées, marchandées, souvent avec la complicité tacite des Etats », atteste Roseline Tchemgoué. Pour cette dernière, « la JFA 2025 devrait servir take-off à la reconnaissance et à la réparation ».

Jean-René Meva’a Amougou

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