Financement des Pme : les promoteurs à l’école du crédit bancaire

L’initiative, mise en musique le 02 avril 2018 sur le site de la Fiac, vient du Groupement Inter patronal du Cameroun (Gicam).

L’initiative, mise en musique le 02 avril 2018 sur le site de la Fiac, vient du Groupement Inter patronal du Cameroun (Gicam).
Les banquiers face aux promoteurs des Pme 

Diriger une entreprise ou une équipe ne s’improvise pas. Même, si de nombreuses personnes aspirent à devenir chef, et ainsi commander leurs collègues, on note parfois que les compétences et les qualités nécessaires pour relever ce défi ne sont pas forcément en adéquation avec la personnalité et le parcours de chacun. Le dirigeant doit être compétent dans plusieurs domaines de la gestion et suffisamment « armé » dans chacun d’eux, pour pouvoir apprécier n’importe quelle situation dans l’environnement où il évolue. Pour donner des outils aux hommes d’affaires locaux, le Gicam a saisi l’opportunité de la Foire Internationale des Affaires et du Commerce (FIAC) de Douala. L’occasion a permis d’éplucher un thème évocateur : « Financement des PME : Clés pour l’accès aux crédits bancaires ».
Tout au long des débats dirigés par André Kwam (président de la commission Pme et financement du secteur privé du Gicam), le panel (constitué essentiellement de banquiers) s’est employé à présenter aux « apprenants » du jour, le « package de pistes» pour l’obtention de financements.
Le fil conducteur des différentes prises de paroles pose la recherche des financements comme un jeu à deux rôles : il ne peut pas y avoir des bons financiers si le promoteur de PME est mauvais, mais il ne peut également pas y avoir de bonnes PME face à des argentiers peu ou mal disposés à les aider.

Pour Valentin Tchakounte, les banquiers répondent favorablement aux demandes de crédits des Pme en fonction de certains facteurs. Il cite entre autres les facteurs environnementaux. Il propose aux promoteurs des Pme de faire des efforts pour améliorer leur mode de fonctionnement. Ce qui amène Félix Njoume, d’Ecobank à dire que les patrons entreprises doivent jouir d’une bonne réputation pour avoir leur confiance.

« Nous avons le devoir d’être sincère avec vous aujourd’hui. Les banques ne veulent plus financer les Pme, elles veulent les accompagner comme partenaires », lance l’un des panelistes. Promoteur structuré, sérieux, et qui a une bonne réputation. Voilà le type de profil recherché par les banquiers. S’ils font des efforts pour accompagner les petites entreprises, les banques camerounaises n’ont pas encore élaboré des politiques d’accompagnement des startups. A en croire Arthur Bright, plusieurs y travaillent encore. « Je vous explique clairement où les banques se positionnent en matière de start-up : les idées, on a du mal sur le plan logistique, 1- à écouter toutes les idées ; 2- à structurer ces idées là, et 3- à monter des pilotes. Nous les promoteurs des startups, on a parfois 5 à 10 idées par an. Il n’y a aucune banque sur le plan logistique qui peut suivre les idées ». En attendant l’organisation des idées des startups, il est bon de noter que « les banques ne financement pas les crédits à long terme», reconnait Félix Njoume.

Didier Ndengue

André Kwam : « il faut des banques spécialisées »

Le président de la commission Pme et financement du secteur privé du Gicam dévoile les grandes lignes du programme d’éducation financière que le patronat entend mettre sur pied.

André Kwam, président de la commission Pme et financement du secteur privé du Gicam

Quel est le but d’une telle rencontre entre les banquiers et les promoteurs des Pme ?

L’importance pour nous, c’est de rester en perpétuelle discussion avec les banquiers et c’est ce que nous faisons. C’est ce qui compte pour nous aujourd’hui. Nous avons entendu dire par exemple que le numérique a surpris tout le monde, même les banques qu’on pensait être en phase avec le digital. En ce moment, qu’est ce qu’on fait ? On trouve une plateforme sur laquelle on peut se mettre ensemble et discuter sur l’évolution et prendre des mesures ensemble. On a d’un coté les banquiers qui apportent des financements et de l’autre, des promoteurs sérieux qui doivent effectivement conduire l’économie du pays à bon port.

Vous avez aussi évoqué le programme d’éducation financière du Gicam qui sera mis sur pied. De quoi s’agira-t-il ?

Nous nous sommes rendus compte pendant longtemps qu’il y a incompréhension, aussi bien pour la banque que pour l’opérateur économique. Je prends le cas de l’opérateur économique, il doit savoir que lorsqu’il prend un crédit, c’est pour rembourser. Il n’y a pas d’autres conditions. Un crédit est pris pour être remboursé. Alors quand un opérateur économique prend un crédit, et parce qu’au moment où il a de l’argent, il pense pouvoir faire autre chose, on a parlé de la construction de la deuxième maison au village ou l’organisation d’un mariage, il peut être un opérateur économique de bonne foi, mais il n’a pas tout simplement compris que tout cela peut le rattraper. Ça c’est ce qui concerne l’opérateur économique. En ce qui concerne les banques, sous d’autres cieux, il y a des banques de télécommunication, les banques de l’élevage, les banques de BTP, etc. Les banques sont vraiment spécialisées. Hors au Cameroun, vous allez trouver dans une banque, le même collaborateur qui traite le dossier du bayam sellam, va traiter le dossier d’un opérateur économique dans le domaine du numérique, il va traiter le dossier de quelqu’un qui fait dans l’entretien dans le monde de la mécanique. Ce sont des métiers qui ont des contraintes tout à faire différentes et par conséquent, le banquier doit être en même de comprendre ces métiers là aussi. C’est pour cela que nous pensons qu’il faille se former, se spécialiser dans ce type de métier pour mieux comprendre les contraintes, afin de pouvoir mieux accompagner l’opérateur économique.

Propose recueillis par DN

 

Intégration

Journaliste Chef de bureau Douala

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