Immobilier à Yaoundé : le bambou de Chine, nouvelle pépite des chantiers

Il fait la pluie et le beau temps dans la construction. Notamment pour ériger les dalles des immeubles.

 

Après des décennies d’utilisation des lattes et des perches (arbustes) pour coffrer les dalles dans la capitale camerounaise, la tendance est désormais au recours à un autre matériau: le bambou de Chine. Il occupe aujourd’hui plus de 80% d’espace en tant que support principal pour contenir les dalles. C’est le constat fait par les équipes du journal Intégration dans certains chantiers et dépôts de bois. Si l’on croit les informations données par les acteurs du secteur immobilier, le bambou de Chine prouve son efficacité sur le terrain. Il est très difficile, voire impossible, d’apercevoir une dalle en préparation ou déjà coulée sans ce nouvel acteur. «Les bambous de Chine changent le paradigme de construction, non seulement pour leur grande présence, mais aussi grâce à leur régénération rapide», défend Thierry Ndi, ingénieur en bâtiment.

Propriétés
Le principal atout du bambou de Chine est une durée d’utilisation longue. Joseph Mani, chef chantier à Essos révèle en effet que «sa durée de vie est très longue par rapport aux lattes. Tu peux utiliser le bambou de Chine pour couler plusieurs niveaux. C’est un agrégat qui met très long». Un autre avantage est celui de l’approvisionnement. Avec sa machette et ses bottes, l’on se procure ce sésame. Aux dires de notre interlocuteur, le coût est également très abordable par rapport aux lattes et arbustes. Une tournée dans plus de 10 dépôts de bois permet de confirmer l’information. De Nkomo à Messamendongo à Yaoundé 4e en passant par Monti (Nkolafamba) et Nkongoa (Mfou).

L’autre élément et non des moindres militant pour son utilisation est celui de la solidité. «Je crois que les particuliers l’aiment beaucoup plus pour ça. Il supporte des charges énormes», explique Parfait Balla. Un tour dans le chantier de Jean Kenné de Nkomo permet également de mieux comprendre pourquoi ce bambou est très prisé. Il explique que ce matériel permet de couler plusieurs dalles à une seule condition qu’il soit conservé à l’ombre. «Vous pouvez au minimum couler 3 dalles avec le bambou de chine. Il suffit simplement de le conserver à l’ombre quand vous décoffrez. Son ennemi c’est la pluie», prévient le spécialiste du bâtiment.

Selon Achille Ondoa entrepreneur, les bambous de Chine a un très grand avantage parce que ce dernier est plus écologique. Il est facile à extraire par rapport aux lattes issues du bois, sans parler de la pollution qu’elles génèrent. Nos propres recherches prouvent que contrairement à ses concurrents, ils se régénèrent plus rapidement. Donc son impact est négligeable en matière de déforestation. Mais Magne, propriétaire d’un dépôt de bois à Odza apporte une précision. «Le laissez-passer». Bref, «les commerçants de cette essence la préfèrent parce que les éléments du ministère des Forêts et de la Faune arrêtent les camions transportant les perches».

Coût
Pour Henriette Etoga, vendeuse de bois à Man Assa sur la route de Mfou, le bambou de Chine est moins coûteux. Les grossistes l’achètent à 300 FCFA la pièce dans les localités comme Matom dans le Nyong-et-Kelle, Mbalmayo dans le Nyong-et-So’o. Ils revendent ensuite la pièce à 500 FCFA. C’est du pain béni pour les entrepreneurs, parce que les devis de plusieurs dalles comportent toujours l’achat des bambous de Chine pour le coulage des dalles. Contrairement aux lattes et perches dont l’unité coûte 1200 à 1500 FCFA. Soit une différence de 700 à 1000 FCFA. L’histoire est toutefois toute autre pour les propriétaires de chantiers considérés comme les dindons de la farce. Nombreux d’entre eux reçoivent encore des devis avec les prix de lattes.

André Gromyko Balla

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