Financement et pratique du crédit bancaire au Cameroun : Thomas Wenceslas Ottou « ouvre la caisse »

Dans un livre dédicacé la semaine dernière, le professionnel de la finance allie décryptage et pédagogie.

 

Le texte est là : La Loi n° 2019/021 fixant certaines règles relatives à l’activité de crédit dans les secteurs bancaires et de la microfinance  au Cameroun promulguée le 24 décembre 2019 Vu du ciel, les vannes du crédit bancaire sont ouvertes à tous les citoyens. Mais sur le terrain, la situation est pourtant loin d’être idyllique. Très peu de personnes physiques ou morales accèdent à ce gadget financier. Dès lors, c’est entendu: au Cameroun, les banques sont plus sélectives dans l’octroi de crédits: dossiers automatiquement refusés ; cherté du crédit aux particuliers ; augmentation continue des créances douteuses dans le portefeuille des banques. La caisse est pleine.  En une soixantaine de pages,  Thomas Wenceslas Ottou décrypte le phénomène dans « Le crédit bancaire au Cameroun,  des explications à l’insatisfaction de la demande » paru chez Afredit. « Ce livre est la résultante de plusieurs observations, parmi lesquelles nous reviendrons principalement sur celles d’ordre professionnelle. En effet, il nous a été donné de constater que nombreux sont les concitoyens clients des banques et des établissements de Microfinance qui ne cessent de se plaindre sur le rejet récurrent de leurs demandes de crédits. Il était donc question d’examiner les raisons de ces multiples déceptions et d’en proposer des pistes de solution », établit-il dans une interview parue le 11 septembre dernier sur le site droitmediasfinance.com.

L’on comprend alors que le professionnel de la finance s’efforce de répondre à la question cruciale suivante : Qu’est ce qui fait problème ? Au cours d’une conférence de presse à Yaoundé ce 7 octobre 2020, Thomas Wenceslas Ottou y répond : « Nous avons identifié trois principales sources pour lesquelles l’accès au financement est difficile. Le premier  aspect est  la volatilité des revenus c’est-à-dire qu’aujourd’hui, lorsqu’on crée une activité, le banquier n’a pas toujours l’assurance qu’au bout des années l’activité va pouvoir générer des revenus suffisants pour pouvoir rembourser les financements qui ont été accordé par la banque ; le deuxième aspect qui est fondamentale est celle de l’asymétrique de l’information le banquier n’a pas toujours toute l’information sur le demandeur et le troisième aspect  est celui de moralité qui signifie que lorsque le banquier met à la disposition  de l’entrepreneur de l’argent,  pour financement précis, ce dernier détourne l’objet et utilise cet argent pour faire autre chose ».

La réponse de Thomas Wenceslas Ottou découle d’une analyse financière au niveau de la banque. Celle-ci vise, d’une part, à montrer la démarche suivie par le banquier pour examiner la possibilité de consentir un crédit sollicité par un de ses clients et d’autre part à donner les outils d’aide à la compréhension des mécanismes du crédit bancaire. L’auteur parle alors d’ «éducation financière ». « Je veux que les gens sachent comment procéder pour  accéder aux crédits bancaires et je voudrais pour ce  faire attirer l’attention des gens de se rappeler que nous sommes dans un pays dans lequel le développement a  besoin de se faire ressentir  Nous avons formulé au moins cinq propositions pour améliorer le crédit bancaire au Cameroun, mais nous n’en présenterons ici qu’une seule pour permettre à nos lecteurs de savourez les autres. Pour rester cohérent avec enchaînement de vos précédentes questions, la question de la ressource financière est importante. Par conséquent, nous proposons aux banques et assimilés de mettre en œuvre des stratégies visant à ne pas dépendre exclusivement des dépôts des clients (utiles qu’à court terme pour 60% des cas). Elles peuvent en fonction des besoins, solliciter des fonds étrangers ou le marché financier, etc. », suggère Thomas Wenceslas Ottou.

Diane Kenfack (stagiaire)

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