Escalade de violence préoccupante en RCA

De sources médicales à Bangui, au moins 24 personnes ont été tuées et 170 blessées lors des affrontements du mardi 1er mai.

Jusqu’au mercredi 2 mai, la capitale centrafricaine vivait sous une atmosphère de panique. Le même jour, le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra a dénoncé, en présence de l’archevêque de Bangui, Dieudonné Nzapalainga, l’instrumentalisation de la religion à des fins politiques par des groupes armés.

Pour sa part, le secrétaire général de l’Onu Antonio Guterres, s’est offusqué de l’instabilité persistante en RCA. Dans un communiqué publié mercredi 2 mai, il a «exhorté tous les acteurs à mettre fin à la violence et à travailler ensemble pour ramener la paix et la stabilité dans le pays».

Condamnant les violences du 1er mai à Bangui, il a suggéré aux autorités centrafricaines «d’en traduire rapidement les responsables en justice». Sa préoccupation reste entière «face à la rhétorique incendiaire qui semble prévaloir. Il rappelle qu’il n’y a pas de justification à l’incitation à la violence ou au discours de haine».

Chassé-croisé
Après les joutes verbales à l’origine des violences survenues à PK5, la Minusca était très tôt montée au créneau pour appeler au calme et souligner la responsabilité de toutes les couches d’acteurs à la préservation de la quiétude sociale.

Le 23 avril dernier, des ressortissants russes ont distribué des produits de première nécessité à 11 chefs de quartier à destination d’environ 300 personnes particulièrement vulnérables du 3e arrondissement. «Ils font ça pour redorer leur image ici», commente un notable du PK5. L’objectif étant de mettre la main sur le «général Force», chef du groupe d’autodéfense du PK5 à Bangui.

Des discussions entre les russes, les groupes d’autodéfense et la Minusca ont été entamées et marquent une étape importante de franchie. Ces discussions ambitionnent de faire retomber la tension et permettre un retour de l’autorité de l’Etat sur ce quartier de la capitale surtout après «les tentatives de manipulation de l’opération Sukula lancée par le gouvernement et la Minusca au PK5».

De son coté, «la Minusca stigmatise en particulier toute tentative de raviver les dissensions entre anti-Balaka et ex-Seleka, qui ont entretenu la crise politico-militaire sans précédent de laquelle le pays tout entier était plongé et a tant de peine à se remettre».

Zacharie Roger Mbarga

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