Hiérarchisation et suivi des projets au Cameroun : L’angle mort de la gouvernance préoccupe le FMI

Selon les bailleurs de fonds, le tableau révèle toujours des tensions de management stratégique entre autorité et autonomie d’une part, et entre élaboration et mise en œuvre d’autre part.

Corinne Delechat, en charge du dossier Cameroun au FMI

Le programme économique et financier du Cameroun s’améliore. Seulement, à côté de ce boniment, le Fonds monétaire international (FMI) relève toujours des défaillances autour du respect des étapes du cycle de vie des projets et l’évaluation des performances au fur et à mesure de leur déroulement. À Yaoundé, au cours de la séance de travail tenue le 23 avril dernier avec le gouvernement camerounais, Corinne Delechat exhorte à dépasser le seul enjeu d’acquisition et de maîtrise de techniques de pilotage des projets.

Le chef de la délégation conjointe du FMI, de la BAD et de la Banque Mondiale rappelle que les compétences du responsable sont appelées à évoluer pour prendre en compte la diversité des processus en jeu dans un programme de changement. À en croire Corinne Delechat, «le gouvernement camerounais, en tant que leader stratégique, a pour rôle de donner un objectif, une signification à l’organisation afin de la guider. Il s’agit dès lors de concevoir une vision attractive pour les membres et les parties prenantes externes, c’est-à-dire une représentation du devenir des projets, des objectifs à atteindre et des orientations à poursuivre».

Autrement dit, les pouvoirs publics bénéficient d’une autorité formelle, du droit de commander (et de sanctionner) ceux qui ne suivent pas la voie tracée. Sur le sujet, une source à la représentation Cameroun du FMI révèle que «le déficit de mobilisation des acteurs et une panne de la fonction stratégique» plombent la hiérarchisation et le suivi de la plupart des projets au Cameroun. «La situation, révélant un problème peu structuré et de nature collective, supposait en outre une démarche fondée sur l’élaboration collective du problème et des solutions», ajoute la même source.

D’ici juin 2019, date de la prochaine réunion du conseil d’administration du FMI, il est fort probable que la hiérarchisation et le suivi des projets au Cameroun soient encore à l’ordre du jour. «Nous allons discuter ensemble des paramètres qui vont permettre une issue concluante de cette revue. Mais je pense qu’on a en mains les atouts pour réussir», a affirmé Corinne Delechat.

Bobo Ousmanou

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