Géostratégie: L’Afrique au centre d’une nouvelle guerre froide

Le Secrétaire d’État américain et le Président de la commission de l’UA. Et Le chef de la diplomatie Russe et Moussa Faki.

Grâce à ses nombreuses publications dans les domaines de l’entrepreneuriat et de la PME et de la gouvernance, le directeur général adjoint de l’Institut supérieur de management public est depuis la fin de l’année dernière maitre de conférences. A la lumière de cette expérience accumulée depuis une vingtaine d’année, l’enseignante à l’université de Yaoundé II-Soa estime que l’hybridation du modèle de gouvernance du Cameroun est la source des contreperformances de son administration publique. Elle explique comment et pourquoi.

 

Serguei Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères et Rex Tillerson, le secrétaire d’État américain, ont séjourné sur le continent africain. Respectivement les 08 et 09 mars dernier, ces chefs de diplomatie ont été reçus par Moussa Faki Mahamat. Dans les bagages de l’un et l’autre hôte du président de la Commission de l’Union Africaine (UA) des propositions de partenariat visant à «enrichir le processus d’intégration continentale». Aux yeux des observateurs, cette nouvelle ruée vers le continent scelle le caractère prisé de ce marché émergent qui devrait avoir 2,5 milliards de consommateurs à l’horizon 2050. Enjeu géoéconomique des temps nouveaux, le continent noir prolonge, sans positionnement, une guerre des potentats à laquelle elle pourrait tirer son épingle du jeu.

 

I- L’Oncle Sam tente de redorer son blason

Fondée sur leur précédente réunion tenue en novembre 2017 en marge du dialogue de haut niveau U.S.-UA à Washington D.C. , la conversation entre Moussa Faki Mahamat et Rex Tillerson a, selon toute vraisemblance, trahi la volonté américaine de lessiver son image sur le continent. Accusée de détricoter le multilatéralisme du fait de son isolationnisme économique incarné par le «make america great again», l’administration américaine a voulu rectifier le tir des premiers mois de relations avec l’Afrique. Toutefois, les centres d’intérêts américains sont restés les mêmes.

 

Gouvernance et commerce

Saluant le thème du dernier sommet de l’UA, axé sur la lutte contre la corruption, les États-Unis disent soutenir toutes les formes de minoration de la corruption pour l’amélioration des conditions d’un commerce libre et équitable, favorisant l’environnement des affaires et la bonne gouvernance. L’UA et les États-Unis ont exprimé leur volonté à unir leurs efforts pour venir à bout de la corruption fondée sur le genre, l’inégalité des chances, le harcèlement et la violence sexiste.

En outre, le chef de la diplomatie américaine a attiré l’attention de Moussa Faki Mahamat sur la recrudescence des troubles et conflits post-électoraux, notamment en République démocratique du Congo (RDC). Pour le secrétaire d’État américain, les pays africains échouent encore à instaurer une gouvernance électorale stable, claire, transparente et incitative. Les deux personnalités ont interpellé toutes les parties en RDC, en particulier le gouvernement et l’opposition politique, à œuvrer en faveur d’élections libres, équitables et transparentes en décembre 2018. «Le cas de Kinshasa inspirerait bien d’autres futures aventures», a glissé le diplomate américain, ancien PDG d’ExxonMobil.

L’engagement économique entre les États-Unis et l’UA est vaste. Selon des observateurs, il s’appuie sur des programmes américains existants tels que Trade Africa, Power Africa, la loi africaine sur la croissance et les opportunités et Feed the Future. Des ateliers de facilitation des échanges et un grand commerce agricole entre les États-Unis et l’Afrique sont également en cours d’implémentation. On peut y adjoindre l’harmonisation entamée des normes agricoles particulièrement les normes de salubrité alimentaire en vigueur dans le cadre du partenariat pour le contrôle de l’aflatoxine en Afrique. En clair, Rex Tillerson a tenté une opération de charme en mode coup de poing. Consistant essentiellement à rappeler aux africains que les États-Unis sont leurs «amis».

 

Sécurité et santé

Les efforts continus de l’UA pour améliorer son cadre juridique grâce à l’entrée en vigueur rapide de sa Convention sur la cybersécurité et la protection des données personnelles constitueront une base solide de collaboration pour développer les capacités de cybersécurité et protéger les citoyens africains. La paix et la sécurité demeurent une priorité mutuelle. Le lancement en février d’une plate-forme de surveillance aérienne non armée et soutenue par les États-Unis vient accroitre le dispositif d’accompagnement de la Mission de l’Union africaine en Somalie (Amisom) qui lutte contre le terrorisme en Somalie. «Les États-Unis reconnaissent la persévérance et le sacrifice des soldats de l’Union africaine participant à l’Amisom et reconnaissent la nécessité d’assurer un financement prévisible et durable à l’Amisom pour lui permettre de remplir son mandat» a insisté le diplomate américain. Le secrétaire d’État et le président de la Commission ont convenu que l’UA et l’Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad) devraient continuer à presser les parties au Soudan du Sud pour une solution négociée afin de protéger la vie et le bien-être des Soudanais innocents. Ils ont réitéré leur engagement à prendre des mesures punitives, si nécessaire, fermement ancrées dans les décisions du Conseil de paix et de sécurité de l’Igadet de l’UA. Ceux qui entravent le processus de paix dans ce pays «éprouveront la détermination» des partenaires internationaux et du continent africain à réaliser la paix au Soudan. Sur le G5 Sahel, Rex Tillerson a promis la mise à disposition imminente des promesses de la contribution américaine pour la force régionale intégrée.

 

II- Le démarrage de la roulette russe

L’ancrage russe sur le continent africain se concrétise. Après les commandos en République centrafricaine, voici venue la coopération avec l’Union africaine. Le 09 mars 2018, 24 heures après le secrétaire d’État américain, Sergueï Lavrov, ministre russe des affaires étrangères, arrive à Addis-Abeba. À l’issue d’une audience avec le président de la Commission de l’UA, on apprend que les deux parties sont déterminées à renforcer davantage leur partenariat et ont convenu de la structuration de celui-ci. Désormais, un dialogue de haut niveau se tiendra chaque année, alternativement dans la capitale éthiopienne et à Moscou. Sur la base du protocole d’accord entre le ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie et le Commission de l’UA sur le mécanisme de consultations politiques, signé à Addis-Abeba le 17 septembre 2014, les deux parties vont élargir la portée de leur coopération. Prenant le contrepied de son hôte de la veille, le président Faki et le ministre Lavrov ont souligné l’importance et le rôle moteur des institutions multilatérales telles que les Nations unies et l’Union africaine, en tant qu’outils permettant de relever les défis multiples et interconnectés auxquels la communauté internationale est confrontée.

 

Coopération et sécurité

Porte-parole de la Fédération de Russie et représentant permanent de son pays au Conseil de sécurité des Nations unies, le ministre Lavrov s’est engagé dans un soutien constant à l’Union africaine. Cet engagement consiste notamment à appuyer les initiatives et les efforts de maintien de la paix en Afrique.

Déjà présent dans le cadre de l’objectif panafricain de « Faire taire les armes en Afrique d’ici 2020 », Addis-Abeba et Moscou se promettent mutuellement d’examiner un approfondissement. À cet égard, une intensification de la coopération en matière lutte contre le terrorisme, de trafic de drogue et de la criminalité organisée par l’échange est en marche. Elle consistera au partage d’expériences et d’informations entre leurs institutions compétentes, ainsi qu’au renforcement des capacités. La partie russe a réaffirmé qu’elle était disposée à partager avec les institutions compétentes de l’UA (notamment le Centre africain d’étude et de recherche sur le terrorisme), sa liste de terroristes étrangers, afin qu’elle puisse être communiquée aux États membres de l’Union africaine pour mieux soutenir leur efforts de lutte contre le terrorisme. Lavrov a également exprimé le souhait de son pays d’obtenir le statut d’observateur auprès du Mécanisme de coopération policière de l’Union africaine (Afripol).

Domaines structurants

Plus encore, des domaines de partenariat stratégique ont été identifiés. Ils se rapportent à l’éducation, la science et la technologie. Des passerelles seront établies entre l’Université panafricaine et les institutions académiques russes. L’octroi de bourses et la formation de futurs enseignants en sciences et mathématiques, en sciences et programmes spatiaux, en applications pacifiques des sciences et en technologie nucléaires. Dans le domaine des infrastructures, les projets à caractère régional, l’énergie, l’agriculture et les investissements y compris la tenue des forums d’affaires annuels intégreront la nouvelle feuille de route. Ce qui pourrait se traduire par une formalisation de la coopération entre l’Union économique eurasiatique et l’UA. Des mesures seront prises pour finaliser un protocole d’accord à cet égard. Les possibilités de coopération entre l’UA et l’Organisation de coopération de Shanghai seront également explorées.

La formation accentuée des diplomates africains au sein de l’académie diplomatique de Moscou a également été évoquée. Une réunion d’experts se tiendra dans les trois mois à venir. Elle déterminera les activités pratiques à entreprendre dans les domaines de coopération identifiés ci-dessus.

 

 

Depuis le 1er mars 2018, les téléspectateurs du monde entier reçoivent l’offre des programmes de Label TV. La chaîne payante émettant à partir de la capitale gabonaise a, depuis cette date, densifié son réseau de diffusion et de réception satellitaires. De fait, en plus d’arroser toute l’Afrique, Label TV est également disponible aux Amériques, dans toute l’Europe et une bonne partie du Proche et du Moyen Orient. A travers ces différents continents, cela est possible tant en réception directe (DTH) que sur de petites antennes de 60 cms. Il s’y ajoute une possibilité de streaming en direct sur le Web.

 

Dans le cadre de sa stratégie de développement, le média d’Ousmane Cissé s’est associé à diverses plateformes et bouquets. On cite, entre autres : EXCAF (Sénégal), TNT SAT AFRICA (Mali, Côte d’Ivoire, Guinée, Guinée-Equatoriale, Congo, RD Congo, Togo, Sénégal, Gabon, Mozambique, Angola et Burkina Faso), SATCON (Gabon), MX1 en Allemagne, SES NEWSKIES, mais aussi les nouveaux comme PIXAGILITY, EUTELSAT…

Grâce à son intégration au bouquet Canal + Afrique, Label TV est classée premier opérateur de télévision payante par satellite en Afrique francophone avec plus de trois millions d’abonnés.

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