Endettement Pro-Covid-19:La CEA mène un plaidoyer pour l’Afrique

La secrétaire exécutive de la CEA, Vera Songwe parcourt actuellement les institutions financières internationales afin de porter le cri de l’Afrique qui souhaiterait bénéficier de conditions préférentielles exceptionnelles d’endettement au regard du caractère inédit engendré par la crise sanitaire liée à la pandémie de la Covid-19.

Vera Songwe, secrétaire exécutive de la CEA

Le dernier épisode est la discussion du 18 avril 2021 entre Vera Songwe et Kristalina Georgieva, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI). Objectif : trouver des solutions pour éviter à l’Afrique le piège de la dette après la Covid-19. Vera Songwe et la Commission économique des nations unies pour l’Afrique (CEA) proposent au FMI de mettre à la disposition des pays africains des liquidités et facilités durables. L’Afrique ne devrait pas être laissée pour compte dans la bataille de la relance économique. Ce d’autant plus que pour la CEA, la relance post Covid-19 ne sera pas une course mais un marathon.

Les déficits budgétaires seront évidents avec la Covid-19. Tous les pays vont passer par là. Y compris les grandes puissances. Il faudra des stratégies innovantes et ambitieuses à l’échelle mondiale pour donner des marges de manœuvres à tous, spécifiquement les pays pauvres dont ceux d’Afrique.

Première victoire
En juin 2021, le FMI devrait proposer un plan sur la nouvelle émission et un système de réaffectation des DTS (Droit de Tirage Spéciaux). L’Afrique attend 33,6 milliards de dollars de ce nouveau tirage de DTS. Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G-20 ont, en début d’année, réaffirmé les appels au FMI à faire une proposition pour une nouvelle allocation de 650 milliards de dollars en DTS.
L’Union africaine mène le même plaidoyer depuis l’année 2020 après les premiers déséquilibres dû à la Covid-19.

Pour Vera Songwe, les pays doivent investir ces fonds de manière à réduire le coût d’emprunt des pays africains sur les marchés mondiaux, ce qui est l’une des raisons pour lesquelles les pays s’endettent. Elle a demandé qu’environ 30 milliards de dollars de DTS soient investis dans une installation permettant aux pays du continent d’accéder aux marchés à des tarifs plus abordables. Vera Songwe appelle, en plus, à un système dans lequel les pays à revenu élevé qui n’ont pas besoin des DTS peuvent les transférer vers les pays qui en ont besoin. Cet appel va en faveur des pays du G-7, du FMI et de la Banque mondiale. Il a déjà été affirmé avec force lors d’une récente visioconférence qui a réuni le secrétaire au Trésor américain, Janet Yellen, et les pays du G-20.

Au niveau du G7, les ministres des Finances du G7 de soutenir l’émission de nouveaux Droits de tirage spéciaux qui aideront les pays en développement à mieux répondre à la crise de Covid-19. «L’accord décisif conclu aujourd’hui entre le G7 ouvre la voie à une action cruciale et concertée pour soutenir les pays à faible revenu du monde, garantissant qu’aucun pays ne soit laissé pour compte dans la relance économique mondiale suite au Coronavirus», a déclaré le Chancelier de l’Échiquier du Royaume-Uni, Rishi Sunak.

Rappel
La dernière émission de DTS par le FMI a eu lieu en 2009. Elle a permis d’offrir des volants de financements aux Etats face à la crise financière qui a secoué le monde entre 2007 et 2008. 240 milliards de dollars de DTS avaient été accordés aux pays membres du FMI en réponse à la crise financière mondiale pour injecter des liquidités sur le marché.

Créés par le FMI en 1969, les DTS jouent un rôle influent dans la finance mondiale et aident les gouvernements à protéger leurs réserves financières contre les fluctuations monétaires mondiales. Ils sont également utilisés comme base des prêts des principales facilités de crédit de crise du FMI, l’institution les utilisant pour calculer ses prêts aux pays dans le besoin et pour fixer les taux d’intérêt sur les prêts.

Dans son approche adoptée depuis la survenance de la pandémie Covid-19, la CEA plaide en faveur de la prolongation de l’Initiative de suspension du service de la dette (DSSI) jusqu’à la fin de 2021 afin de garantir que les pays disposent de suffisamment de liquidités pour répondre et entamer la relance en libérant des ressources pour payer les vaccins indispensables et atténuer les chocs des pays à faible revenu. La facilité de liquidité et de viabilité est un autre moyen important d’aider les pays africains à accroître leurs liquidités.

Bobo Ousmanou

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!