Gestion des dépouilles de Covid-19 par les familles: Le marché des fleurs sourit

Pour les vendeurs de fleurs de la ville de Yaoundé, la décision du 16 juin 2020 est une opportunité pour remonter la courbe de leur chiffre d’affaires.

Le marché des fleurs reprend progressivement vie.

Marché des fleurs du marché central (au lieu-dit Niki) ce 18 juin 2020. Il est presque 10 heures du matin. Installées au bord de la route, des gerbes de fleurs accrochées sur une large clôture en bois ou soutenues par des roseaux, luisent sous les premiers rayons de soleil. Les commerçants s’activent.

Comme plusieurs de ses compères, Lah Ibrahim y est installé depuis plusieurs heures. Assis sur un banc en bois, le président des fleuristes du marché central confectionne une nouvelle gerbe de fleurs. À première vue, les affaires ont l’air de bien aller pour lui. Oh que non ! Après plusieurs minutes passées sur les lieux, le constat est vite fait. La clientèle se fait rare.

Question : comment se portent les affaires en cette période de pandémie? Réponse: «tout va mal, le marché est devenu un peu plus difficile », dit-il. En réalité, rien ne se passe telle que ses camarades et lui avaient pensé. «La pandémie a détérioré le marché. on se disait qu’avec le nombre de décès sans cesse croissant les affaires iraient pour le mieux. Contrairement à ce que l’on pensait, la pandémie de coronavirus ne nous a pas du tout permis d’accroître notre chiffre d’affaires. Au contraire. Surtout que les conditions que le gouvernement a instauré pour l’enterrement des morts de Covid-19 ne permettait pas aux familles de se mobiliser pour préparer le deuil », explique-t-il. Résultat, la clientèle a baissé et les articles ne se vendent presque plus.

À un taxi de là, au lieu-dit Avenue des Banques, la situation n’est pas très différente. Rencontré sur les lieux Éric se contente du strict minimum. «Avec les mesures de restriction que le gouvernement a imposé le commerce est plus rude. Très peu de personnes vont dans les deuils et donc très peu s’approvisionnent en fleurs. Puisque les associations et autres généralement constituent nos meilleurs clients lorsqu’il s’agit des deuils. En ce moment je vends très peu et je joue le maintien». Et, il n’y a pas que les deuils. «Même les événements heureux tels que les soutenances, les mariages…se font un peu rares»

Regain d’espoir

Dans une telle situation les vendeurs de fleurs espèrent, pour la plupart que la mise en application du communiqué du Minsanté du 16 juin 2020 leur sera profitable. Ladite note signée de Manaouda Malachie autorise les familles à organiser elles-mêmes les funérailles des personnes qui ont succombé face à ce virus. «Je salue la décision du ministre qui accorde 48 heures aux familles pour préparer le deuil. Je pense qu’en 48 heures, on peut organiser un tel événement en prenant en compte tous les paramètres que nous connaissons tous dans notre pays. Et pour nous c’est un véritable ouf de soulagement. D’ici quelques semaines, on pourra récolter les premiers fruits de cette décision» a confié Lah Ibrahim.

Joseph Julien Ondoua Owona, stagiaire

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