Idriss Deby Itno : «La flamme de l’intégration sous régionale doit demeurer toujours vive»

Message de son Excellence Monsieur Idriss Deby Itno, président de la République du Tchad, président en exercice de la Cémac, à l’occasion de la dixième journée Cémac célébrée le 16 mars 2019.

Peuples du Cameroun, de la Centrafrique, du Congo, du Gabon, de la Guinée Equatoriale et du Tchad.

Ce 16 mars 2019 marque la 24ème année du passage de l’Union Douanière et Economique de l’Afrique Centrale (UDEAC) à la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC). Cet anniversaire coïncide avec la première décennie de la commémoration de la Journée de la CEMAC qui est un événement annuel majeur dans la vie de notre institution commune.

En ma qualité de Président en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat de la CEMAC, je me fais le devoir, en cette occasion symbolique, de saluer la mémoire et la sagesse des Pères Fondateurs de notre organisation.

55 ans se sont écoulés et le rêve d’une intégration harmonieuse, d’une solidarité agissante et d’une complémentarité poussée, caressé par ces dignes fils de notre espace commun, demeurent toujours une quête permanente.

C’est pourquoi, la flamme qui doit illuminer le chemin de l’intégration sous régionale doit demeurer toujours vive.

La communauté de destin qui unit les peuples frères de la CEMAC commande sans cesse des actions de plus en plus soutenues et volontaristes allant dans le sens du brassage, de la cohésion et de la prospérité partagée.

Ressortissants des Etats membres de la CEMAC,
La libre circulation tant attendue depuis 54 ans, est aujourd’hui une réalité. Tout citoyen de notre espace communautaire, muni de son passeport biométrique en cours de validité, peut désormais circuler librement d’un Etat à un autre.

Cette libre circulation a également pour vocation de redynamiser les échanges de biens et services entre les pays de la CEMAC.
Il s’agit là, j’en suis convaincu, d’une des conditions essentielles de notre émergence commune.

Aujourd’hui, à la lumière des premiers fruits de cet acte historique que les dirigeants de la CEMAC ont posé à N’Djamena, le 31 octobre 2017 nous pouvons, tous célébrer notre fierté d’appartenir à cet espace commun.

C’est l’occasion pour moi de rendre un vibrant hommage à mes illustres pairs qui ont œuvré pour franchir cette étape majeure marquant un tournant décisif dans l’évolution du processus d’intégration de notre sous-région.

La libre circulation est, sans nul doute, la clé de voûte du processus de construction de notre marché commun. C’est à juste raison que la commémoration de cette 10ème édition de la Journée de la CEMAC est placée sous ce thème fort expressif à savoir: « Libre circulation intégrale, dans l’Espace CEMAC, pour la Promotion des Echanges Intra-communautaires ».

Chers frères et sœurs de la CEMAC
Si nous pouvons nous enorgueillir pour avoir relevé le défi de la libre circulation, il nous reste, cependant un autre défi de taille, qui s’impose à l’ensemble de la communauté.

Je voudrais parler de la paix et de la stabilité dans notre sous région. Nous ne pouvons tirer le meilleur parti de la libre circulation intégrale sans la paix dans nos pays et la sécurité à nos frontières.

Il est évident que la mise en oeuvre optimale de nos multiples projets et programmes de développement ne peut s’opérer dans un espace miné par l’insécurité, les atrocités, les destructions et les conflits.

Aussi, la restauration de la paix et de la sécurité sur l’ensemble de notre espace doit-elle, être pour nous, un impératif de premier ordre. A cet égard, nous devons davantage mutualiser nos forces, dans un fort élan de solidarité, en vue d’éradiquer les terroristes de BOKO HARAM qui nous causent tant de préjudices.

Parlant des efforts à entreprendre dans la perspective de la sécurité et de la stabilité, je voudrais me féliciter de l’accord de paix signé le 6 février dernier à Bangui entre les frères centrafricains.

J’invite toutes les parties à privilégier l’intérêt supérieur du pays qui doit être au-dessus de toute autre considération.
De même, j’exhorte les frères du Cameroun à la sagesse et au dépassement en vue de ramener la quiétude dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en proie à des violences sur des bases de revendication sectaire et identitaire.

Peuples de la de la CEMAC,

Le futur de notre espace et de notre organisation est radieux.

De nombreux acquis majeurs obtenus dans les domaines institutionnels, économiques et sociaux illustrent éloquemment nos progrès dans le processus de renforcement de notre intégration.

Au nombre des avancées, je voudrais rappeler, non sans réel motif de satisfaction, tant leur réalisation a été difficile, l’installation récente des deux Cours notamment la Cour de Justice et la Cour des Comptes; la fusion des deux marchés boursiers; la mise aux standards internationaux de nos Institutions de formation professionnelles communautaires, le processus des études de faisabilité des projets intégrateurs, etc.

Évoquer l’importance de la CEMAC, c’est principalement nous exhorter à prendre conscience du rôle et de la place de notre Communauté dans une Afrique en pleine construction.

Nous avons l’obligation de bâtir une CEMAC tirant plein profit de ses immenses richesses naturelles, une CEMAC dotée d’une économie forte et d’un commerce florissant, adossés à une monnaie unique ; une CEMAC en Paix et en Sécurité ; une CEMAC intégrée physiquement et culturellement ; une CEMAC active dotée d’un capital humain qualifié et entreprenant.
Voilà le rêve qui m’anime, et ce rêve là, est à notre portée.

Chers frères et sœurs
Quenotre foi en l’avenir se consolide pour faire de la CEMAC, dans un horizon proche, un espace intégré et, émergent, où règnent la sécurité, la solidarité et la bonne gouvernance, au service du développement humain.

Vive la solidarité sous régionale ;
Vive la CEMAC.

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