Gestion durable des forêts : Le C2D-PSF2 dévoile ses acquis

Les retombées de la deuxième phase du Programme sectoriel Forêt environnement (PSFE2), presqu’à terme ont été présentés jeudi 14 novembre 2019 à Yaoundé, à l’occasion d’un atelier.

Renforcer les actions du programme sectoriel forêt environnement en faveur de la gestion durable des forêts de production de la filière de transformation du bois et de la mise en œuvre d’une stratégie Reed plus. Tel était l’objectif escompté par le projet intitulé «aménagement et suivi forestier du Cameroun » dont les résultats ont été dévoilés le 14 novembre 2019 à l’hôtel Mont Febé.

Selon Jules Doret Ndongo, ministre des Forêts et de la Faune (Minfof), «l’appui du C2D au PSFE dans sa dimension passé et présent a couvert presque tous les segments » des activités sectorielles de son département ministériel. Notamment à travers le renforcement du cadre institutionnel et des capacités, des formations, etc.

Décentralisation

Ainsi, le projet a eu un impact en matière d’appui à la décentralisation. À travers la subvention pour la mise en œuvre des plans d’aménagement des forêts communales, ledit programme a permis une subvention financière et un appui technique en vue de la mise en œuvre des plans d’aménagement de seize forêts communales couvrant une superficie de 425 000 hectares sur 859 000. Soit 50% de forêts communales du pays. De fait, des sessions de renforcement des capacités sur la gestion financière des ressources allouées ont été organisées au bénéfice de seize exécutifs communaux desdites municipalités.

Le volet formation n’est pas en reste. En matière de la promotion de la transformation du bois, 468 artisans ont été formés dans quatre modules de base dans ce secteur. Deux associations artisanes des régions du Centre et de l’Adamaoua ont reçu des séchoirs de bois leur permettant de mettre des produits de meilleure qualité sur le marché intérieur. De même, 150 artisans locaux ont été formés par le centre professionnel Don Bosco sur le traitement de surface du bois dans la fabrication des meubles.

Dans le même ordre, neuf CETIC (collèges d’enseignement technique industriel et commercial) et lycées techniques sélectionnés par le ministère des enseignements secondaires (Minesec) ont bénéficié de matériels de travaux pratiques en exploitation forestière et usinage du bois. Objectif, offrir aux apprenants une formation de qualité.

Ce n’est pas tout. Selon Jules Doret Ndongo, «dans le cadre de l’appui institutionnel, le projet a permis la mise en place du réseau de géomatiques pour le suivi permanent du couvert végétal à l’imagerie satellitaire ». De plus, a-t-il indiqué, ce réseau permettra, plus de visibilité dans la gestion du patrimoine forestier camerounais.

D’un montant de 20 millions d’euros, le projet intervient dans le cadre du programme sectoriel forêt environnement (PSFE), soutenu par l’Agence française de développement, à travers le Contrat de désendettement et de développement (C2D). Il s’agit d’un processus de remise de dette entre les gouvernements Camerounais et Français.

Joseph Julien Ondoua  Owona

 

Le Cameroun paré à  toute éventualité

Des unités opérationnelles de suivi, de gestion et de renforcement des capacités, acquises dans le cadre du projet C2D-PSFE2 ont été présentées le 14 novembre 2019 à Yaoundé.

Au moment où la deuxième phase du projet «aménagement et suivi forestier du Cameroun » prend fin, le gouvernement camerounais peut se targuer d’avoir un cadre institutionnel approprié pour une meilleure gestion de son secteur forestier. En effet, le ministère des forêts et de la Faune vient de s’enrichir de trois principaux outils de  la gouvernance des forêts.

Parmi les unités créées dans le cadre de ce projet, il y a l’Unité opérationnelle de gestion des statistiques forestières et fauniques(UOGSFF). Son rôle, est de collecter puis d’analyser les données statistiques pour l’instauration d’une intelligence économique dans le secteur forêt faune. Cet outil crée par arrêté N°0085/Minfof/C2D-PSFE du 18 mai 2016  va également servir d’appui à la sphère décisionnelle. Elle permettra également au public d’obtenir des informations plus aisément sur la gestion de ce secteur.

Autre unité, celle en charge du suivi du couvert forestier (UOSCF). Dans ses missions, cet organe a pour rôle de l’acquisition et l’analyse des images satellitaires et leur mise à disposition des acteurs, la coordination du réseau d’unités de géomatique mis en place dans les institutions de formation forestière et les délégations de l’imagerie satellitaire. Précise le document à notre exploitation. Il y a également l’unité opérationnelle de renforcement des capacités en aménagement forestier (UORCAF) dont la mission est la formation continue et diplômante sur diverses thématiques liées à l’aménagement durable des forêts.

Joseph Julien OndouaOwona

 

Réactions

Anicet Ngomin, directeur des forêts au Minfof et coordonateur national du projet C2D-PSFE2

Le coordonnateur du projet C2D-PSFE

C2D appui le gouvernement camerounais à travers le ministère des Forêts et de la Faune en termes pour soutenir la gestion durable des forêts. Lorsqu’on en parle, cela implique une panoplie d’activités qui vont de l’aménagement des forêts, en passant par le renouvellement des inventaires, etc. C’est sur ces thématiques que le C2D appui à hauteur de 20 millions d’euros, les actions au niveau du Minfof. Cet appui va également en direction des collectivités territoriales décentralisées. Il y a des maires qui ont témoigné tout à l’heure le maire de Tonga qui a fait un exposé sur l’agroforesterie dont la commune a bénéficié à hauteur de 50 millions de Francs CFA d’appui financier.

Christophe Du Castel, responsable équipe projet Développement rural

«Il y a eu certaines activités qui ont été plus importantes que d’autres et mieux réalisés que d’autres »

Le représentant de l’ambassadeur de France

Le projet était très ambitieux il y a eu énormément d’activités et le projet cherchait à toucher la plus grande partie des acteurs du secteur forestier. Et ce qu’on peut regretter c’est qu’il n’a pas pu toucher ces acteurs avec le même niveau d’intensité. C’est-à-dire qu’il y a eu certaines activités qui ont été plus importantes que d’autres et mieux réalisés que d’autres. Les activités les plus valorisées sont plutôt les aspects institutionnels.  Le projet a aidé à ce qu’il y ait des dispositions réglementaires qui soient adoptées par le ministère des forêts qui permettent d’améliorer les systèmes d’aménagement forestier, qui prennent mieux en compte la biodiversité dans les comptes et cela permet d’avoir une gestion forestière de meilleure qualité. Le ministère des Forêts a créé deux structures qui me semblent intéressantes. Une première structure qui est chargée de faire le suivi annuel des statistiques forestières. C’est-à-dire d’avoir des informations sur le secteur forestier, sa contribution à l’économie nationale, sa contribution à la fiscalité nationale et les surfaces les types d’essences, etc.

Propos recueillis par Joseph Julien Ondoua Owona

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