Hollande dans le déni

De nouvelles manifestations ont eu lieu à Ouagadougou contre la présence française, le vendredi 20 janvier 2023. En effet, ce n’est pas la première fois que les habitants du Faso protestent contre l’ancienne puissance colonisatrice.

 

Les manifestants, arrivés par centaines et répondant à l’appel du collectif des leaders panafricains (CLP), ont réclamé le départ de l’ambassadeur de France et la fermeture de la base de l’armée française (environ 300 personnes). Les pancartes des manifestants portaient les messages suivants: «Armée française, dégage de chez nous», «France, dégage» ou «Dehors les diplomates pyromanes».

Quand un pays est honni et vomi tour à tour en Côte d’Ivoire (2002 et 2004), en Centrafrique (2021), au Mali (2021 et 2022) et au Burkina (2023), s’il ne veut pas perdre tous les avantages et privilèges qu’il a eus pendant 6 décennies, le bon sens et l’humilité commandent qu’il se remette en cause et qu’il essaie de rectifier le tir. La France, elle, préfère pratiquer son sport favori: le déni, l’autocélébration et le dénigrement de la Russie. Le 18 janvier 2023, François Hollande s’en est violemment pris au groupe Wagner, qualifiant les Russes de néocoloniaux et considérant leur présence au Mali comme un échec. Au micro de RFI et France 24, il a ajouté que les soldats français étaient au Mali, au Burkina ou au Niger par solidarité et non pour «des intérêts miniers, des demandes de concession pour telle ou telle infrastructure».

Trois questions viennent immédiatement à l’esprit ici: Ces Français, qui prétendent ne tirer aucun profit du Sahel, pourquoi refusent-ils de rentrer chez eux? Les Bob Denard, Paul Barril, Jeannou Lacaze, Marc Garibaldi et autres étaient-ils des enfants de chœur en villégiature en Afrique? Robert Bourgi mentait-il quand il affirmait le 11 septembre 2011 avoir transporté des valises d’argent provenant de chefs d’État africains pour Jacques Chirac et Dominique de Villepin?
Hollande est devenu beaucoup bavard ces temps-ci, mais que vaut encore sa parole? Qui peut prendre au sérieux cet homme que le premier secrétaire du parti socialiste accusait, le 28 janvier 2019, d’avoir trahi les valeurs socialistes? Au lieu de dire des inepties, François Hollande devrait méditer ces paroles d’Olivier Faure: «En 2012, nous avons entamé le quinquennat avec l’engagement de donner le droit de vote aux étrangers, nous l’avons achevé avec un débat sur la déchéance de nationalité… Les partenaires sociaux n’avaient été consultés que sur une partie des mesures. Et, pour couronner le tout, le passage en force à l’Assemblée fut annoncé avant même que les débats ne commencent. La brutalité de la méthode est venue contredire frontalement notre identité».

Jean-Claude DJEREKE

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