Financement du développement communautaire : Le FMI met la BDEAC au régime

L’Institution de Bretton Woods vient de conforter la BEAC dans son refus d’appuyer à nouveau la banque sous-régionale de développement sans réformes profondes.

La Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC) ne bénéficiera plus jusqu’à nouvel avis du soutien financier de la Banque sous-régionale d’émission de la monnaie. Réunis le 20 décembre dernier dans le cadre d’une session du Conseil d’administration de leur institution, les administrateurs du Fonds monétaire international (Fmi) ont recommandé à la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) «d’éviter tout nouvel accord de financement avec la BDEAC». Dans leur entendement, «il n’est pas dans le rôle d’une banque centrale de financer comme c’est le cas, une banque de développement». Ainsi, pour s’acquitter dorénavant de ses missions de financement du développement de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), la BDEAC devra trouver d’autres sources de financement et ce faisant, contribuer à «réduire l’exposition de la BEAC à certains risques».

Les sollicitations de la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale étaient en effet devenues insoutenables pour la banque centrale sous-régionale. En 2018, la dette de la BDEAC à l’égard de la BEAC était estimée à 220 milliards FCFA, selon Abbas Mahamat Tolli, le gouverneur de la BEAC. Dans une lettre d’appui adressée au Fmi l’année dernière et relative aux programmes de redressement et de réformes des pays membres de la CEMAC, l’autorité monétaire se plaignait d’un tel état des choses et indiquait clairement son intention de conditionner tout nouveau financement de la BDEAC à l’implémentation d’une série de mesures correctrices. En plus du renforcement des capacités de la Banque de développement, les mesures préconisées visaient également la sauvegarde des intérêts de la Banque centrale. «Le Conseil d’administration de la BEAC évaluera la mise en œuvre effective des réformes de la gouvernance qu’il a recommandées, ainsi que celles prescrites lors de la séance extraordinaire de la Conférence des chefs d’Etat du 25 octobre 2018 à Ndjamena, au Tchad, avant d’autoriser tout nouveau financement», signalait-il alors à l’intention de l’institution de Bretton Woods.

Dans le même ordre d’idées, Abbas Mahamat Tolli, gouverneur de la BEAC, entendait aussi faire en sorte que son institution soit plus regardante sur l’arrimage de la gestion de la BDEAC aux standards internationaux, sur l’amélioration de son efficacité fonctionnelle et opérationnelle, sur la modernisation de la gestion du personnel et sur la définition de nouvelles règles d’éthique et de déontologie applicables aux administrateurs et aux dirigeants de ladite banque. Mais l’élargissement de la zone d’intervention de la BDEAC, ainsi que de ses formes d’intervention faisaient également partie des préoccupations. De ce point de vue, la recommandation du Fmi du 20 décembre dernier vient simplement renforcer une décision déjà prise et permet d’inciter les autorités sous-régionales à poursuivre la mise en œuvre des réformes déjà engagées.

Théodore Ayissi Ayissi (stagiaire)

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