Guy Gweth : ‘’Nous appelons de tous nos vœux la naissance d’un État stratège qui fixe les priorités’’

Une fois que l’État a défini les pôles de compétitivité, et les priorités économiques du pays, il doit faire un rapport entre les objectifs très élevés et les moyens très réduits.

Présent lors des Journées africaines de l’intelligence économique les 2 et 3 août derniers à Yaoundé, le président du Cavie s’est exprimé sur l’importance de l’intelligence économique et la participation de l’État pour accroitre la compétitivité du pays à l’échelle internationale.

 

À quoi renvoie l’intelligence économique ?
Principalement à trois choses : un état d’esprit, un dispositif et un processus de collecte, de traitement, d’analyse et de diffusion sécurisée du renseignement économique, qui est utile à la prise de décisions.

Quelle est la plus-value de l’intelligence économique pour une entreprise locale ?
Dans une économie mondialisée, où la plupart des marchés sont travaillés par la concurrence, l’intelligence économique permet trois choses : défendre, attaquer et influencer. Ce que nous avons à défendre, c’est le patrimoine informationnel de nos entreprises. Parce que nous stockons des données au quotidien qui sont relatives tantôt à notre clientèle, tantôt à la structure ou aux finances de l’entreprise. Il faut donc protéger toutes ces informations-là.

Ensuite, il faut attaquer les marchés internationaux, parce que la meilleure défense c’est l’attaque. On outille les acteurs publics et même privés à la conquête des marchés extérieurs. Le troisième pilier c’est l’influence. Il est constitué à la fois de la contre-influence d’une part et de l’influence proprement dite d’autre part. Ces éléments servent à modifier le comportement des usagers, des donneurs d’ordre ou des prescripteurs sur la manière qu’ils ont de nous voir, de nous percevoir sur les marchés de plus en plus concurrentiels.

Comment procéder pour outiller ces marchés auxquels vous faites allusion ?
Nous réalisons des formations qui sont courtes, intensives et certifiantes. Il y a aussi des formations diplômantes. Dans ces deux catégories de formation, nous apportons des méthodes, des outils et des techniques qui permettent de surveiller 24 h/24, soit un secteur d’activité, soit une entreprise qui peut être partenaire ou concurrente, soit un acteur qui est une personne physique. Nous donnons des outils qui peuvent être gratuits ; cependant, les plus performants, qui permettent de faire cette surveillance quasi permanente, sont payants. Nous avons aussi des outils d’analyse, parce que l’intelligence économique brasse une masse considérable de données en un temps extrêmement réduit. Comment est-ce que qu’on analyse de façon très rapide et fine l’ensemble de ces informations. C’est toute la raison d’être de l’intelligence économique.

Dans une économie mondialisée, où la plupart des marchés sont travaillés par la concurrence, l’intelligence économique permet trois choses : défendre, attaquer et influencer. Ce que nous avons à défendre, c’est le patrimoine informationnel de nos entreprises.

En résumé, il s’agit d’un dispositif et de techniques qui permettent de collecter l’information, de l’analyser et de la transformer. En clair, lorsque la chef d’entreprise, la bayam sellam, le ministre ou le président de la République qui nous a fait confiance reçoit un rapport d’intelligence économique, il s’agit d’un outil d’aide qui lui permet de prendre d’importantes décisions.

Quel coût cela peut-il engendrer pour une entreprise qui sollicite ce genre de services ?
Les coûts dépendent à la fois du secteur d’activité ainsi que de la taille et des ambitions de l’entreprise. Un magasin situé au marché Mokolo ne peut avoir les mêmes besoins qu’une entreprise parapublique, par exemple. Mais nous préférons inverser la chose, car comme disait le président Kennedy, si vous dites que l’intelligence coûte cher, essayez l’ignorance et vous verrez ce qui coûte le plus cher.

Vous avez dit que c’est aux États de mettre sur pied des stratégies pour permettre aux entreprises de mieux se déployer sur le plan national, voire international. Comment l’État camerounais, doit-il intervenir concrètement ?
Nous appelons de tous nos vœux, la naissance d’un État stratège qui fixe les priorités. Un État ne peut pas aller dans toutes les directions. Nous travaillons en ce moment sur la problématique des pôles de compétitivités. On doit définir nos priorités en fonction de nos forces et accroitre nos capacités à minimiser nos faiblesses.

Une fois que l’État a défini les pôles de compétitivité, et les priorités économiques du pays, il doit faire un rapport entre les objectifs très élevés et les moyens très réduits. Le but est de définir une stratégie à laquelle viendront s’impliquer à la fois les entreprises et les organisations de la société civile, afin d’atteindre la diplomatie économique.

J’ai quand même une petite déception qui vient du fait qu’on n’a pas eu les diplomates et les consuls qui étaient attendus, parce qu’ils sont en vacances. Pour la prochaine édition, on verra dans quelles mesures organiser des Journées africaines à une période qui ne correspond pas aux vacances.

Au sortir des journées africaines de l’intelligence économique, quelles sont vos impressions ?
On a un très bon ressenti, pour deux raisons. La première : la plupart des acteurs publics qui ont été conviés à cette grand-messe de l’intelligence économique ont répondu présents. La deuxième : l’attrait qu’a cette discipline et notre organisation pour les jeunes générations. On a eu des étudiants de l’Iric, de l’Essec, et de l’École des travaux publics. Les avoir avec nous lors de ces journées africaines de l’intelligence économique a été une marque de satisfaction.

J’ai quand même une petite déception qui vient du fait qu’on n’a pas eu les diplomates et les consuls qui étaient attendus, parce qu’ils sont en vacances. Pour la prochaine édition, on verra dans quelles mesures organiser des Journées africaines à une période qui ne correspond pas aux vacances.

Propos recueillis par
Joseph julien Ondoua Owona, stagiaire

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