Haro sur la libre circulation en zone Cemac ?

Le Gabon s’inquiète pour le dispositif sécuritaire accompagnant la libre circulation au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac).

Haro sur la libre circulation en zone Cemac ?

Le chef de l’Etat gabonais Ali Bongo Ondimba a exprimé son inquiétude en ces mots: «Oui à la libre circulation des personnes et oui à la sécurité également». En visite en Guinée Equatoriale les 02 et 03 décembre dernier, le dirigeant gabonais a fortement plaidé pour une «intégration sécurisée», après la mesure de suppression de visa pour les Etats membres de la Cemac. Il argue à cet effet: «les décisions prises ne doivent pas mettre en danger et en péril la stabilité de nos pays».

Lors du sommet extraordinaire de N’djamena, les Etats de la Cemac, en vue d’accompagner la mise en œuvre de la liberté de séjour, ont décidé «d’autoriser la Bdeac à prélever, sur les ressources du Fonds de développement de la Communauté (Fodec), le montant de 1,7 milliard de francs CFA pour le paiement du reliquat dû à Interpol au titre de la sécurisation des frontières de la Cemac. Elle [la conférence des chefs d’Etat de la Cémac] a également instruit la Commission de la Cemac de prendre toutes les dispositions pour la création des postes sécurisés aux frontières, afin de réserver le bénéfice exclusif de la libre circulation aux ressortissants de la Communauté. En outre, la Conférence a exhorté les Etats membres, qui n’ont pas encore produit leur passeport Cemac, à le faire dans les meilleurs délais». C’est dire que la sécurisation des frontières et le contrôle des flux de mouvement est une préoccupation communément partagée.

La Cemac dispose, depuis janvier 2004, d’un accord d’extradition et d’un accord de coopération judiciaire. La déclaration du président gabonais, qui semble ne pas être partagée par son homologue hôte, illustre bien les inquiétudes qui continuent de retarder la mise en place d’une libre-circulation optimale dans la zone Cemac. Le 29 juin 2005, les Etats de la Cemac avaient dessiné les contours de la libre circulation intégrale et optimale. Plus de douze années plus tard, ni le passeport Cemac, ni les conditions d’établissement, encore moin la liberté de service ne sont ancrés.

ZRM

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