Financement de développement : 125 % d’augmentation du capital de la Bad

Souhaitée et voulue par son top management, le capital de base de l’institution panafricaine passe de 93 milliards à 208 milliards dollars US.

Plus de moyens pour la réalisation des High 5

C’est la 8e et la plus importante hausse du capital dans l’histoire de la Banque africaine de développement (Bad). 115 milliards dollars US d’augmentation du capital. Les gouverneurs de la Banque africaine de développement, représentant des actionnaires de 80 pays, l’ont approuvé lors de l’Assemblée extraordinaire des actionnaires tenue à Abidjan, le 31 octobre dernier.

Affectations
La valorisation de cet appoint permettra, selon la Bad, de connecter à l’électricité ou d’améliorer les branchements électriques de 105 millions de personnes; faire bénéficier à 244 millions de personnes des améliorations dans l’agriculture; faire bénéficier des projets d’investissements à 15 millions de personnes; offrir un meilleur accès au transport à 252 millions de personnes et optimiser l’accès à l’eau et à l’assainissement pour 128 millions de personnes. Pour le président de la Bad, «la Banque continuera de jouer son rôle de chef de file dans le développement des infrastructures, le renforcement de l’intégration régionale, l’aide à la réalisation des ambitions de la Zone de libre-échange continentale africaine, l’appui aux États fragiles pour renforcer leur résilience, la gestion durable de la dette, la lutte contre le changement climatique et la stimulation des investissements du secteur privé. Nous ferons beaucoup plus. C’est un moment historique».

Processus
Dans son programme décennal d’implémentation des 5 priorités stratégiques (High 5) de la Bad, Akinwumi Adesina avait martelé son souhait de convaincre les actionnaires à relever le niveau d’ambition de l’institution. Il y a deux ans, la Banque africaine de développement a ainsi lancé des discussions en vue d’une augmentation générale du capital à l’effet d’accélérer la mise en œuvre de sa stratégie de développement, des objectifs de développement durable et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Ces objectifs ont été repris lors des deux dernières assemblées annuelles de la Bad à Busan (Corée du Sud) en 2018 et à Malabo (Guinée Équatoriale) en 2019.Il y a eu une montée en puissance de cette ambition. Des consultations par région des gouverneurs pays (ordonnateurs) se sont déroulées au siège à Abidjan entre les deux évènements.

S’exprimant lors de la cérémonie d’ouverture, le président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, a déclaré: «En intégrant les priorités du continent à travers le programme des “High-Five”, le Groupe de la Banque africaine de développement se révèle être un partenaire stratégique de premier plan pour les gouvernements africains».

Bilan
Au cours des quatre dernières années, la Banque africaine de développement a obtenu des résultats tangibles sur le terrain, par l’intermédiaire de ses «High5».Elle a contribué à plusieurs projets: raccorder 16 millions de personnes au réseau électrique; fournir à 70 millions de personnes des technologies agricoles en vue de la sécurité alimentaire; donner à 9 millions de personnes un accès au financement par le biais d’entreprises privées; offrir à 55 millions de personnes des services de transport améliorés et à 31 millions de personnes l’accès à l’eau et à l’assainissement.

Selon le président de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina, «Nous avons accompli de grandes choses, mais il reste encore beaucoup à faire. Notre responsabilité est de contribuer, très rapidement, à améliorer la qualité de vie des populations africaines. Cette augmentation générale du capital représente un engagement très fort de tous nos actionnaires à voir se concrétiser des projets de meilleure qualité, qui auront un impact significatif sur la vie des populations en Afrique dans les villes, dans les communautés rurales et pour des millions de jeunes gens et de femmes».

 

Smail Chergui

La pupille de la Russie à l’Union africaine?

Le vent de critique a été ouvert par Djibouti. Il est reproché au commissaire algérien ses liens avec le pays de Vladimir Poutine.

Ancien chef de mission diplomatique d’Alger à Moscou, Smail Chergui est accusé par un État membre de l’Union africaine d’être l’œil de Moscou à Addis-Abeba. Selon l’État djiboutien, il n’est pas anodin que le Conseil de paix et de sécurité ait aussi facilité le positionnement de l’État russe dans la résolution de certains conflits en Afrique, notamment en RCA.

D’un point de vue personnel, Djibouti ne voit pas d’un bon œil le fait que le commissaire à la paix et à la sécurité soutienne une résolution de l’Union africaine qui vise globalement à fustiger la présence des bases militaires étrangères en Afrique. Le pays du président Ismail Omar Guelleh, soutenu par certains autres en Afrique, estime que la directive de l’UA est anti- occidentale et favorise la position de la Russie. Interrogé sur cette question lors des deux réunions du Conseil de paix et de sécurité (août et octobre), Smaïl Chergui n’a pas donné suite. La Russie avait d’ailleurs été invitée à la session d’août.

Le ministre des Affaires étrangères djiboutien, Mahmoud Ali Youssouf, est allé jusqu’à demander à ses diplomates auprès de l’Union africaine(UA) et en Éthiopie d’avoir dans leur viseur le commissaire à la paix et à la sécurité (CPS) de l’UA, l’Algérien Smaïl Chergui, soupçonné d’avoir un agenda néfaste aux intérêts de Djibouti. Autre conséquence, Djibouti a décidé de rejoindre le Maroc qui est en litige avec l’Algérie sur le dossier du Sahara occidental. Un moyen pour Djibouti de mettre la pression sur Alger à l’effet d’écourter le séjour diplomatique de son commissaire à l’UA.

Le pays est une plateforme de bases militaires étrangères. Il abrite celles des États-Unis d’Amérique, de la Chine, du Japon, de la France, de l’Italie et de l’Arabie Saoudite. Ce positionnement diplomatique de Djibouti a fait qualifier cette stratégie de «diplomatie du commerce des bases militaires».

Smaïl Chergui est commissaire de l’Union africaine à la paix et à la sécurité depuis le 12 octobre 2013. Il a succédé à ce poste à Nkosazana Dlamini-Zuma, qui remplaçait à titre temporaire Ramtane Lamamra. Il a été ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République algérienne démocratique et populaire en Fédération de Russie entre 2001 et 2008. Il a également assumé les fonctions de consul général à Genève (Suisse) et de chef de mission diplomatique en Éthiopie.

Zacharie Roger Mbarga

Immigration intra-africaine 

Le Maroc régularise 23.000 Africains

Une opération exceptionnelle de régularisation des migrants a été mise en place en milieu de semaine dernière.

 

27 649 demandes de régularisation ont été traitées entre 2014 et 2015. Suite à cela, 23 096 personnes ont été régularisées, dont des mineurs non accompagnés et plus de 10.000 femmes.

Lors d’une conférence de presse à Rabat le 31 octobre dernier, Ahmed Lahlimi Alami, patron du Haut-commissariat au Plan marocain a expliqué, dans un document rendu public, qu’une «deuxième phase d’intégration des personnes en situation irrégulière» avait été lancée le 15 décembre 2016, pour une durée d’un an.

À la date du 31 décembre 2017, 28 400 demandes de régularisation, représentant 113 nationalités, ont été déposées par des migrants en situation irrégulière dans 83 provinces et préfectures du royaume.

Le Haut-commissariat au Plan (HCP) a mené une enquête sur la migration internationale en vue d’appréhender tous ses contours au Maroc. Dans sa relation de coopération avec l’Afrique, «le Maroc peut aussi inspirer plusieurs pays».

Le Maroc a été longtemps considéré comme un pays d’émigration, avant de devenir progressivement une destination pour des milliers de migrants subsahariens et arabes, venus volontairement, contraints par les conditions économiques ou politiques difficiles de leurs pays ou à la recherche d’un avenir meilleur.

Le royaume a d’ailleurs entrepris un vaste chantier de réformes de sa Stratégie nationale pour l’immigration et l’asile (SNIA). Cette stratégie qui vise à assurer une meilleure intégration des migrants (irréguliers, régularisés, réfugiés, demandeurs d’asile et toute personne étrangère en situation de vulnérabilité au Maroc) et une meilleure gestion des flux migratoires dans le cadre d’une politique cohérente, globale, humaniste et responsable. Toute chose qui renforce le leadership du Maroc sur les questions migratoires en Afrique et donne une suite éloquente au discours du roi Mohamed VI lors du sommet Union européenne-Union africaine de novembre 2017 à Abidjan (Côte d’Ivoire).

 

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