Financement des opérations de maintien de la Paix : L’Union Africaine s’atrophie

L’UA devient un acteur plus important dans les opérations de paix et sa coordination avec le Conseil de sécurité des Nations unies accroît son importance dans ce domaine. Toutefois, le financement des opérations de paix reste problématique.

Bien que le Fonds pour la paix dispose actuellement d’environ 200 millions de dollars américains, aucune décision claire n’a été prise quant à sa répartition. Un objectif a été fixé à 400 millions de dollars d’ici 2020, qui a été prolongé de deux ans. Chaque région doit contribuer au Fonds pour la paix à hauteur de 80 millions de dollars, mais la répartition de cette somme entre les régions n’est pas claire.

En raison de cette absence de consensus, il a été suggéré d’organiser des consultations régionales et de convenir d’un mécanisme approprié. Ce mécanisme devait être présenté au Conseil en février 2020. Bien qu’il y ait de l’argent dans le Fonds pour la paix qui peut être utilisé dans la mise en œuvre d’initiatives de paix, il n’y a pas de voie claire à suivre.

D’autre part, des changements importants ont été apportés à la manière dont l’UE finance les initiatives de paix et de sécurité sur le continent. Au départ, tous les fonds étaient acheminés par la Facilité de soutien à la paix pour l’Afrique, qui finançait les opérations et les initiatives de soutien à la paix.

Ce nouveau changement permet à l’UE de contourner l’UA et de financer directement les initiatives régionales et nationales de paix et de sécurité. L’impact exact de ce changement sur l’UA n’est pas encore clair.

Il est clair que l’UA se rend compte que, pour obtenir une indépendance financière totale, elle doit trouver un moyen de mobiliser son propre financement de l’intérieur. Une dépendance excessive à l’égard de partenaires extérieurs pour le financement de projets et d’initiatives finit par miner sa capacité de décision. Elle compromet également sa réponse aux conflits armés et aux situations de sécurité sur le continent.

Une stratégie de sortie de l’aide étrangère et des financements extérieurs est plus urgente que jamais.

Bobo Ousmanou

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