Entretien routier : Les projets en cours au peigne fin

Au cours d’une visioconférence tenue le 24 juin 2020, le ministre Emmanuel Nganou Djoumessi et les responsables des services déconcentrés ont fait le point des projets d’entretien routier en cours d’exécution.

Les travaux battent leur plein sur le terrain

Pour le ministre des Travaux publics et son secrétaire d’État en charge des Routes, pas besoin d’une réunion en présentiel comme il est de tradition, pour faire l’état des lieux des dossiers. L’objectif de la téléconférence convoquée à l’occasion porte sur plusieurs points: évaluer le programme d’entretien routier 2020; faire le point de la situation des contrats actifs dont l’enveloppe globale est estimée à environ 103,68 milliards; examiner l’état du réseau routier au 31 mai 2020; préparer le programme d’entretien routier 2021 et enfin, mettre l’accent sur l’indicateur 1.3 de l’appui budgétaire avec l’Union européenne.

L’état des lieux en régions
Face aux dégradations observées sur certains axes routiers, Emmanuel Nganou Djoumessi ne cache pas son inquiétude. Si rien n’est fait, le processus enclenché en cette année 2020 pourrait subir des coupures susceptibles de s’étendre jusqu’en 2021. Pour éviter ce scénario, le MINTP a requis de ses collaborateurs inventivité, créativité et ténacité, en tenant compte, bien sûr, des coupes budgétaires imposées par le contexte sanitaire ambiant. L’objectif est de maintenir une circulation continue et fluide sur les axes critiques.

Tour d’horizon
Dans la région de l’Est, les travaux d’entretien connaissent une évolution satisfaisante. Notamment sur la première phase Ngoura 2 — Yokadouma, où une réception est prévue dans les jours à venir. S’agissant des ouvrages d’art, un pont est à construire sur le cours d’eau Loupé qui donne accès au Lac de Moloundou. L’entreprise en charge des travaux est en cours de mobilisation. Une intervention imminente est également attendue sur le tronçon de route Ndokayo-Garoua-Boulaï.

Dans l’Adamaoua, les travaux piétinent sur la nationale n°14 Tignère-Kontcha-frontière Nigeria. Une résiliation de marché avec l’entreprise les établissements Zogo et Abena est envisagée, pour cause de défaillance. Le ministre a instruit, pour ce cas précis, une intervention rapide sur l’axe Ngaoundere-Dang, afin d’éviter d’éventuels points de rupture.

Dans le Littoral, une intervention est également recommandée, en vue de relier Ngambè à Bipok. Des travaux sont nécessaires sur les points de rupture du point kilométrique 50 +200 à Mbanga. Pareil pour le remplacement des deux buses affaissées sur l’axe Nkongsamba — Barré. Le délégué régional des Travaux publics du Littoral a été convié à dresser un état exhaustif du réseau routier de la zone, avec en prime, tous les points nécessitant une intervention prioritaire, afin de maintenir les axes dans un état de service satisfaisant.

Le délégué régional du Nord a privilégié, pour son exposé, l’audiovisuel au simple texte. Il a proposé au ministre la visualisation d’un spot vidéo résumant toutes les difficultés de sa zone de compétence, avec un focus sur le pont de Gachiga. Pas sûr que la situation y restera la même.

Pour ce qui du sud du pays, l’entretien sur l’axe Nsimalen-Mbalmayo-Ebolowa se déroule normalement. Ce n’est pas le cas entre Kribi et Campo, où des bourbiers rendent la route impraticable. Quant au tronçon Akom 2 – Ebolowa, les conférenciers ont fait le constat que l’entreprise n’est plus mobilisée sur le site, depuis 2019.
Dans le Sud-Ouest et le Nord-Ouest en revanche, l’insécurité ne favorise pas le déploiement escompté pour l’entretien du réseau routier. Le génie militaire semble disposé à y apporter sa contribution. D’une manière générale, les responsables du MINTP ont demandé à tous les délégués régionaux, en collaboration avec les départementaux, de centraliser les préoccupations les plus urgentes pour une prise en charge prioritaire.

Bobo Ousmanou

 

BIP 2020

Les projets au scanner

Les responsables de la Brigade de contrôles du Minepat (ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire) scrutent les réalisations des programmes et projets d’investissement public au titre du budget de l’État dans les dix régions.

L’entretien routier, priorité du gouvernement

L’exécution du BIP 2020 s’inscrit dans un contexte de parachèvement du programme économique et financier conclu en juin 2017 avec le FMI, toutes choses conduisant à des contraintes budgétaires traduites par la baisse du BIP de 1,2% entre 2019 et 2020. Du fait de cette contrainte budgétaire et dans l’optique de maintenir l’effet vertueux induit par les investissements publics sur la croissance, il est impératif pour l’État de s’assurer que les projets inscrits au BIP s’exécutent dans le strict respect des principes budgétaires et des exigences de qualité.

Dans ce cadre, une vaste opération de contrôle a été lancée le 20 juin dernier. Constituée de dix équipes réparties dans les différentes régions du pays, elle s’étend jusqu’en décembre 2020. D’après le document «Contrôle de l’exécution de l’investissement public au Cameroun: Les équipes du MINEPAT sont sur le terrain» dont nous avons eu copie, elle vise à «optimiser l’investissement de l’État, conformément à la logique de la budgétisation axée sur la performance, adoptée par le gouvernement, et in fine, contribuer à améliorer les conditions de vies des populations».

Plus concrètement, il sera question de «mettre en place un système de veille et d’alerte du contrôle de l’investissement public»; «réduire significativement le nombre de projets non ou mal exécutés et projets abandonnés»; «assurer la remontée des informations sur l’exécution des projets en temps réel, notamment leur état d’exécution».

Chiffres
Les missions déployées au cours de l’année 2019 ont permis de desceller certains dysfonctionnements. Sur les 941 projets qui devaient être réalisés, seuls 525 ont été exécutés convenablement. On relève 60 dont l’exécution est allée au-delà des délais. 90 travaux en exécution avec des malfaçons; 45 chantiers en arrêt; 20 chantiers abandonnés; 80 travaux réceptionnés présentant des irrégularités; 35 travaux non démarrés du fait de l’absence de site ou des appels d’offres infructueux; 61 travaux non démarrés du fait de la défaillance des entreprises; 25 crédits tombés en forclusion.

Joseph Julien Ondoua Owona, stagiaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *