Gouvernance en Afrique centrale : la société civile renforce ses capacités

Vingt-sept organisations d’Afrique centrale ont planché sur les voies et moyens d’optimiser leur impact sur les politiques publiques nationales et régionales.


La société civile d’Afrique veut contribuer à améliorer l’efficience des politiques publiques dans la région. À cette fin, un atelier de réflexion et de renforcement de capacité s’est tenu à Douala (Cameroun) les 25 et 26 septembre dernier. Ledit atelier était organisé par la plateforme corporatiste qui réunit ces organisations: le Réseau des plateformes d’ONG d’Afrique centrale (Repongac). Il a réuni 27 plateformes ou réseaux venus des pays membres de la communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). Pour en comprendre l’enjeu, l’explication vient de Aurélien Atideglamembre du Repongac: «quand nous regardons l’environnement actuel, il y’a des préoccupations et des défis, c’est-à-dire que l’espace civique dans lequel les plateformes travaillent est en train d’être réduit. C’est ce que nous appelons le rétrécissement de l’espace civique. Que faire? Il a fallu que nous puissions tous nous retrouver et réfléchir là-dessus. Il faut avoir un réseau résilient, capable de faire face à ce genre de problème et ne pas disparaître».

Enracinement et crédibilité
Le second consensus de ces assises est l’impérieux besoin pour les plateformes d’ONG d’améliorer leur légitimité. Ceci revient à optimiser leur crédibilité au niveau local, notamment avec leurs membres, mais aussi dans les localités où elles déploient leurs activités. C’est cette représentativité qui leur permettra d’être efficaces en qualité de plateforme. Toute chose qui rendra le Repongac plus dynamique et plus crédible aux yeux des partenaires. Cette schématisation est présentée par Aurélien Atidegla
«Nous devons réfléchir et comprendre ce qu’il ya lieu de faire qui puisse rendre le réseau efficace. Nous devons songer à améliorer la crédibilité de chaque ONG, de chaque plateforme dans notre région. Ça signifie qu’au niveau de la base, l’ONG doit être crédible. Au niveau national, la plateforme est crédible. Ainsi, au niveau régional, il est évident que notre réseau ne sera qu’une somme de plateformes crédibles».

Accountability
Dans un contexte de marginalisation de la société civile (rétrécissement de l’espace civique), le Repongac outille ses membres sur les moyens d’avoir un meilleur impact dans la mise en œuvre et le suivi et l’évaluation des politiques publiques au développement. «Nous constatons que la question de transparence, la question du suivi/évaluation des politiques publiques deviennent parfois synonymes de rébellion ou d’opposition», indique M. Mabala, coordonnateur du Réseau.

Danielle Nlate, vice-présidente du Repongac, fait le plaidoyer des associations féminines: «la rencontre est très importante parce qu’on parle de la résilience des réseaux. Comment nous pouvons supporter les chocs, n’ayant pas facilement accès au financement ou à tout type de soutien? Comment résister et comment faire face à ces difficultés? C’est sûr que cet atelier nous édifie. Cet atelier renforce énormément nos capacités, nous montre comment contourner ces difficultés, comment lever des fonds. On parle de crowdfunding. Comment nous organiser en interne parce que nous le faisons déjà pour avoir un minimum et pouvoir nous exprimer? On parle aussi ici de l’espace civique réduit. On sait que la parole n’est pas toujours aisée à prendre dans un contexte sécuritaire difficile en Afrique centrale. Nous apprenons et nous pensons qu’à la fin de cet atelier nous pourrons résister de façon réelle».

Alain Biyong

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