Guerre commerciale: L’Afrique accuse le coup

Les premiers impacts de l’intensification de la guerre commerciale entre les géants, sont perceptibles sur le continent. 

Les Brics, une alternative pour le continent africain?

Les droits de douane imposés par les Etats-Unis sur les importations en provenance de Chine, d’Europe et du Canada ont entraîné une faiblesse des marchés boursiers à l‘échelle mondiale. Mais il faut aussi que l’Afrique reconsidère sa trajectoire de croissance économique future pour atténuer l’impact des guerres commerciales inutiles.

Les marchés boursiers du Nigeria, du Kenya et d’Afrique du Sud ont été largement impactés par la vague protectionniste de Trump. L’Afrique du Sud est préoccupée par le fait que les États-Unis envisagent une nouvelle vague de droits de douane qui pourrait être étendue à l’industrie automobile, qui est l’une des pierres angulaires de l‘économie du pays.

Ripostes

Pour l’heure, aucune réaction de l’Union africaine. Le forum des Brics récemment clôturé à Johannesburg a une fois de plus condamné le «protectionnisme des Etats-Unis qui mine la croissance mondiale». Tenu en plein contexte de guerre commerciale lancée par le président américain, la rencontre des 5 émergents avait pour thèmes centraux la «croissance inclusive et la prospérité partagée». Elle a abouti à la création d’une banque de développement des Brics.

Les Brics, qui rassemblent plus de 40% de la population mondiale, envisagent également commercer en devises nationales. Cette idée que porte la Russie de Vladimir Poutine propose que les pays du forum se tournent vers des échanges hors dollars.
Certains pays ont trouvé pour alternative d’accélérer la mise en place d’accords commerciaux mégarégionaux. Notamment l’UE qui a désormais des zones de libre-échange avec les principaux pays d’Asie (Chine, Japon voire l’Inde), le Canada, les USA, l’Amérique du Sud, les Caraïbes, l’Afrique. Bref une toile d’araignée géante du commerce mondial.

Africa First

Après les taxes douanières sur l’acier et l’aluminium visant surtout la Chine (principal exportateur mondial), les États-Unis menacent désormais de surtaxer les importations automobiles européennes, de sanctionner les pays qui commercent avec l’Iran et de taxer de façon punitive la totalité des importations chinoises. La riposte de Pékin, qui dénonce la volonté de Washington de déclencher «la pire guerre commerciale de l’histoire», s’oriente sur la taxation de nouveaux produits américains.

Le pays de Donald Trump a également imposé des sanctions contre le Rwanda de Paul Kagame sous forme de suspension des avantages commerciaux sur le textile et habillement issus de l’Agoa. En mars dernier, l’administration américaine disait ainsi rétorquer contre les barrières douanières que Kigali a imposées sur les vêtements et chaussures recyclés américains.
Ceci est une traduction du climat dans lequel baigne le système commercial multilatéral. Un conflit commercial qui menace «à court terme» la croissance mondiale, a prévenu la semaine dernière le Fonds monétaire international.

Les effets sur l’Afrique seraient les érosions commerciales et le détournement du commerce. Le continent se marche dessus pour la seule mise en place de sa zone de libre-échange continentale. Une opportunité unique de protection de son marché, d’intensification de sa compétitivité et de renforcement son industrialisation.

Zacharie Roger Mbarga

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